Simon Jolin-Barrette

18 000 dossiers éliminés : le REMDUS dénonce le projet de loi 9

L’élimination des 18 139 dossiers d’immigration par le projet de loi 9 compromet l’avenir des étudiants étrangers de l’Université de Sherbrooke, dénonce le REMDUS.

Le Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat dit avoir appris avec un «grand désarroi» que plusieurs de ses membres seraient affectés par le politique du ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette.

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Parmi «les victimes» de cette décision figurent des étudiants au doctorat, mais aussi des stagiaires postdoctoraux venus de l’international pour étudier au Québec. «Le projet de loi compromet leurs démarches d’immigration et leur espoir de vivre au Québec», souligne-t-on. Il compromet donc aussi la rétention de chercheurs de pointe au Québec, note un communiqué de presse.

Les dossiers des étudiants qui ont fait leurs démarches d’immigration par le biais du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) avant août 2018 seront éliminés par le projet de loi 9. 

«Les doctorants doivent donc reprendre les démarches à zéro et vivent actuellement une grande incertitude quant à la possibilité d’obtenir un jour leur résidence permanente. Quant aux stagiaires postdoctoraux qui ont appliqué dans l’ancien programme sans cumuler 12 mois de travail rémunéré, ils perdent à proprement parler toute chance de rester au Québec après leur stage», explique l’organisation.

 «Le REMDUS recommande donc que les dossiers déposés au PRTQ avant août 2018 soient traités en priorité par le Ministère de l’Immigration, en accordant une priorité aux dossiers des candidats déjà présents sur le territoire québécois. En ce qui concerne les stagiaires postdoctoraux, et considérant que le problème les concernant déborde le projet de loi 9, nous recommandons que les critères d’admissibilité du PEQ soient élargis afin d’inclure les postdoctorants dont le stage est d’une durée inférieure à 12 mois. »   

Dans les derniers jours, le REMDUS dit avoir reçu plusieurs témoignages de membres concernant le projet de loi 9. «Ils montrent à quel point ils ont perdu toute confiance envers le gouvernement québécois, se sentent trahis par lui et ont l’impression qu’il ne leur accorde aucune valeur», explique-t-on. 

«Il est question ici, notamment, de chercheurs et chercheuses, d’ingénieurs et d’ingénieures, de spécialistes de la santé et de la biotechnologie, d’administrateurs ou d’administratrices. Installées au Québec depuis plusieurs années, seules ou avec leur famille, ces personnes se sont intégrées à leur nouvelle société et ont appris le français. Elles sont prêtes à apporter leur expertise sur le marché du travail et dans le milieu de la recherche. Mais dans leur découragement – et avec grand regret – elles doivent désormais envisager de quitter le Québec pour d’autres provinces ou encore retourner dans leur pays d’origine.»

Les politiques de l’actuel gouvernement en matière d’immigration risquent de dissuader les futurs étudiants internationaux de s’inscrire dans nos universités, enchaîne le REMDUS. «Pourtant, ils contribuent à les faire rayonner à l’extérieur du Québec grâce à leurs recherches et leurs publications scientifiques», fait-on remarquer. 

«C’est aussi le cas des stagiaires postdoctoraux, qui apportent de l’étranger de nouveaux savoirs et de nouvelles expertises. Ces derniers favorisent les transferts de connaissances entre les universités, contribuant ainsi à faire du Québec un chef de file dans les différents domaines scientifiques.»