« Pour la démocratie, on a besoin de garder La Tribune »

La conseillère Évelyne Beaudin a invité ses collègues à réfléchir à une façon de soutenir La Tribune, lundi au conseil municipal, alors que le maire Steve Lussier a plutôt mentionné qu’il parlerait aux maires des autres villes avant de se prononcer.

« On ne s’attendait pas à ça. Ça m’a affecté. C’est plus de voir que du jour au lendemain, après plus de 100 ans d’existence, il y a une difficulté financière aussi importante, qui me marque le plus. Ce sera de voir la suite. J’espère que ce sera positif. On ne replace pas une centaine d’employés du jour au lendemain. Et pour la démocratie, on a besoin de garder La Tribune. J’ai de la misère à penser qu’un jour il n’y aurait plus de médias papier, entre autres dans les restaurants », a dit M. Lussier, qui a félicité le gouvernement d’avoir réagi aussi rapidement.

Le maire de Sherbrooke préfère attendre de voir l’impact de l’aide du gouvernement du Québec avant d’envisager une forme d’aide locale. « J’ai entendu plusieurs municipalités sortir. J’échangerai peut-être aussi avec mes collègues du conseil municipal. »

Évelyne Beaudin dit avoir reçu la nouvelle des problèmes financiers des quotidiens de GCM comme un coup de massue. « Pour moi, La Tribune joue un rôle essentiel dans le monde municipal. Ce soir, nous accordons 35 000 $ pendant dix ans à une entreprise du monde industriel. Je ne vois pas pourquoi on se priverait d’appuyer notre quotidien. Les médias qui couvrent la politique municipale à Sherbrooke, on les compte sur les doigts d’une main. À Sorel-Tracy, ils ont retiré les avis publics des journaux, mais ils ont décidé de maintenir leur budget pour la publicité dans les journaux. C’est ce que j’avais aussi suggéré. »

Évelyne Beaudin dit avoir reçu la nouvelle des problèmes financiers des quotidiens de GCM comme un coup de massue.

Vincent Boutin se disait lui aussi secoué d’apprendre qu’un média local pourrait disparaître. « À Montréal, les nouvelles municipales sont noyées dans les nouvelles de la métropole. Nous avons ici la chance d’avoir des médias locaux forts qui diffusent l’actualité. Les différents paliers de gouvernement doivent faire un effort. On ne peut pas, comme société démocratique, perdre un média local. »

Pierre Avard s’est dit préoccupé en ajoutant qu’il faudrait plus que des pansements pour sauver la donne. « Je ne serais pas surpris de voir la même situation se répéter aussi avec les radios. »

Annie Godbout a mentionné que cette nouvelle touchait la démocratie. « Il faut qu’on se questionne. L’économie du numérique entraîne des transformations. Collectivement, nous avons chacun notre rôle à jouer. »

Danielle Berthold espère une solution à court et à moyen terme et s’est dit de tout cœur derrière les artisans des journaux.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a repris le même discours. « Nous espérons une solution globale. Les médias locaux ont une importance dans la vitalité culturelle, sociale et politique. Je m’attends à ce que le gouvernement soit à pied d’œuvre pour trouver des solutions afin que la population bénéficie de cet atout que sont les médias régionaux. »