Sur les 855 consultations liées à l’abus d’alcool sur cinq ans, l’étude recense 77 hospitalisations de plus de 24 heures.

Alcool et jeunes : un portrait clair... et surprenant

Les conclusions de l’étude du Dr Claude Cyr et de ses collègues mèneront à un plan d’action afin de réduire les impacts graves de l’alcool auprès des jeunes. La prochaine étape sera de voir quelles sont les pistes d’action, commente Caroline Proulx, la directrice générale de Sherbrooke, ville en santé, l’organisme qui a commandé l’étude afin d’avoir un portrait clair de la situation.

Sherbrooke ville en santé avait d’abord été interpellé par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances.

L’organisme paramunicipal sherbrookois compte à son conseil d’administration des représentants d’institutions d’enseignement postsecondaire universitaires et collégiaux, dont l’Université de Sherbrooke. 

Caroline Proulx admet avoir été surprise du constat dressé par les chercheurs.

« On avait des préoccupations. Quand on parlait avec les partenaires, il y avait des histoires, des inquiétudes... On savait qu’il y avait un problème, mais on ne connaissait pas l’ampleur. On a été surpris par l’ampleur. »

Deux pistes de solution se dégagent à partir de cette étude, note Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politiques au Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances.

« Il va falloir faire de la prévention avec les produits à haute teneur en alcool », lance-t-elle d’entrée de jeu. Du soutien devra aussi être apporté aux jeunes : « Il n’y a pas assez de suivis qui sont faits auprès des jeunes qui doivent se rendre à l’urgence (...) Il faut utiliser les visites aux urgences pour faire un suivi auprès d’eux. »

Mme Paradis est coprésidente du Partenariat en éducation postsecondaire sur les méfaits liés à l’alcool (PEPMA), qui regroupe près d’une quarantaine d’universités canadiennes. L’UdeS et Bishop’s en sont membres. L’étude dévoilée mardi est l’un des projets du PEPMA.

Quelles sont les solutions sur la table une fois ces constats posés?

« C’est clair qu’on va devoir travailler avec les bars de la région... Ce qu’il nous a été permis de voir, c’est que dans la majorité des cas, les jeunes arrivaient des bars. Je ne sais pas encore quelle forme cela prendra », note Mme Paradis.

« Cet indicateur de visite aux urgences est à ce point parlant qu’on souhaiterait en faire un indicateur à l’échelle nationale », ajoute-t-elle en précisant qu’il s’agit d’une idée.

La secrétaire générale de l’UdeS, Jocelyne Faucher, note que l’institution n’avait pas encore ces données en mains lorsqu’elle a modifié son règlement en lien avec la consommation d’alcool lors des activités sociales des étudiants.

Depuis peu, les invités de l’extérieur à ces activités doivent se retrouver sur une liste remise aux directions facultaires. L’UdeS a aussi limité à 6 % le pourcentage d’alcool des consommations lors des activités de plus de trois heures.

« Les résultats de la recherche viennent confirmer les observations qu’on a faites dans les dernières années », note-t-elle. Des comas éthyliques avaient notamment été recensés par l’institution.

Des propositions provenant d’un comité du PEPMA ont déjà été mises en place à l’UdeS, précise Antoine Forcier, vice-président aux activités étudiantes de la Fédération étudiante de l’UdeS (FEUS). Parmi elles, il cite notamment le fait de réduire le nombre de consommations qui peuvent être vendues à une seule personne.

Sur les 855 consultations liées à l’abus d’alcool sur cinq ans, l’étude recense 77 hospitalisations de plus de 24 heures.