Nicolas Brochu-Lacasse

90 jours de prison discontinus pour une agression en prison

Un différend pour une émission de télévision dans la salle commune du Centre de détention de Sherbrooke a incité un détenu à s’en prendre violemment à un autre en janvier 2018.

Nicolas Brochu-Lacasse, 25 ans, a été condamné, mardi, à 90 jours de prison discontinus et à 200 heures de travaux communautaires par le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke à la suite de cette altercation. 

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C’est à la suite du témoignage de l’accusé, puis de l’analyse du rapport présentenciel que la procureure aux poursuites criminelles Me Maude Lapointe et l’avocate de la défense Me Krystel Demers ont présenté cette suggestion commune.

« Monsieur Brochu-Lacasse était insatisfait du poste de télévision qui avait été choisi par la victime. Il lui a sauté dessus », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles, Me Maude Lapointe lors des observations sur la peine.

Une probation de trois ans a été imposée à Nicolas Brochu-Lacasse. Lors de cette période, il ne pourra pas communiquer avec la victime ou consommer de stupéfiants. Il devra verser un dédommagement de 300 $ à la victime.

« C’est une peine clémente dans les circonstances. C’est un geste gratuit. On a vu une victime diminuée. Un message doit être envoyé aux gens en détention. La prison n’est pas un territoire où le droit ne s’applique pas. Il s’applique partout et même en détention. Il n’y a pas juste des conséquences administratives. Si c’est ce que vous pensez, vous vous trompez. Ce n’est pas parce qu’une personne est en prison qu’elle s’expose seulement à un confinement en prison », a insisté le juge Dunnigan.

L’altercation de quelques secondes où l’on voit clairement Brochu-Lacasse se ruer sur la victime a été présentée au tribunal. 

Nicolas Brochu-Lacasse avait plaidé coupable en septembre 2019 à une accusation de voies de fait causant des lésions à l’endroit d’un codétenu. La victime dans cette affaire a subi de multiples ecchymoses au visage.

Choc post-traumatique

C’est l’intervention des agents des services correctionnels qui a permis de séparer les deux détenus.

« Je vis beaucoup de stress à cause de ce qui est arrivé. Je vis un choc post-traumatique en raison du coup porté. J’ai une crainte envers les gens et la société. Avant, je voyais un ombrage, mais maintenant, je ne vois plus rien de cet œil-là. Je vois une tache blanche. Ma vue s’est détériorée », signale l’homme de 41 ans.

La victime a demandé de l’aide psychologique et psychiatrique à la suite de cette agression en détention.

« Je ne méritais pas d’avoir ces coups-là. Je me demande ce que j’ai pu faire. Je me suis senti coupable de ce qui a pu arriver. Tout ça pour un poste de télé. J’ai eu un black-out. Je me suis réveillé sur une civière », indique la victime de cette agression.

Nicolas Brochu-Lacasse qui réside à Drummondville mentionne avoir trouvé « extrêmement » difficile son séjour en détention. Il mentionne avoir été surpris de se faire arrêter en août 2018 pour cette altercation qui s’est déroulée derrière les barreaux.

« Les conflits en prison sont réglés à l’interne notamment par un confinement. J’ai eu des conséquences à la suite de cet évènement où j’ai passé 23 heures sur 24 dans ma cellule pendant deux semaines », signale l’accusé.

Nicolas Brochu-Lacasse a repris sa vie en main et s’est trouvé un emploi.

Ce dernier soutient qu’il regrette les gestes posés. Il s’est excusé en se tournant vers la victime présente dans la salle d’audience.

« Je voudrais m’excuser sincèrement. Ça n’avait pas à arriver. C’était une chicane pure et simple. Je n’avais pas à réagir comme ça. Tu n’as pas à stresser avec ça. Peu importe la décision, je vais l’accepter », a mentionné l’accusé.

Sans pardonner, la victime a accepté les excuses.