Le maire de Sherbrooke Steve Lussier a accueilli positivement la nomination de François Bonnardel à titre de ministre responsable de la région de l’Estrie. « Je suis persuadé qu’il va venir faire son tour régulièrement. »

Accueil enthousiaste pour François Bonnardel

« Aujourd’hui, on ne forme pas le gouvernement de la CAQ. Aujourd’hui, on forme le gouvernement des Québécois, de tous les Québécois. Peu importe l’allégeance politique, on va travailler pour tous les Québécois. »

Par son discours d’assermentation comme premier ministre, François Legault a insufflé cet esprit aux députés estriens qui ont accueilli avec enthousiasme François Bonnardel comme ministre responsable de la région de l’Estrie même s’il est député de Granby.

« Tout proche » 

Le maire de Sherbrooke Steve Lussier croit aussi que François Bonnardel pourra travailler de concert avec les élus de l’Estrie.

« Nous sommes sur la limite. Granby, c’est tout proche. J’aurais préféré avoir un ministre à Sherbrooke, mais ce n’est pas grave. Je suis persuadé qu’il va venir faire son tour régulièrement. Nous avons plusieurs projets en matière de transport avec l’autoroute et le pont. J’entrevois une continuité pour améliorer notre secteur. Pour la liaison ferroviaire, il a l’air d’être une personne très ouverte », croit le maire de Sherbrooke rencontré au Salon rouge de l’Assemblée nationale où il avait été invité par François Legault.

Le député d’Orford Gilles Bélanger croit que le conseil des ministres représente une excellente équipe. Il assure que François Bonnardel est un très bon choix comme ministre responsable de l’Estrie.

 « Je pense que François va nous donner un bon coup de main en Estrie. Il démontre un bon leadership. Nous allons travailler avec lui. J’ai beaucoup de travail à accomplir dans ma circonscription. Je vais m’attaquer aux dossiers dès demain », assure Gilles Bélanger qui ne se montre pas déçu de ne pas accéder au conseil des ministres.

« En équipe »

Pour Geneviève Hébert, députée de Saint-François, la nomination de François Bonnardel est une belle nouvelle. Elle croit que le gouvernement mis en place par son chef François Legault pourra gouverner plus humainement. 

« À la CAQ, on travaille en équipe. Nous avons une très belle équipe en Estrie. Avec François Bonnardel qui est notre parrain depuis le début, nous avons une belle chimie. Les enjeux de l’Estrie vont bien être défendus avec lui », croit Geneviève Hébert.

« François est un député d’expérience. Il va faire un très bon travail », ajoute François Jacques, le député de Mégantic.

« Un grand peuple »

Le premier ministre du Québec François Legault a été le premier à prêter serment avant que soit dévoilé son conseil des ministres paritaire. M. Legault a nommé 13 hommes et 13 femmes soit 26 ministres au conseil exécutif.

Il a demandé à son conseil des ministres de gouverner pour l’adhésion du plus grand nombre. Il les a invités à aller sur le terrain prendre le pouls des Québécois dans toutes les régions du Québec.

Le nouveau premier ministre a conclu son allocution avec une allusion à René Lévesque.

« J’aime les Québécois. Et, pour répondre à un homme qui m’a inspiré toute ma vie, j’ai la conviction profonde que, oui, on forme quelque chose comme un grand peuple ».

Une « grande déception » pour Hamm

Bien qu’elle ne mette pas en doute les compétences de François Bonnardel, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, admet que la nomination de ce dernier à titre de ministre responsable de l’Estrie a été pour elle une « grande déception ».

« Avec le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, on avait rencontré François Legault lors d’un de ses récents passages à Magog et on lui avait indiqué, en lui transmettant notre liste d’épicerie, qu’on voulait un ministre régional qui viendrait vraiment de l’Estrie », raconte Mme Hamm.

La mairesse de Magog affirme qu’elle reconnaît « l’expérience » de François Bonnardel. « Mais il s’occupera aussi des Transports alors quel temps lui restera-t-il pour l’Estrie? », demande-t-elle.

Bien sûr, certains argueront que la circonscription de Granby, représentée par M. Bonnardel n’est pas très loin de celle d’Orford. Là n’est toutefois pas la question, selon Vicki-May Hamm. « Ce n’est pas une question de distance. Vous savez, quand Pierre Paradis était le ministre régional de l’Estrie, Jacques Demers avait de la difficulté à le joindre et il n’avait même pas de retour d’appels parfois. »

Rappelons que M. Paradis a longtemps été député de Brome-Missisquoi, une circonscription périphérique à l’Estrie, et qu’il a dirigé le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec durant le dernier mandat libéral. Il avait été nommé responsable de l’Estrie, mais son collègue Luc Fortin, ancien député de Sherbrooke, lui avait par la suite succédé dans ce rôle.

Et Gilles Bélanger?

Par ailleurs, la mairesse de Magog laisse entendre qu’elle aurait bien aimé que le nouveau député d’Orford, Gilles Bélanger, obtienne un ministère. « Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un ministre dans la région », lance-t-elle.

Aux yeux de Mme Hamm, M. Bélanger a toutes les qualités requises pour gérer un ministère. « Il a le charisme, la prestance, la personnalité et une expérience pertinente pour ce genre de travail. Mais je sais que ce n’est pas une si mauvaise chose pour lui de commencer en tant que simple député et peut-être que plus tard on lui offrira un poste plus élevé », suggère-t-elle.

Vicki-May Hamm se montre d’autre part rassurée par la relation existant entre le nouveau premier ministre et le député d’Orford. « M. Legault est venu trois fois à Magog durant la dernière campagne électorale. Je sens que Gilles a son oreille. »

Pour sa part, le président du Comité de vigie de l’hôpital Memphrémagog, Jean-Guy Gingras, admet qu’il aurait été heureux de voir le député d’Orford accéder au conseil des ministres. Il s’attend néanmoins que ce dernier puisse faire avancer des dossiers d’importance grâce au « dynamisme » qu’il démontre habituellement. « Il s’agit maintenant que les bottines suivent les babines », illustre-t-il.

Avec Jean-François Gagnon