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Une bonne communication entre le médecin et son patient est fortement recommandée dans le « Système de priorisation pour l’accès à une chirurgie en situation de pandémie » mis en place par le gouvernement.
Une bonne communication entre le médecin et son patient est fortement recommandée dans le « Système de priorisation pour l’accès à une chirurgie en situation de pandémie » mis en place par le gouvernement.

« Prenez soin de vos patients »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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« Une des grandes forces du «Système de priorisation pour l’accès à une chirurgie en situation de pandémie», c’est qu’il insiste beaucoup sur la communication entre les médecins et les patients. En gros, le protocole dit aux médecins : si vous n’opérez pas, vous devez quand même vous occuper de vos patients », indique Jean Frédéric Ménard, professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et dont les recherches se situent au confluent du droit et de l’éthique médicale.

« Les patients ont besoin d’être rassurés, d’avoir des suivis. Ne pas savoir et attendre dans le silence, c’est ça qui fait mal aux patients », indique Jean Frédéric Ménard.

C’est d’ailleurs ce que rapportaient des patients dans un article paru samedi dans La Tribune où ceux-ci déploraient attendre leur tour dans le silence le plus complet

Jean Frédéric Ménard donne l’exemple d’un médecin qui commet une erreur médicale. Devant la menace de poursuite, son avocat lui conseillerait immédiatement de ne pas présenter d’excuses au patient, car les excuses seraient perçues comme un aveu de culpabilité.

« Or dans la majorité des cas, ce sont juste des excuses dont le patient a besoin. Le patient a besoin d’entendre : « Ça ne s’est pas passé comme on voulait, et voici maintenant ce qu’on peut faire pour vous aider » », explique M. Ménard.

« Une autre chose qui traverse le document, c’est le niveau d’intervention médicale. On demande : faut-il opérer à tout prix? Y a-t-il d’autres alternatives? Souvent, on propose une chirurgie d’emblée, mais il pourrait y avoir d’autres choses avant, ou en remplacement. En parlant aux patients avec délicatesse, avec doigté, devant d’autres alternatives, il y a probablement des gens qui choisiraient d’autres options que la chirurgie. C’est super important comme concept », mentionne Jean Frédéric Ménard.

Quand le besoin de chirurgie est bien établi, le système va se charger de faire l’arbitrage. « Quand c’est long, ça va à l’encontre de ce que les médecins voudraient faire, ce pour quoi ils sont formés. Mais quand ils sont forcés d’attendre, on les invite à se demander : qu’est-ce qu’on peut faire en attendant pour aider nos patients? »

Il n’y a toutefois pas de mécanisme en place pour s’assurer que les chirurgiens gardent bel et bien le lien avec leurs patients pendant les semaines ou les mois d’attente.

« Pour ce qui est de la communication, cela relève du professionnalisme et de la déontologie des chirurgiens. Le MSSS peut toutefois affirmer que les comités de programmation de bloc opératoire des établissements font un travail hors pair et sans relâche depuis le début de la pandémie pour prioriser les patients dans l’intérêt de tous. Les chirurgiens doivent s’adapter à de nouvelles façons de faire très inhabituelles », soutient Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du MSSS.