Flanqué du directeur de la Corporation de développement de l'aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet (à gauche), le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette, a indiqué aux élus que les projections présentées s'appuient sur les statistiques obtenues par cinq aéroports établis dans des villes canadiennes de taille comparable, soit  Kingston, Waterloo, Red Deer, Medecine Hat et Brandon.

Aéroport: 75 000 passagers par année pour des vols commerciaux

Si la Ville de Sherbrooke signait une entente avec une compagnie aérienne pour assurer des vols commerciaux au départ de son aéroport, il faudrait rapidement investir 900 000 $ pour pouvoir dispenser les services. Après cette signature, il faudrait compter entre quatre et six mois pour valider les paramètres de mise en service.
Pour la première fois en 18 mois, les élus sherbrookois faisaient le point sur le dossier de la desserte commerciale à l'aéroport de Sherbrooke, lundi, en atelier de travail public à l'hôtel de ville. On dévoilait alors qu'on estime à 75 000 le nombre de passagers qui pourraient transiter par l'aéroport de Sherbrooke annuellement.
Pour accueillir un vol commercial, il faudrait prévoir une zone de dégivrage au coût de 650 000 $. 200 000 $ seraient nécessaires pour creuser un nouveau puits d'eau potable alors que la gestion des eaux usées entraînerait des dépenses de 50 000 $. La conférence régionale des élus de l'Estrie, « parce qu'elle croit au projet », dit le directeur général de la Ville, Yves Vermette, a réservé une somme à injecter dans l'aéroport le cas échéant. Les élus ont refusé de dévoiler la teneur de cette somme. L'agrandissement du terminal et du tarmac, pour recevoir de plus gros avions, pourrait coûter 1,7 M$.
Quant à l'évaluation de la clientèle, elle relève de trois études distinctes. Un sondage mené en 2012 chiffre à 75 500 voyageurs le potentiel pour Sherbrooke. Une comparaison avec cinq villes de taille semblable ou inférieure arrive à un résultat similaire. Kingston, Waterloo, Red Deer, Medecine Hat et Brandon comptent toute un aéroport. À Kingston, par exemple, le nombre de passagers est passé de 51 419 après la première année à 71 462 après 10 ans. Waterloo fait beaucoup mieux, à plus de 100 000 passagers, mais la longueur de la piste permet d'offrir des vols pour le Sud. Un expert du milieu, consulté par la Ville de Sherbrooke, arrive aussi à une estimation entre 75 000 et 80 000 passagers.
Ces données tiennent entre autres compte de la population vivant à 60 minutes ou moins de l'aéroport, soit 284 000 individus, un chiffre qui n'inclut pas les 25 000 étudiants qui fréquentent les établissements d'enseignement. « C'est la raison pour laquelle nous parlons d'un bassin de population de 300 000 personnes. Nous avons eu la confirmation que les compagnies aériennes regardent la zone située à une heure ou moins de l'aéroport pour évaluer le potentiel d'une desserte », rapporte Yves Vermette.
Le directeur général de la Ville de Sherbrooke demeure réaliste et refuse de s'emporter avec les estimations fournies.
« Si nous sommes capables d'offrir un produit qui satisfait les besoins du marché en matière de destination, de coûts et d'horaires, ce sont les chiffres que nous pourrions atteindre. »
Combien coûteraient les billets? Combien les clients seraient prêts à payer? Ces informations n'ont pas été dévoilées, lundi, à la grande frustration des élus. M. Vermette affirme toutefois détenir ces données hautement stratégiques. « Vous attendez un plan d'affaires, mais nous n'en sommes pas là. Nous travaillons plusieurs options en parallèle. »
Quant aux honoraires professionnels engagés pour le démarchage devant mener à des vols commerciaux, ils atteignent 281 885 $ en cinq ans, alors que le budget annuel réservé était de 100 000 $. De cette somme, 182 000 $ ont été versés à Harvey International. Une subvention de 15 000 $ a été accordée à l'Université de Sherbrooke pour une étude.
En matière d'entretien et d'améliorations, ce sont 4 M$, dont 2,2 M$ en subventions, qui ont été investis dans l'aéroport depuis 2010. Le remplacement des réservoirs de carburant, le scellement des fissures de la piste, le pavage du tarmac et l'installation de la fibre optique font partie des autres investissements prévus pour la prochaine année.