Agrile du frêne : un plan d’action de 5,7 M$ sur 10 ans

La Ville de Sherbrooke va de l’avant avec un plan d’action de 5,7 millions $ sur dix ans pour contenir la propagation de l’agrile du frêne sur son territoire.

Le plan s’accompagne de nouvelles mesures réglementaires qui obligeront notamment les citoyens qui ont un frêne sur leur terrain à abattre ou à traiter leur arbre et qui donneront un droit d’accès à la propriété privée aux employés du Service de l’entretien et de la voirie.
Malgré des dépenses évaluées à un demi-million $ par année pour cette lutte, la Ville ne prévoit pas accorder une aide financière directe aux citoyens. Le traitement et l’abattage se feront à leurs frais, mais seront obligatoires.
« Le propriétaire est propriétaire de son frêne et il a une action à entreprendre », résume le chef de la division des parcs et espaces verts, Yves Tremblay, qui a présenté aux élus le plan d’action préparé par les services municipaux, lundi soir, avec la directrice du service de l’entretien et de la voirie à la Ville, Guylaine Boutin.
En fait, les services municipaux se sont inspirés de ce qui s’est fait dans d’autres villes de la province pour conclure que l’aide financière directe aux citoyens avait peu d’impact pour freiner la propagation et que cela entraînait une lourdeur administrative inutile.


« On ne s’attend pas à avoir de grands foyers d’infestation la première année. »
Guylaine Boutin

Les 5,7 millions $ serviront plutôt à gérer les arbres du domaine public, excluant les arbres des grands boisés qui sont jugés moins à risque, à suivre la gestion des arbres privés, à fournir de l’information et des conseils en arboriculture aux citoyens, ainsi qu’à mettre en place des mécanismes et des lieux pour disposer du bois infesté de façon sécuritaire.
« On ne s’attend pas à avoir de grands foyers d’infestation la première année, a dit Mme Boutin, ça va s’installer graduellement et il faudra s’ajuster. »
L’agrile du frêne, un insecte ravageur originaire d’Asie, est présent au Québec depuis 2010-2012. À Sherbrooke on l’attendait depuis à peu près deux ans et l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’organisme fédéral qui règlemente cette problématique, a confirmé sa présence en octobre dans le secteur Rock Forest.
La Ville de Sherbrooke a aussitôt lancé une campagne d’identification des frênes de propriété privée via une carte interactive sur son site web. Elle estime à 12 000 le nombre d’arbres de cette espèce sur son territoire, en plus des 2500 frênes du domaine public.
Les arbres identifiés seront investigués et s’il y a présence d’agrile, la vérification s’étendra aux frênes dans un rayon de 300 mètres.
Les frênes touchés devront être abattus ou traités, selon le niveau de dépérissement de l’arbre.
Le traitement reconnu est l’insecticide Treeazin et son coût moyen d’application varie entre 150 et 250 $ pour des gabarits d’arbre moyen. Il doit être réappliqué aux deux ans. La Ville prévoit d’ailleurs négocier un plan collectif de traitement pour que les citoyens paient le même prix qu’elle paiera pour les arbres du domaine public.

Karine Godbout

La conseillère Karine Godbout, nouvellement nommée présidente du Comité de l’environnement, a néanmoins suggéré lundi soir qu’on instaure une forme d’incitatif financier pour encourager les citoyens à replanter des arbres pour remplacer les frênes abattus.
La réglementation sera adoptée à la séance du 4 décembre pour entrer en vigueur le 7. Les employés municipaux commenceront quant à eux les vérifications sur le terrain à compter du 11.
Jusqu’à maintenant 170 citoyens ont enregistré 700 frênes sur le site de la Ville et on estime à 12 000 le nombre de ces arbres de propriétés privées sur le territoire.