Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS doit faire face chaque année à environ 750 congés de maternité.

750 congés de maternité chaque année au CIUSSS

Environ 750 travailleuses de la santé bénéficient d’un congé de maternité chaque année au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Dans un contexte de pénurie de personnel, le CIUSSS tente depuis deux ans de réaffecter systématiquement ces employées dans des postes qui ne comportent pas de danger pour leur santé et celle de leur bébé et qu’elles sont raisonnablement en mesure d’accomplir.

« Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, nous avons l’obligation légale et je dirais même morale de garder nos travailleuses en emploi tout en assurant leur sécurité », affirme Stéphane Tétreault, directeur adjoint aux ressources humaines, aux communications et aux affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Les quelque 750 employées en congé de maternité représentent environ 5 % des effectifs quand on sait que le CIUSSS compte quelque 18 000 employés.

« Au Québec, il existe le programme de prévention Pour une maternité sans danger de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui vise le maintien en emploi sans danger de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail, les travailleuses ont le droit de travailler sans danger ou d’être immédiatement affectées à des tâches ne comportant pas de danger et qu’elles sont raisonnablement en mesure d’accomplir », met en contexte le directeur adjoint.

Avant la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, le certificat médical visant le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite était traité « à géométrie variable » par les diverses ex-installations, rappelle Stéphane Tétreault.

« Au centre jeunesse par exemple, le certificat médical était presque automatiquement considéré comme une demande de congé. Mais ce n’était pas la pratique partout. Dans d’autres installations, on faisait de la réaffectation systématiquement », nuance M. Tétreault.

Avec la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, une uniformisation des processus a été entreprise il y a deux ans. La nouvelle politique uniformisée au CIUSSS de l’Estrie-CHUS a donc surpris des employées œuvrant dans quelques-unes des ex-installations au cours des derniers mois.

« C’est un changement et nous en sommes conscients. Mais je le rappelle, dans ce contexte de pénurie de main-d’œuvre, nous avons l’obligation légale et morale de garder en emploi les gens qui peuvent travailler », ajoute Stéphane Tétreault.

Évaluation particulière

Chaque dossier est donc évalué de façon particulière, car les limitations peuvent varier selon la travailleuse et celles-ci sont évaluées par son médecin traitant. Les risques liés à son poste doivent aussi être évalués. Les limitations fonctionnelles peuvent être multiples, par exemple de ne pas soulever des charges de plus de 10 kg, de ne pas travailler de nuit ou de ne pas être en contact avec une clientèle à risque de transmettre certaines maladies infectieuses.

Des exemples? En voilà quelques-uns. Une infirmière à la salle d’urgence pourrait être réaffectée en oncologie pour transmettre des résultats de tests aux patients. La même infirmière pourrait aussi être réaffectée en néonatalogie pour prendre des signes vitaux chez les nouveau-nés.

« Une éducatrice spécialisée qui travaille en réadaptation physique avec les enfants 0-5 ans pourrait avoir une limitation fonctionnelle à cause des risques de contracter l’érythème infectieux; mais elle pourrait être réaffectée auprès d’une clientèle adulte », ajoute en exemple Stéphane Tétreault.

« Le tout, c’est de respecter les limitations fonctionnelles indiquées par le médecin traitant. Ça, on ne les conteste pas », ajoute le directeur adjoint.

Quant aux milieux de travail, eux aussi doivent être évalués.

« Si nous avons une infirmière qui travaille dans une salle d’urgence et une infirmière qui travaille à Info-santé, les risques liés à leur travail ne sont pas du tout les mêmes », nuance-t-il.