Plusieurs étudiants intéressés par l'Université de Sherbrooke ont déjà entendu parler des soirées festives qui se tiennent sur le campus.

Alcool sur le campus : l’Université veut lutter contre les abus

La direction de l’Université de Sherbrooke ne compte pas, avec sa nouvelle règlementation, mettre fin aux soirées étudiantes organisées sur le campus.

« Les activités sociales avec consommation d’alcool, comme les 5 à 8 ou les activités prolongées, font partie de l’Université de Sherbrooke et sont là pour rester », a précisé samedi Jocelyne Faucher, secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante.

De nouveaux règlements adoptés en octobre restreindront l’accès à ces soirées aux étudiants de l’UdeS et empêcheront la consommation de boissons à plus de 6 % d’alcool lors des soirées qui durent plus de 3h. Des étudiants, notamment de l'AGEFLESH et de l'AGED, ont manifesté leur mécontentement quant à ces modifications.

Selon Mme Faucher, ces mesures ont dû être prises pour assurer la sécurité sur le campus, alors que de nombreux abus ont été relevés. Des ambulances se rendraient fréquemment sur le campus pour répondre à des appels pour comas éthyliques ou blessures à la suite de bagarres. « Et on ne parle pas juste de poussaillage… quand une ambulance vient, on parle plutôt de fractures », précise-t-elle. 

« Personne ne veut qu’il arrive un accident fatal, on serait tous pris avec des remords. C’est notre responsabilité comme établissement de sécuriser le campus. »

Deux facteurs de dérapage ont été identifiés lors de ces fêtes : la consommation abusive d’alcool (notamment sous la forme d’alcool fort) et la présence d’externes, qui seraient impliqués dans la plupart des bagarres ou des actes de vandalisme sérieux. « Les nouvelles mesures que l’on a prises sont cohérentes avec ces facteurs de risque », souligne Mme Faucher.

Celle-ci ajoute également que dans un contexte où des campus plus sécuritaires sont réclamés, notamment au chapitre de la prévention des agressions sexuelles, ce type de réglementation tombe sous le sens.

De l’ouverture pour négocier

Pour plusieurs Sherbrookois, l’Université est considérée comme « le bar le moins cher en ville » les jeudis, alors qu’il devrait plutôt s’agir d’un lieu pour permettre à la communauté étudiante de se rassembler, estime la vice-rectrice. Or, la décision d’exclure systématiquement tous les externes pourrait être assouplie.

« On a fait peut-être fait un pas de trop sur ce point-là, on va rouvrir le dossier un peu, de concert avec chacune des facultés », explique Mme Faucher. Par exemple, une faculté voulant recevoir des étudiants d'une autre université pourrait être autorisée à le faire.

« Il y a de l’ouverture à faire des ajustements, c’est d’ailleurs pour cela que l’on va tenir une rencontre lundi avec les associations étudiantes et des représentants de toutes les facultés. »

Les nouvelles mesures ont été adoptées rapidement par la direction pour que les modifications soient en place avant le premier 5 à 11 de l’automne, qui se tiendra jeudi. « Probablement qu’on a sous-estimé l’enjeu que ça représentait pour les étudiants », concède Mme Faucher.

« Mais on est quand même loin de la prohibition », nuance-t-elle.

En attendant la poursuite des négociations, les étudiants de l’AGEFLESH ont signalé leur mécontentement pendant les portes ouvertes de l’établissement qui se tenaient samedi. Ils ont notamment épinglé aux babillards de la faculté des affiches portant l’inscription « #Prohibition sans consultation = Escalade des moyens de pression ».

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