Marie-Claude Bibeau

À l'Agriculture: Bibeau devra vendre les traités commerciaux aux agriculteurs

Trois ministres déjà en place, dont la Québécoise Marie-Claude Bibeau, s’échangent des portefeuilles dans le cadre d’un modeste remaniement ministériel visant à remplacer le poste aux Anciens Combattants laissé vacant par la démission de Jody Wilson-Raybould.

La ministre Bibeau, qui était à la barre du Développement international depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, devient la première femme à se retrouver à la barre du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

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Elle devra vendre auprès des agriculteurs québécois des traités commerciaux conclus ces derniers mois, dont l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui ont ouvert brèche après brèche dans le système de gestion de l’offre.

En point de presse à Rideau Hall, vendredi, elle a concédé qu’elle était un peu déchirée de céder le Développement international, mais a souligné qu’elle était heureuse de prendre les rênes du nouveau, étant d’un comté rural.

La ministre Bibeau remplace à ce poste Lawrence MacAulay, qui prend les commandes du ministère des Anciens combattants - un poste qu’il a déjà occupé il y a une vingtaine d’années. Il occupera aussi le rôle de ministre associé de la Défense nationale.

Et Maryam Monsef, elle, reprend du galon.

La jeune ministre, qui a dû porter le fardeau de la rupture de la promesse de réforme électorale, qu’elle pilotait comme ministre, conserve le dossier de la Condition féminine, mais en plus, elle hérite du portfolio du Développement international.

La fusion de ces deux ministères est en phase avec la philosophie du gouvernement Trudeau en matière de développement international, qui est grandement axée sur la promotion des droits des filles et des femmes à l’international.

C’est la seconde fois en l’espace de six petites semaines que le premier ministre - qui n’a pas répondu aux questions, vendredi, alors que normalement, dans ces situations, il se prête à l’exercice - procède à un rebrassage de cartes.

Celui de vendredi a été provoqué par le départ de Jody Wilson-Raybould, qui avait été rétrogradée du ministère de la Justice à celui des Anciens Combattants lors du remaniement ministériel le 14 janvier dernier.

Elle a démissionné environ un mois après, dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Lors de son témoignage devant le comité permanent de la justice et des droits de la personne, cette semaine, l’ex-procureure générale a établi un lien son congédiement de ce poste et son refus d’intervenir pour aider l’entreprise à éviter un procès.

Le premier ministre Trudeau a nié et a assuré que si l’ancien président du Conseil du trésor, Scott Brison, n’avait pas démissionné, il n’y aurait pas eu de remaniement, et Mme Wilson-Raybould serait toujours à la barre du ministère de la Justice.

Elle n’est plus au cabinet depuis le 12 février, mais jusqu’à nouvel ordre, elle est toujours membre du caucus libéral.

À ce sujet, les ministres Bibeau, MacAulay et Monsef ont tous dit qu’ils se rallieraient au verdict du premier ministre, qui se disait toujours en réflexion, jeudi.

Un léger malaise s’est installé lorsqu’ils ont été invités à préciser s’ils étaient personnellement à l’aise avec la présence de celle qui a plongé le gouvernement Trudeau encore davantage dans la tourmente, mercredi, avec ses révélations explosives en comité.