Le vice-président du Club de motoneige Harfang de l’Estrie, Marc Lachance, fait valoir que les retombées directes et indirectes des 14 clubs comme le sien présents en Estrie atteignent 240 M$.

75 % de la motoneige à Sherbrooke serait touchée

La suspension des droits de passage pour les motoneiges le long du chemin Laliberté mettrait en péril la survie du Club de motoneige Harfang de l’Estrie. C’est du moins ce que fait valoir Marc Lachance, vice-président au développement des sentiers du club de motoneige.

« Ça fait trois ans que je pilote le dossier pour conserver nos droits de passage. Si la Ville n’accepte pas le changement de zonage, c’est 75 % de la motoneige qui n’existera plus à Sherbrooke. Si les propriétaires font une coalition pour faire pression et que nous ne pouvons plus passer, est-ce que le Club Harfang sera toujours pertinent? Je n’en suis pas certain. »

M. Lachance fait valoir que la construction domiciliaire oblige constamment les motoneigistes à changer le tracé de leurs sentiers. « Nous avons un problème semblable dans le vieux village de Rock Forest, où il ne nous reste qu’une place où passer. De plus en plus, on essaie de trouver des emprises du ministère des Transports, mais il reste qu’à certains endroits, nous avons quand même besoin de l’aide des propriétaires. »

L’homme cite un projet-pilote en cours en Abitibi, où des crédits sont offerts aux propriétaires qui permettent le passage des motoneigistes chez eux. « C’est environ 200 000 $ dans un budget municipal pour 14 M$ en retombées... »

Pour les 14 clubs de motoneiges de la région de l’Estrie, Marc Lachance avance que les retombées économiques directes et indirectes atteignent 240 M$. La région concernée inclut Granby, Lac-Mégantic, Waterloo, East Angus et Sherbrooke notamment.

« Si nous ne pouvons pas nous connecter aux réseaux des autres clubs de motoneige, personne ne sera intéressé à venir à Sherbrooke. Nous serons isolés dans le secteur de Deauville et de Saint-Élie. »

M. Lachance comprend les préoccupations des propriétaires des terrains et ne leur en tient pas rigueur. « C’est leur droit de refuser. Ils perdent beaucoup d’argent en ce moment. On les comprend. De notre côté, nous investissons 40 000 $ par année pour déplacer des sentiers. Ce sont beaucoup de dépenses et le club finit par être à bout de souffle. »

Les représentants du club de motoneige doivent rencontrer le maire Steve Lussier jeudi. « De tous les maires avec lesquels nous avons travaillé, c’est celui qui appuie le plus les sports motorisés. »

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Une erreur au profit des promoteurs

Les propriétaires des terrains du chemin Laliberté ont profité d’une erreur des fonctionnaires du Service de l’urbanisme pour éviter les frais accompagnant généralement une demande de changement de zonage. Le maire Steve Lussier ayant demandé aux fonctionnaires d’étudier le dossier, les promoteurs n’avaient pas été informés des frais de 1250 $ générés par leur demande.

C’est la conseillère Évelyne Beaudin qui a soulevé des questions. « Je suis perplexe. Je ne comprends pas. Dites-moi si ma lecture est juste. Il y a des gens qui voulaient avoir des usages de plus sur leur terrain et ça faisait plusieurs fois qu’ils faisaient des demandes à la Ville et que ça ne fonctionnait pas. Donc ils sont allés vous voir M. le Maire pour avoir plus d’usages en disant que s’ils ne les obtenaient pas, ils bloqueraient les motoneiges. Vous, vous avez mandaté les équipes d’urbanisme pour étudier le dossier, ce qui fait en sorte que les citoyens n’ont pas eu à payer ce qui est chargé à tout le monde, c’est-à-dire [1250] $ et leur dossier a été étudié gratuitement? Est-ce que n’importe quel élu peut mandater les services d’urbanisme de même? »

« Nous avons appelé à l’urbanisme pour avoir des rencontres avec le propriétaire. Il y a eu plusieurs propriétaires qui se sont réunis pour cette rencontre. Le club de motoneige voulait aussi en savoir plus. Ce n’est pas moi qui s’occupe des frais », a répondu Steve Lussier.

Le directeur général Daniel Picard a confirmé qu’il s’agissait d’une erreur des services municipaux. « Personne ne connaît tous les frais possibles. Ils auraient dû le mentionner pour que le citoyen le sache. C’est une erreur. Chaque fois qu’on ouvre un dossier, c’est 1000 $ puis 250 $ de frais pour la publication de l’avis public. Ils n’ont pas eu de privilège parce qu’ils se sont adressés au maire. C’est une erreur. »

Au Service des communications de la Ville, on confirme que le bénéfice du doute a été offert aux promoteurs, qui n’ont pas reçu de facture.