En entrevue à La Tribune, l’une des victimes du psychologue sherbrookois Étienne Lavoie explique avoir « dévié de sa route » en le côtoyant.

Affaire Étienne Lavoie : «Personne n’est à l’abri»

« Absolument personne n’est à l’abri. On se croit fort et au-dessus de tout ça. Jusqu’au jour où c’est ton tour. »

En entrevue à La Tribune, l’une des victimes du psychologue sherbrookois Étienne Lavoie explique avoir « dévié de sa route » en le côtoyant. Sans entrer dans les détails des gestes qu’elle a subis pour ne pas nuire à l’enquête, la femme a accepté de livrer les impacts sur sa vie.

Étienne Lavoie est accusé d’agressions sexuelles, de proxénétisme et de trafic de stupéfiants.

« J’étais cette personne qui se croyait au-dessus de tout ça. J’étais cette personne qui croyait être intouchable. Je me suis mise en péril, plusieurs fois, sans le savoir, car je croyais être différente des autres. Je croyais être celle qui pouvait lever le nez sur tout ce négatif. Je croyais pouvoir changer le monde. Je croyais être à l’abri et en sécurité, car j’avais de bonnes bases », explique l’une des victimes de Lavoie.

Elle soutient avoir vécu une descente aux enfers.

Étienne Lavoie

« Je déviais de ma route sans m’en apercevoir. Toutes les marches que j’avais réussi à monter, je les ai toutes redescendues pour me retrouver presque en bas. Tentative de suicide, perte complète de mon estime de moi, mensonge par-dessus mensonges, insécurité, vide complet à l’intérieur de moi; voilà ce que j’ai récolté. J’ai voulu être la sauveuse mais au bout du compte c’est moi que je dois sauver maintenant. Je n’avais jamais été confrontée à de mauvaises personnes. Maintenant je sais qu’elles existent et qu’il n’y a rien à faire à part s’enfuir de l’autre côté le plus rapidement possible », mentionne l’une des femmes qui a dénoncé les agissements d’Étienne Lavoie.

Enquête suspendue

L’accusé a suspendu, jeudi, son enquête sur remise en liberté pour au moins deux semaines.

« L’enquête ne pourra pas être complétée tant que je n’aurai pas plus d’informations sur ce qui m’a été divulgué par la voix de l’enquêteur et du procureur aux poursuites criminelles. Certains éléments font en sorte que s’ils étaient dévoilés, mon fardeau serait alourdi. Des éléments essentiels pourraient changer la suite de l’enquête sur remise en liberté. C’est une demande de remise essentielle à la défense pleine et entière de mon client » a expliqué au tribunal l’avocat de la défense Me Christian Raymond.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a remis la suite de l’enquête sur remise en liberté au 13 mars.

Au début de l’enquête sur remise en liberté, mardi dernier, l’enquêteur du Service de police de Sherbrooke a indiqué que de nouvelles accusations pourraient être portées contre le psychologue sherbrookois.

Quatre nouvelles plaignantes sont rencontrées, dont une mineure, pour des allégations d’agressions sexuelles et d’achat de services sexuels.

Inscrit à l’Ordre des psychologues du Québec, Étienne Lavoie aurait fait au moins trois victimes, des femmes majeures, entre janvier 2018 et février 2019. Selon les premières accusations, il aurait offert les services sexuels des femmes impliquées dans cette affaire à partir d’annonces sur Internet. Les gestes commis se déroulaient vraisemblablement dans un contexte de consommation de crack. Lavoie aurait profité de la vulnérabilité de ses victimes alléguées pour accomplir les gestes criminels. L’homme de 47 ans de Sainte-Catherine-de-Hatley est détenu depuis son arrestation le 21 février.

Des interdits contacts avec les victimes alléguées, les nouvelles plaignantes ainsi qu’avec ses clients comme psychologue ont été émis par le tribunal.