La présence d’un ours dans le secteur de Saint-Élie ne semble pas trop inquiéter la population. Certains poussent même l’hospitalité jusqu’à laisser des pommes sur leur terrain, un geste déconseillé par le porte-parole du bureau de la faune de Sherbrooke.

12 signalements reçus pour l'ours en cavale

Le bureau de la faune de l’Estrie a reçu 12 signalements pour l’ours qui rôde dans le secteur de Saint-Élie depuis le 2 juin. La bête a récemment été aperçue par un enfant de cinq ans qui jouait seul dans sa cour arrière.

« Quand la maman a appris que c’était fort probablement l’ours, elle ne se sentait pas bien, affirme Christelle Lefevre, une citoyenne du secteur. Elle ne savait pas qu’un ours rôdait dans le quartier. Quand son enfant lui a dit qu’il avait vu une grosse bête noire, elle a pensé que c’était un chien. »

Le lieutenant François Laprise du bureau de la faune de Sherbrooke ne pense pas que l’enfant était en grand danger. « Je ne sais pas si l’ours peut considérer un enfant comme de la nourriture. N’importe quel animal peut devenir agressif lorsqu’il se sent pris. De dire qu’il pourrait prendre le jeune comme repas, je dirais que non », indique-t-il.

Des gens le nourrissent

Selon Mme Lefevre, des gens nourrissent la bête. « Des gens savent et continuent de mettre des pommes sur leur terrain. On a conseillé à un autre de ranger ses mangeoires d’oiseaux et il n’a pas voulu. Si l’ours trouve de la nourriture ici, il va se sentir bien et va rester ici », déplore-t-elle.

M. Laprise assure que ce comportement est à éviter. « Certains disent apprécier la présence de l’ours disant que c’est un bel animal. L’opinion est partagée dans ce dossier. Il ne faut pas nourrir l’ours, éviter toutes formes de repas. On dit aux gens de garder leurs mangeoires à l’intérieur pour quelques semaines », conseille l’expert.

Toujours inoffensif

Pour M. Laprise, l’animal est encore considéré comme un rôdeur. « Nous avons une échelle à suivre. Tant qu’il n’est pas menaçant ou ne cause pas de dommage, il a le statut de rôdeur. Il est dans un milieu forestier. On a fait plusieurs patrouilles dans le secteur, on a remis des dépliants expliquant comment cohabiter avec l’ours, les règles de sécurité », explique le lieutenant.

Les citoyens de Saint-Élie n’ont pas trop peur. « Je ne dirais pas que c’est un sentiment de terreur. On est plus prudents. On regarde autour de nous quand on entend des bruits, mais je ne dirais pas que c’est une terreur. La police et les agents de la faune sont très rassurants », résume Mme Lefevre.