Tout en manifestant son appui à l’endroit de Philippe Jean qui a été gravement blessé dans cette affaire, la première personne à lui avoir porté secours dans le stationnement du Walmart des Galeries 4 — Saisons à Sherbrooke croit que la trame factuelle des événements de samedi dernier doit être précisée.
Tout en manifestant son appui à l’endroit de Philippe Jean qui a été gravement blessé dans cette affaire, la première personne à lui avoir porté secours dans le stationnement du Walmart des Galeries 4 — Saisons à Sherbrooke croit que la trame factuelle des événements de samedi dernier doit être précisée.

Agression au Walmart: «Une affaire qui n’aurait jamais dû arriver»

« J’ai lu beaucoup de commentaires racistes sur les médias sociaux concernant l’accusé. Même si j’ai beaucoup d’empathie pour Philippe Jean qui a subi de graves lésions, je ne crois pas que le conducteur qui l’a frappé mérite d’être ainsi traîné dans la boue. Une affaire comme ça n’aurait jamais dû arriver. »

Tout en manifestant son appui à l’endroit de Philippe Jean qui a été gravement blessé dans cette affaire, la première personne à lui avoir porté secours dans le stationnement du Walmart des Galeries 4 — Saisons à Sherbrooke croit que la trame factuelle des événements de samedi dernier doit être précisée.

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Pascal Plamondon a tenté de bloquer le chemin au suspect

« L’accusé dans cette affaire n’a pas attendu Philippe Jean à la sortie du Walmart. C’est plutôt lui qui est parti après. J’étais en train de ranger mes achats dans ma voiture lorsque j’ai entendu puis vu le gros véhicule blanc de Philippe Jean partir en malade dans le stationnement après un véhicule Acura. Comme agent de sécurité, il n’avait pas à partir après quelqu’un même s’il avait été insulté. Tout ça ne serait jamais arrivé s’il avait agi froidement », croit cette femme témoin direct de l’altercation qui ne veut pas être identifiée.

Selon sa version, Philippe Jean est sorti de son véhicule puis a rejoint à pied la voiture Acura de Nacime Kouddar. Ce dernier restait dans son véhicule avec sa conjointe pendant que Philippe Jean donnait des coups sur le capot.

« Tout s’est passé très vite. J’ai vu le véhicule Acura avancer vers Philippe Jean qui est tombé sur le capot. Je ne sais pas si le conducteur a tenté de l’éviter. Philippe s’est retrouvé sur le capot un peu comme s’il faisait du car surfing. Il a alors donné des coups dans le pare-brise. J’ai vu le conducteur du véhicule Acura faire des manœuvres pour que Philippe tombe du véhicule. Et c’est ce qui est arrivé, il est tombé au sol », signale ce témoin qui se trouvait dans le stationnement des Galeries 4 — Saisons après être sortie du Walmart.

La jeune femme s’est précipitée en direction de la victime qui saignait de la tête. Elle a appelé rapidement le 9-1-1.

« Avec un gérant du Walmart, nous l’avons placé sur le côté pour qu’il ne s’étouffe pas avec son sang. Nous avons tout fait pour l’aider », mentionne celle-ci.

Elle soutient avoir donné sa version des faits aux enquêteurs du Service de police de Sherbrooke quelques minutes après en avoir été témoin.

Campagne suspendue

Philippe Jean repose toujours dans un état critique du CHUS.

Une campagne de financement avait été lancée sur une plateforme de sociofinancement pour venir en aide à ce père de cinq enfants. Plus de 160 000 $ avaient été amassés en moins de 48 heures.


« J’attends que l’affaire soit jugée afin que les gens ne se sentent pas piégés. »
Aurélien Hallade

L’instigateur, Aurélien Hallade, a suspendu temporairement cette campagne le temps que les faits soient éclaircis dans cette affaire.

« J’attends que l’affaire soit jugée afin que les gens ne se sentent pas piégés et qu’ils donnent pour les raisons pour lesquelles ils voulaient donner », explique M. Hallade qui est formateur pour les agents de sécurité privés.

Sans vouloir commenter la situation survenue au Walmart de Sherbrooke, Aurélien Hallade explique qu’un agent de sécurité doit rester vigilant avant, pendant et après son quart de travail.

« C’est un métier qui nous place en contact avec des personnes difficiles. Certaines situations peuvent déraper. Derrière l’uniforme il reste qu’il y a ultimement des humains. Théoriquement, un agent de sécurité doit agir froidement et ne pas laisser les émotions prendre le dessus », indique Aurélien Hallade.

Il explique que pour être embauché comme agent de sécurité, une formation de 70 heures, 54 heures en sécurité et 16 heures en secourisme, est obligatoire pour obtenir un permis du Bureau de la sécurité privée (BSP).

Des permis temporaires sont cependant délivrés de façon exceptionnelle étant donné la situation de pandémie. C’est ce type de permis temporaire du BSP que détenait Philippe Jean pour exercer ses fonctions auprès de l’agence Titan sécurité.

Sans commenter la situation survenue au Walmart de Sherbrooke, le président de la section locale 8922 des Métallos, qui représente 15 000 agents de sécurité au Québec, Patrick Pellerin, soutient qu’elle prouve le contexte dans lequel ce métier est exercé durant la pandémie.

« Ce qui est arrivé est la démonstration que des événements malheureux peuvent survenir dans ce contexte de crise. On se retrouve dans un contexte où les agences de sécurité peuvent embaucher des gens sur une validation de leur absence d’antécédents judiciaires sans formation. Pour les membres que je représente, ce sont des gens formés qui se retrouvent tout de même à travailler dans un contexte dangereux où ils doivent faire respecter les règles imposées par le gouvernement. Ce sont les grands oubliés et méritent amplement une prime pour le risque auquel ils sont confrontés », estime M. Pelllerin.