L'ancienne enseignante Andréanne Robert a été déclarée coupable de gestes à caractère sexuel sur cinq anciens élèves.

Agressions sexuelles subies par un homme : attention à ne pas banaliser, selon le SHASE

Le SHASE de l’Estrie incite à ne pas banaliser les possibles conséquences d’hommes qui ont été victimes de crimes à caractère sexuel.

À la suite de la condamnation récente de l’ancienne enseignante sherbrookoise Andréanne Robert pour des gestes à caractère sexuel sur cinq anciens élèves, l’organisme de Soutien aux hommes agressés sexuellement durant leur enfance (SHASE) a fait une sortie sur le réseau social Facebook pour se soulever contre ceux qui tournent au ridicule les victimes.

« Les blagues et les commentaires qui tournent cette situation en joke ne donnent rien de bon. Ils découragent les personnes à en parler et à aller chercher de l’aide. C’est une question de respect pour tous! » avait signifié le SHASE.

Le directeur de l’organisme Alexandre Tremblay-Roy rappelle qu’il n’est pas facile de dénoncer et d’aller chercher de l’aide pour une victime d’agression sexuelle peu importe son sexe ou son âge.

« Que ce soit un homme ou une femme, les agressions sexuelles ont les mêmes conséquences. Si certaines victimes verbalisent qu’elles n’ont pas de séquelles immédiates, ça ne veut pas dire qu’elles ne vont pas apparaitre. Ce n’est pas ce que l’on souhaite, mais ça demeure une possibilité. Les séquelles peuvent venir après coup et avoir des conséquences. Il ne faut pas tourner à la blague une agression d’une femme sur un homme », explique M. Tremblay-Roy.

Outre les séquelles sur les relations intimes, elles peuvent aussi apparaitre relativement aux relations d’autorités étant donné que l’exemple récent comportait cet aspect.

Sans avoir de données probantes, Alexandre Tremblay-Roy mentionne que sur les 300 hommes rencontrés au SHASE au cours des dernières années, seulement trois ont porté plainte et aucune accusation n’a été autorisée par le directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Les hommes victime de gestes sexuels ne doivent pas penser qu’ils sont seuls dans leur situation. Nous sommes là pour les aider », assure le directeur du SHASE.

La situation de l’organisme qui rencontrait des difficultés financières en 2015 s’est légèrement replacée.

« Il n’y a rien de facile parce que le financement demeure insuffisant, mais nous réussissons à recevoir des sommes récurrentes pour trois intervenants qui aident les hommes. L‘an dernier, nous avons accueilli environ 120 personnes », signale Alexandre Tremblay-Roy.

Le SHASE s’apprête d’ailleurs à lancer une campagne de visibilité au cours des prochaines semaines.

« Plusieurs hommes victimes de congrégations religieuses font appel à nos services. Nous avons aussi commencé à nous déplacer à Asbestos et Lac-Mégantic. Il demeure que nous aurions besoin de financement supplémentaire pour subvenir aux besoins », signale le directeur du SHASE.