Selon les informations obtenues par<em> La Tribune</em>, une des compagnies a été écartée d’emblée pour des raisons techniques alors la seconde ne proposait pas exactement ce que la Ville souhaitait.
Selon les informations obtenues par<em> La Tribune</em>, une des compagnies a été écartée d’emblée pour des raisons techniques alors la seconde ne proposait pas exactement ce que la Ville souhaitait.

Aéroport : aucun transporteur ne satisfait aux demandes de la Ville

SHERBROOKE — Le processus pour trouver un transporteur pour l’aéroport de Sherbrooke a une nouvelle fois avorté. L’appel de propositions lancé en janvier est terminé, sans résultat tangible, après que les deux compagnies intéressées eurent été écartées par la Ville. La nouvelle est toutefois bien accueillie, tant par la Ville que par une des compagnies impliquées.

Air Creebec et Chrono Aviation avaient montré de l’intérêt pour offrir des vols commerciaux à partir de Sherbrooke. Selon un communiqué diffusé par la Ville, une de ces entreprises ne répondait pas aux critères d’admissibilité alors que l’autre arrivait avec une proposition qui n’était pas conforme. Les deux propositions ont donc été rejetées par le conseil d’administration de la Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke.

Il ne s’agit toutefois pas de la fin des démarches pour obtenir une desserte commerciale à Sherbrooke. La Corporation pourra entamer des négociations de gré à gré avec des compagnies aériennes, qu’elles aient déjà déposé un projet dans le passé ou non.

« Nous pensons qu’il est possible de faire des gains de cette façon-là », note le maire Steve Lussier. « Nous sommes des agents libres. Le retour de ces compagnies n’est pas impossible, mais nous pourrons aussi parler avec d’autres entreprises. Je le vois très positivement. »

Selon les informations obtenues par La Tribune, une des compagnies a été écartée d’emblée pour des raisons techniques alors la seconde ne proposait pas exactement ce que la Ville souhaitait. En raison des règles strictes de l’appel de propositions, la Ville n’a eu d’autres choix que de rejeter les deux projets qui lui ont été soumis. 

« On devrait sortir gagnants de négocier de gré à gré », laisse entendre M. Lussier, qui précise que le ministre des Transports, Marc Garneau, se serait montré ouvert à discuter d’un mécanisme pour offrir des services de sécurité financés par le fédéral à l’aéroport de Sherbrooke. Il ajoute aussi que Sherbrooke pourrait profiter du Programme d’aide pour les dessertes aériennes régionales. 

Le président de la Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke, Claude Charron, indique dans un communiqué qu’il est toujours possible d’arriver à une entente avec un transporteur. 

Les démarches se poursuivent donc, malgré la situation de pandémie. Il reste que le début des activités d’une nouvelle compagnie aérienne à Sherbrooke n’est plus prévu pour juin, comme c’était le souhait à l’origine. « Nous souhaitons que la desserte soit prête le plus rapidement possible. Si ça va en 2021, ce sera en 2021, mais pour l’instant on souhaite que ce soit le plus tôt possible », ajoute Steve Lussier. 

D’autres sources laissent entendre que si l’aéroport est inscrit dans les outils de la relance économique à Sherbrooke, des résultats pourraient survenir rapidement. 

S’agira-t-il d’une négociation de la dernière chance pour l’aéroport de Sherbrooke? M. Lussier refuse de se prononcer.

Chrono Aviation toujours sur les rangs

On comprend mieux pourquoi la nouvelle en apparence mauvaise de l’échec de l’appel de propositions est reçue de façon positive à la Ville à la lumière des commentaires de Dany Gagnon, cofondateur, copropriétaire et vice-président de Chrono Aviation. Il compte travailler de concert avec la Ville pour trouver un scénario qui conviendra à toutes les parties impliquées. 

« Nous préconisions la négociation de gré à gré depuis le début. Nous sauverons ainsi beaucoup de temps. Les gens de la Ville sont bien gentils, mais ils ne sont pas aviateurs. Il y avait des choses dans l’appel de propositions qu’aucune compagnie au Québec n’aurait été en mesure de fournir. Le jeu du chat et de la souris, si on était retourné en appel de propositions, aurait pu prendre des années. Nous pourrons maintenant travailler à développer une offre qui plaira à la Ville et qui conviendra aux transporteurs. »

M. Gagnon accueille donc ce nouveau rebondissement comme une bonne nouvelle. « On fait juste enlever de la lourdeur au système. Nous avons autant d’intérêt qu’avant à offrir nos services à Sherbrooke. C’est très complexe de mettre en place une desserte vers Montréal, même pour nous qui sommes de gens d’expertise. La négociation de gré à gré est la meilleure chose qui pouvait arriver à la Ville. Je suis convaincu que Sherbrooke recevra des offres qui lui conviendront. »