Suzanne Fournier a bien hâte d'organiser de la danse country pour les aînés de son club. 
Suzanne Fournier a bien hâte d'organiser de la danse country pour les aînés de son club. 

« On a oublié les aînés », pense Marc Denault

Quand est-ce que les aînés pourront reprendre leurs activités comme la danse en ligne et la pétanque? C’est ce que se demande la présidente du Club de loisirs Saint-Boniface de Sherbrooke, Suzanne Fournier.

« On veut faire bouger les aînés qui sont à la maison. J’ai 250 membres qui sont habituellement actifs. Ils ne font plus rien », mentionne Mme Fournier, ajoutant que la reprise des activités serait bonne pour la santé mentale et physique de ses membres. 

« Tout ce qu’on entend sur les aînés, ce sont les CHSLD, poursuit-elle. Et on n’est pas tous là. Moi-même, j’ai 75 ans et je suis en forme. [...] Si on continue à ne pas bouger, on va tous se retrouver là et on ne veut pas y aller. »

La présidente de ce club de loisirs assure qu’il est possible de danser à deux mètres de distance. « On peut se protéger comme il le faut. On fait de la danse country toute l’année. J’ai au moins 150 danseurs qui viennent trois ou quatre fois par semaine. Là, ça fait trois mois qu’ils n’ont rien fait. On peut aussi jouer à la pétanque à deux mètres de distance sans problème », pense-t-elle. 

La Ville de Sherbrooke ne sait pas encore exactement la date de réouverture du service de réservation qui s’occupe des préaux. Les citoyens peuvent cependant s’y réunir sans réserver en respectant les consignes gouvernementales. 

Les personnes âgées « oubliées »?

De son côté, le conseiller municipal Marc Denault pense que les personnes âgées sont carrément oubliées. « Je ne sais pas qui les a oubliées, mais elles ont été oubliées », déplore-t-il. 

« Les actions qui ont été faites venaient du privé. Des gyms ont fait des activités très intéressantes. Ce que j’ai dit à notre directrice d’arrondissement, c’est que ce serait simple de prendre le stationnement du Palais des sports et de faire une activité de danse en ligne pour 50 personnes. On n’a pas été proactifs », dit-il, ajoutant qu’il « aurait été intéressant qu’un comité de la Ville s’occupe de ces gens ». 

« Il devrait y avoir un leadership qui émane du comité Sherbrooke amie des aînés. On ne peut pas rattraper les 90 jours, mais la période estivale arrive. Est-ce qu’on peut arriver avec un programme intéressant? » demande celui qui pense que les dommages collatéraux seront « indescriptibles ».

Évelyne Beaudin, présidente du comité de développement social et communautaire, n’est pas prête à dire que les gens de l'âge d'or ont été oubliés. « Il faut savoir que les organismes ont été ultra actifs. Le réseau [des Municipalités amies des aînés] a probablement été plus actif qu’il ne l’a jamais été. Nous, à la Ville, on reconnaît l’expertise de nos organismes communautaires. Oui, on fait des choses en tant que ville, mais on est en soutien aux organismes qui font l’offre de service », analyse-t-elle.

« Je pense que de façon générale à la Ville de Sherbrooke, on ne met pas assez d’efforts sur le dossier des personnes âgées, poursuit Mme Beaudin. Je suis 100 % d’accord avec ça. Je me sens souvent un peu seule à tenter de porter le dossier des aînés et c’est la même chose pour les personnes handicapées. C’est peut-être même pire. Mais on ne peut pas dire qu’en temps de COVID, on a oublié seulement les aînés. On a certainement besoin de plus de ressources en vie communautaire. »

La conseillère du district du Carrefour explique qu’avec la pandémie, c'est l’équipe de la Vie communautaire qui est responsable des dossiers touchant les personnes âgées. « Ils se sont concentrés sur les besoins de base, comme vérifier si les gens recevaient de la nourriture. Après, ceux qui s’occupaient des dossiers des aînés ont été très sollicités pour des dossiers majeurs, comme celui des camps de jour. C’est un gros dossier à mener et les consignes gouvernementales changent presque aux deux jours », indique Mme Beaudin. 

« Pour l’instant, les techniciens en loisirs [font ce qu’ils peuvent] avec les capacités qui ont été réduites substantiellement avec la réforme Paquin de Bernard Sévigny », rappelle également la conseillère. 

Le maire Steve Lussier, lui, assure que les gens de l'âge d'or seront supportés. « Le gouvernement annonce des mesures de déconfinement additionnelles, donc c’est un gain pour eux. Il faut seulement être prudent. Ils doivent garder la distanciation et porter le masque s’il y a lieu à certains endroits. On n’empêchera pas les gens de bouger, ce n’est pas le but », exprime-t-il. 

Sercovie

Des activités physiques ont recommencé cette semaine chez Sercovie, dit le directeur général de l’organisation et conseiller municipal Rémi Demers. « On a une programmation en ligne depuis un bon bout de temps, mais c’est moins populaire. Il fait beau, ils ont le goût de bouger », lance-t-il, assurant que les locaux demeurent indisponibles. Les personnes âgées peuvent cependant utiliser les toilettes, mais doivent être accompagnées. 

« Pour ce qui est de la Ville, je n’ai aucune indication des reprises des activités pour les clubs de l’âge d’or, convient-il. Marc Denault et moi voulons amener cela au conseil municipal. » 

« Les aînés, c’est clair qu’ils sont plus à risque, résume M. Demers. Mais en même temps, il faut s’occuper aussi de leur santé mentale. Ils trouvent ça extrêmement difficile. Ça leur manque. »