Pascal Cyr

150 $ pour injure ou blasphème

Après avoir été expulsé de l’hôtel de ville de Sherbrooke et avoir été banni des établissements municipaux pour six mois, le citoyen et ex-candidat aux élections municipales Pascal Cyr a reçu une contravention de 150 $ pour « avoir injurié ou blasphémé contre un membre du conseil municipal ou un fonctionnaire ».

Avec les frais, la contravention s’élève à 223 $.

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« Je ne la payerai pas et je plaiderai non coupable. Le libellé est très général. C’est le même que sur le document que l’huissier m’avait apporté pour me bannir de l’hôtel de ville », commente M. Cyr.

La date de l’infraction est fixée au 18 juin, soit au lendemain de la séance du conseil municipal où M. Cyr avait été invité à quitter l’hôtel de ville. Il avait alors lancé, pendant la rencontre, qu’il avait honte des élus. Le constat n’aurait toutefois pas été délivré pour cet événement.

Le lieu de l’infraction ayant mené à la contravention serait le 191 rue du Palais, soit l’hôtel de ville. « C’est une manière de me bâillonner. C’est de l’intimidation », plaide-t-il. « Je vais le contester. »

La Ville a refusé de dévoiler la raison pour laquelle le constat avait été envoyé.

Les élus avaient adopté en mars un règlement qui permet d’imposer une amende minimale de 150 $ pour les injures adressées à un élu ou à un fonctionnaire. La directrice du Service des affaires juridiques, Line Chabot, avait indiqué que les attaques sur Facebook pourraient être considérées. Les propos injurieux doivent être dénoncés par la personne qui s’est sentie lésée et celle-ci doit accepter de témoigner en cour municipale.

« Nous devons être en mesure de faire la preuve que les propos ont été blessants. La personne doit venir me dire qu’elle s’est sentie blessée. La plainte doit venir de l’élu ou du fonctionnaire », disait Mme Chabot.

Il s’agirait du deuxième citoyen à recevoir un constat pour injure ou blasphème.