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Une soixantaine de nouveaux ménages devraient pouvoir profiter du soutien financier de la Ville pour la création d’un nouveau jardin communautaire en 2021.
Une soixantaine de nouveaux ménages devraient pouvoir profiter du soutien financier de la Ville pour la création d’un nouveau jardin communautaire en 2021.

38 000 $ par année pour les jardins communautaires

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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La Ville de Sherbrooke investira 38 000 $ par année jusqu’en 2023 pour soutenir la création de jardins communautaires. La demande pour la participation à de tels jardins est en hausse, particulièrement avec la pandémie, si bien que la Ville a adopté un cadre de référence, lundi, pour encadrer et baliser le développement de jardins communautaires.

L’appel de projets pour 2022 permettra de recevoir des propositions jusqu’à la fin octobre. Un comité d’analyse étudiera les dossiers en décembre pour confirmer le soutien aux répondants en janvier. Pour 2021, en raison de la contrainte de temps, le processus sera lancé sur invitation auprès d’organismes ayant déjà démontré un intérêt. Les sommes dégagées devraient profiter à une soixantaine de ménages.

Parmi les critères pour justifier l’installation d’un jardin communautaire, la Ville favorisera les lieux où la communauté présente une défavorisation ou les endroits où la densité de six logements et plus est importante. Il faudrait aussi que les jardins soient accessibles par plusieurs modes de transport. 

Selon Jean-Yves La Rougery, directeur du Service des sports, de la culture et de la vie communautaire à la Ville de Sherbrooke, la Ville soutient pour le moment sept jardins communautaires, pour un total de 333 lots et autant de jardiniers. Les listes d’attente comptent au moins 130 ménages, mais certains jardins ne prennent plus de noms pour le moment.

La conseillère Évelyne Beaudin a demandé s’il serait possible, pour les citoyens qui ne demandent pas d’argent, d’obtenir la permission de cultiver des espaces publics comme un rond-point.

Caroline Proulx, chef de division à la vie communautaire, indique que ces citoyens seront accompagnés. « Si c’est circonscrit, nous regarderons avec un inspecteur municipal pour voir si c’est possible. Si le projet est plus grand, on va les accompagner avec notre cadre de référence. »

Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement, accueille cette nouvelle positivement. « Ce cadre est très important parce que c’est un pas de plus dans la bonne direction pour le déploiement de nos jardins. Je pense que ça nous prend un plan d’agriculture urbaine, une vision globale de ce que pourrait être notre ville. On a les jardins, les poules, les plantes pour les pollinisateurs, mais nous avons déjà beaucoup de demandes pour les forêts nourricières, les jardins sur les toits, les ruches, les chèvres... Le message que je voudrais partager, c’est qu’on doit reconnaître ce pas et rester ouverts et flexibles pour des projets-pilotes pour se familiariser avec d’autres initiatives. »

Julien Lachance a soulevé l’idée de permettre à des entreprises privées d’exploiter des jardins communautaires considérant que la Ville ne réussira pas à répondre à tous les besoins des citoyens.

Annie Godbout, dans le même sens, estime qu’il pourrait être profitable de permettre ces jardins sur des terrains n’appartenant pas à la Ville. 

« On est contents de voir votre enthousiasme, a répondu Caroline Proulx. On veut commencer avec la base. En ce moment, c’est permis sur les terrains municipaux. Du point de vue légal, d’envoyer nos services sur des terrains privés, il y a une complexité. On voulait baliser les critères de base. On voulait explorer de nouvelles options pour le futur. »

Marc Denault a souligné le geste audacieux de l’ex-conseillère Nathalie Goguen, qui avait choisi d’investir son budget pour les parcs dans la construction d’un jardin communautaire en 2010. « Aujourd’hui, ce jardin est tellement populaire qu’il ne prend plus de noms sur la liste d’attente. » Il souhaite par ailleurs qu’un mécanisme soit mis en place pour éviter que des citoyens exploitent deux jardins en même temps. 

Les jardins communautaires permettent la diminution des îlots de chaleur, le maintien de la biodiversité, l’absorption des eaux pluviales et l’inclusion des gens issus de la diversité ou vivant avec un handicap. Il s’agit aussi d’un outil pour promouvoir l’agriculture urbaine, la protection des milieux naturels et l’importance de l’adoption de saines habitudes de vie auprès de la population.