Le projet Place de la source

« Ce n'est pas ce que je voulais », se défend le promoteur

Le président de Gestion immobilière Santi, Marc Bougie, se défend d’avoir voulu flouer qui que ce soit. Déplorant que son image ait été ternie, il rapporte avoir mis tout son cœur et tout son argent dans le projet Place de la source et estime que les hypothèques légales ne sont pas valides.

Parce que le dossier se trouve devant les tribunaux, M. Bougie limite ses commentaires. « Il y a des procédures en cours et il y aura des rétractations de jugements. J’ai beaucoup donné pour ce projet qui m’a coûté énormément. Je vais me défendre. Ces trois clients vont trop loin. Je vais déposer une plainte pour harcèlement. »

Marc Bougie convient qu’il est maintenant impossible que la Place de la source voie le jour. « J’ai mis tout mon argent là-dedans et je me fais traiter comme un moins que rien. Les hypothèques légales, je n’ai pas pu les contester parce que je n’étais plus propriétaire des maisons, mais elles n’étaient pas légales. C’est ridicule de dire qu’elles tiennent parce que les gouttières n’avaient pas été posées. Les gens font une fausse interprétation. Au lieu de faire tomber les hypothèques légales, les clients se sont tournés vers moi. »

M. Bougie dit que des procédures sont amorcées contre « les gens qui ne voulaient pas que Place de la source réussisse ». Il refuse toutefois de préciser qui sont ces « gens ».

Le promoteur assure qu’il n’a pas cherché à transférer le paiement des sous-traitants aux citoyens. « Ce n’est pas ce que je voulais. Tous ceux qui me connaissent savent que j’ai mis tout mon cœur dans ce projet et que je ne me suis jamais versé de salaire. Le meilleur moyen pour ces clients de s’en sortir est de faire tomber l’hypothèque légale. Ils ont été très mal conseillés. J’ai tout perdu et j’ai en plus perdu ma réputation. »

Le président de Gestion immobilière Santi refuse de faire faillite puisqu’il perdrait son pouvoir d’action contre ses créanciers.

Marc Bougie souhaiterait trouver un acheteur pour ses terrains vacants, un promoteur qui voudrait les redévelopper. « Essayer de revendre un projet quand il a été sali, c’est très difficile. Je suis pris contre des gens puissants. »

Enfin, il déplore « la désinformation » des médias qui « détruisent tout ce [qu’il a] fait ».

Le promoteur Marc Bougie assure qu’il n’a pas cherché à transférer le paiement des sous-traitants aux citoyens.

Appel à tous pour payer l’hypothèque

N’ayant pas les moyens de rembourser l’hypothèque légale de leur nouvelle maison, Pascal Desautels-Brochu et Nathalie Garneau-Chase se sont tournés vers le sociofinancement. Sur le site GoFundMe, ils cherchent à recueillir 16 000 $.

« On menace de vendre ma maison sous contrôle de justice. Les factures, incluant tous les frais, s’élèvent à près de 20 000 $, ce qui rend très difficile pour nous de poursuivre [notre projet] », écrit M. Desautels-Brochu.

« Nous ne voulons pas toucher aux REEE et aux assurances de nos filles, mais notre équilibre est précaire. »

Le couple a deux filles de trois ans et deux mois. M. Desautels-Brochu a deux emplois et s’est départi de sa moto pour payer cette dette. Il fait aussi des heures supplémentaires.

« Pour lancer un appel sur GoFundMe, Pascal a pilé sur son orgueil. Je n’avais pas le goût de demander de l’argent, mais nous voulions que l’histoire soit connue », rapporte Nathalie Garneau-Chase.

Cette dernière ne verrait aucune objection à partager les recettes avec ses voisins s’ils le souhaitaient.

M. Desautels-Brochu assure qu’il ne cherche pas à s’enrichir. « Le but, c’est d’éponger les frais de la poursuite et de faire en sorte que les entrepreneurs soient payés. S’il y a un surplus, l’argent sera remis à un organisme. » En soirée mardi, le couple avait amassé 875 $.

La Ville impuissante

Aux communications de la Ville de Sherbrooke, on confirme qu’il y a un retard dans le paiement des taxes des terrains vacants de Place de la source. Ces terrains ne seront toutefois pas vendus pour défaut de paiement de taxes foncières municipales et scolaires pour le moment.

« La Ville de Sherbrooke a entrepris des démarches afin que le promoteur finalise la deuxième couche de pavage et l’aménagement paysager du terre-plein central de la rue. Avant de commencer la construction de la rue, le promoteur a déposé une garantie pour couvrir le coût de ces travaux. Si le promoteur ne termine pas la construction de la rue, la Ville utilisera cette caution pour terminer les aménagements sans frais additionnels pour les contribuables.

« Quant au développement du reste des terrains, la Ville ne peut pas jouer le rôle de promoteur immobilier », lit-on dans un courriel de la Ville.

La conseillère du district, Évelyne Beaudin, veut vérifier ce que la Ville peut faire. « Je refuse qu’on abandonne des citoyens comme ça. On a accepté un projet qui nous a été présenté. On a laissé le promoteur aller de l’avant. Si on les abandonne, qui va les aider dans leurs démarches? »