Le directeur général et éditeur adjoint de La Tribune, Maurice Cloutier, lors du 5 à 7 organisé en soutien au quotidien.

Abonnements, publicités et amour

La semaine dernière a ressemblé à une montagne russe d’émotions pour les employés du quotidien La Tribune. Lundi, ils apprenaient l’importance des difficultés financières de l’entreprise. Mercredi, ils constataient l’amour de la population alors que quelques centaines de personnes se sont réunies au Siboire. Vendredi, ils voyaient les leaders de la communauté se mobiliser. Entre temps, des entreprises ont acheté de la publicité et des citoyens se sont abonnés à leur quotidien régional.

Le directeur général et éditeur adjoint du quotidien, Maurice Cloutier, constate l’appui des Sherbrookois. « Tous les jours, on reçoit des témoignages par courriel ou par téléphone de lecteurs qui s’abonnent, qui abonnent quelqu’un de leur famille ou qui renouvellent leur abonnement. Il y a d’anciens lecteurs qui nous disent qu’ils nous avaient délaissés pour toutes sortes de raisons, mais se réabonnent dans le contexte actuel », décrit-il, le sourire aux lèvres.

Du côté de la publicité, M. Cloutier dit avoir beaucoup d’échos de la communauté. « Les gens examinent leur budget publicitaire, ils regardent de quelle façon ils avaient réservé des enveloppes pour La Tribune dans les dernières années et ce qu’ils ont comme projets qui pourraient être des partenariats intéressants avec La Tribune dans les prochaines semaines, dans les prochains mois », assure-t-il.

« Des organismes ont déjà réservé des publicités qui vont apparaître au cours des prochains jours pour témoigner de leur soutien et de leur appui », renchérit le directeur général du journal.

« Toute la gamme des émotions »

« On a de la misère à réaliser que tout ça s’est passé en une semaine, commente pour sa part le président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil. Les employés sont passés par toute la gamme des émotions. Ce qu’on retient, c’est la rapidité avec laquelle le milieu a réagi. C’est venu de toutes sortes de façons. Je crois qu’on n’a jamais vu autant de lettres d’opinions qui décrivaient l’amour pour leur journal. »

Pour M. Goupil, un journal est un milieu de travail assez particulier. « D’informer tes voisins, les gens que tu côtoies, c’est un peu comme une mission. Tout le monde a toujours travaillé dans cette optique. Personne n’a baissé les bras », analyse le plus ancien journaliste de La Tribune.

Selon lui, la commission parlementaire sur l’avenir des médias d’information qui s’ouvre ce lundi à Québec arrive à un bon moment. « Il faut absolument que ce qui s’est passé cette semaine se transpose chez les élus de l’Assemblée nationale. Il faut qu’ils sentent que ça bouge dans les marchés des six quotidiens de Capitales Médias, qu’il y a une véritable volonté de la part des milieux de se prendre en main. On n’acceptera pas une solution déjà toute faite. Il va falloir tenir compte de cet attachement qui s’est manifesté et qui va se poursuivre, je l’imagine, dans les prochains jours », exprime M. Goupil, ajoutant que le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, participera à la commission pour faire valoir le point de vue des employés. Unifor représente d’ailleurs 95 employés à La Tribune et 8 au Quotidien de Saguenay.