« Était-ce judicieux de se lancer dans des batailles juridiques coûteuses avec un partenaire important? Est-ce que finalement Valoris va payer le montant demandé à l’origine par OEM (quelque 8 M$)? Est-ce qu’on va devoir payer des intérêts sur ce montant? », s’interroge Évelyne Beaudin.

300 000 $ d’avocats en sept ans pour Valoris

Les frais d’avocats contractés par Valoris depuis 2012 s’élèvent à près de 300 000 $. La conseillère Évelyne Beaudin, qui a révélé cette information sur Facebook vendredi, s’interroge sur la pertinence de la bataille juridique qui a opposé Valoris à Sherbrooke OEM.

Selon les données obtenues par la conseillère en vertu de la loi d’accès à l’information, données confirmées par Valoris, les frais d’avocats totalisent 294 955,36 $, l’année la plus coûteuse étant 2016, avec 214 561,02 $.

« Était-ce judicieux de se lancer dans des batailles juridiques coûteuses avec un partenaire important? Est-ce que finalement Valoris va payer le montant demandé à l’origine par OEM (quelque 8 M$)? Est-ce qu’on va devoir payer des intérêts sur ce montant? », s’interroge Évelyne Beaudin, en précisant que les frais d’avocat ne sont pas nécessairement tous liés au seul litige avec Sherbrooke OEM.

Elle ajoute que selon un procès-verbal déposé lundi au conseil municipal, « Valoris indiquait qu’on a déboursé 400 000 $ en “charges supplémentaires” de médiation avec OEM. »

« Il est difficile d’avoir une opinion à savoir si l’argent des citoyens a été dépensé pour rien. Je ne me sens pas apte à juger si c’était une bonne idée de nous embarquer dans des procédures judiciaires parce que les informations nous arrivent au compte-goutte. Tout ce qu’on voit, ce sont les frais juridiques alors qu’on a payé le montant qu’on devait à Sherbrooke OEM de toute façon. L’impression qu’on peut avoir de l’extérieur, c’est qu’on a dépensé pour rien, mais tant mieux si on est capable de récupérer des sommes. »

Mme Beaudin ajoute que les élus attendent toujours le plan de relance de Valoris. « Le maire a fait campagne sur Valoris. Il est au C.A. On ne voit pas encore la lumière au bout du tunnel. Il faudrait des résultats pour nous montrer que c’est bien géré. »

Le maire Steve Lussier a été peu loquace sur la question, indiquant que les démarches juridiques sont toujours en cours. « On s’en va en avant, pas en arrière. On avait tout à gagner à faire ce qu’on a fait jusqu’à maintenant. On s’en va vers la valorisation. Le dossier est encore aux affaires juridiques. Nous ne savons pas encore si nous récupérerons des sommes, mais la médiation va bien. On essaie de repartir nos équipements de la bonne façon. »

M. Lussier a affirmé qu’il profiterait du prochain conseil municipal, le 4 mars, pour répondre aux questions formulées par les élus à propos de Valoris lundi dernier.

Valoris est représenté par les avocats de la Ville de Sherbrooke depuis 2017.