Jacqueline Brochu veut obtenir des réponses concernant le meurtre de son mari Denis Brochu en janvier 1988.

31 ans après le meurtre de Denis Brochu, sa femme veut des réponses

« Trouver qui a tué Denis pourrait mettre un point final à l’histoire. »

Trente-et-un ans après le meurtre de son mari Denis Brochu en janvier 1988 à Saint-Élie-d’Orford, Jacqueline Brochu souhaite que cette affaire soit enfin résolue.

Le 20 janvier 1988, Denis Brochu a été tué en plein jour dans la cuisine de sa résidence du 6e Rang Nord à Saint-Élie de deux décharges d’un fusil de calibre 410. Le corps sans vie de l’homme de 39 ans avait été retrouvé par l’un de ses amis en fin d’après-midi.

La thèse du vol a été retenue par la Sûreté du Québec comme mobile du meurtre, mais personne n’a jamais été arrêté. 

« Après 30 ans, il y a peut-être quelqu’un quelque part qui n’a pas encore parlé de ce qu’il sait. J’invite les gens à parler s’ils savent quelque chose. L’enquête est toujours ouverte », signale Jacqueline Brochu.

C’est un appel d’une enquêteure de l’équipe des dossiers non résolus de la Sûreté du Québec au cours des derniers mois qui a ravivé cette plaie qui ne s’est jamais vraiment refermée, mais aussi ce désir que la lumière soit faite sur cette nébuleuse affaire de vol qui a mal tourné. 

« Même trente ans plus tard, on n’oublie pas. Cette affaire a détruit une partie de ma vie. Je n’ai jamais vraiment eu de conjoint par la suite », souligne Jacqueline Brochu en regardant des photos d’époque où son mari était vivant.

Devant les découpures de journaux du meurtre qu’elle a gardées, Jacqueline Brochu refait le fil de ces tragiques événements.

« Étant donné qu’il achetait et revendait des véhicules partout dans la province, Denis se promenait toujours avec de grosses sommes d’argent sur lui. C’était connu qu’il avait de l’argent dans les poches. Ce n’était pas un gars de banque; il ne croyait pas à ça. Il payait tout cash. Cette journée-là, il avait environ 30 000 $ sur lui pour acheter une Jaguar. Il s’est rendu dans certains garages où il aimait ‘‘flipper’’ avec certains gars. Il misait de petits montants qui étaient gagnés au hasard. Est-ce que c’est de cette façon que quelqu’un a constaté la somme d’argent qu’il avait sur lui puis qu’il est allé le voler? Quelqu’un a vu qu’il avait de l’argent, c’est clair », soulève Jacqueline Brochu. 

Selon les archives de La Tribune, la victime avait été atteinte de deux coups de feu à l’abdomen et au menton. La famille de Denis Brochu avait offert une récompense pour élucider le meurtre.

« J’ai longtemps refusé de croire qu’il était mort. Je n’ai jamais pu voir son corps. La SQ et le salon funéraire ne voulaient pas que je le voie pour garder un bon souvenir étant donné les ravages faits par les balles. Tu ne peux pas faire ton deuil quand tu n’as pas vu. Je suis restée des années à me demander s’il y avait vraiment quelqu’un dans la tombe. Il a fallu que mon beau-frère qui l’a identifié me le répète souvent pour que je finisse par accepter », mentionne Jacqueline Brochu.

Elle garde le souvenir d’un mari aimable. 

« Il ne fumait pas. Il ne buvait pas. Il avait une vie établie. C’était un gars jovial qui était connu par plusieurs personnes. Il n’avait pas d’ennemi, mais il y avait peut-être des jaloux », soulève Mme Brochu.

Elle souhaite que le fait de raconter cette vieille histoire puisse inciter des témoins à parler.

« Le fait que ça reste impuni et qu’on ne sache pas qui a fait ça continue de me questionner. Peut-être qu’une personne que je côtoie encore et que je salue sait quelque chose. Peut-être qu’une personne que je connais est impliquée dans cette affaire. Ça ne le ramènera pas, mais au moins je vais savoir. Il n’y a pas d’argent qui va le ramener. Cependant, ce sera la fin d’une histoire qui ne s’est jamais terminée... »

Toute information concernant le meurtre de Denis Brochu peut être communiquée à la centrale d’information criminelle de la SQ au 1 800 659-4264.