La Sherbrookoise Marie-Christine Remy tente d’alerter les autorités et de faire des pressions pour que sa mère et son conjoint quittent Haïti, alors que le pays vit une autre période d’instabilité.

Angoisse pour une Sherbrookoise dont la mère est coincée en Haïti

Une Sherbrookoise vit des heures angoissantes depuis que sa mère est coincée en Haïti, alors que le pays est en proie à une vague de manifestations violentes.

Marie-Christine Remy tente d’alerter les autorités et de faire des pressions pour que sa mère et son conjoint quittent le pays où ils étaient en vacances.

À lire aussi: Violentes manifs en Haïti

« Au moins, ils sont en sécurité, c’est ça qui est important pour le moment, lance-t-elle. Nous réussissons à communiquer par internet quand la connexion fonctionne. »

Mme Remy explique que sa mère et son conjoint ont tenté de quitter le pays avec leurs propres moyens après avoir été incapables de prendre leur avion de retour avec la compagnie Air Transat, dimanche dernier, comme prévu.

« Ma mère a essayé de louer un hélicoptère. L’hélicoptère est arrivé trop tard. Ils avaient manqué leur avion. Ils n’ont donc pas voulu prendre l’hélicoptère pour se rendre à l’aéroport. »

Ce sont plusieurs dizaines de touristes québécois qui se trouvent confinés dans un hôtel de la Côte des Arcadins, en Haïti. Les violences qui secouent le pays les empêchent de se rendre à l’aéroport de Port-au-Prince afin de rentrer chez eux.

L’hôtel est situé à environ 75 kilomètres au nord de la capitale d’Haïti. La route 1, la seule qui relie l’établissement à l’aéroport, est jugée extrêmement dangereuse et les gens ne s’y aventurent pas.

« C’est vraiment inquiétant, a confié Marie-Christine Remy. La route n’est pas sécuritaire. Il y a des manifestations violentes. Leur hôtel est situé à une heure et demie de route de l’aéroport. Ce qui est fâcheux, c’est que plusieurs autres touristes ont réussi à partir par hélicoptère. Mais actuellement, Air Transat ne veut pas. Ils sont pris là sans pouvoir prendre un avion, alors ils sont restés à l’hôtel. »

« J’ai appelé le gouvernement du Canada et eux m’ont dit que c’était mieux de rester à l’hôtel, qui est plus sécuritaire. Ce sont surtout les routes qui sont plus dangereuses. J’ai aussi téléphoné à la députée (de Compton-Stanstead) Marie-Claude Bibeau. À son bureau, on m’a dit qu’ils tentaient de faire avancer les choses. »

Marie-Christine Remy

Ambassade fermée

Devant la situation instable en Haïti, le Canada a décidé de fermer son ambassade, mercredi, et réévaluera la situation dans les jours à venir afin d’assurer la sécurité de son personnel et de leurs familles, tandis que de nombreux touristes, des travailleurs humanitaires et même des employés municipaux de Montréal de divers programmes d’échange sont toujours coincés sur place.

Affaires mondiales Canada a d’ailleurs modifié l’avis concernant les voyages dans la Perle des Antilles, conseillant aux voyageurs d’éviter tout séjour non essentiel dans ce pays.

Ottawa affirme cependant que les services consulaires sont toujours fournis par téléphone ou par courriel, 24 heures sur 24 et se dit prêt à fournir toute assistance qui serait requise par ses ressortissants.

Le transporteur aérien Air Transat assure que ses liaisons aériennes entre Québec et Haïti se font normalement. Il reconnaît toutefois être incapable d’assurer le déplacement sécuritaire de ses clients de l’hôtel vers l’aéroport. Cependant, d’autres compagnies aériennes ont pris des mesures afin de transporter leurs clients de l’hôtel à l’aéroport par hélicoptère, ce qu’Air Transat a refusé de faire jusqu’ici.

Depuis environ une semaine, Haïti est en proie à de violentes secousses sociales, des manifestants réclamant le départ du président haïtien Jovenel Moïse pour de multiples raisons. Les manifestations ont jusqu’ici coûté la vie à plusieurs protestataires et de nombreuses activités sont paralysées en raison du mouvement soulevé par la colère populaire.