André Corriveau, chef de la section de la géomatique, Guylaine Boutin, directrice du Service de l’entretien et de la voirie, et Yves Tremblay, chef de la division des parcs et des espaces verts ont expliqué les premiers gestes à poser pour lutter contre l’agrile du frêne, dont on vient de confirmer la présence sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.

Sherbrooke sort les armes contre l’agrile du frêne

Avec la présence désormais confirmée de l’agrile du frêne sur son territoire, la Ville de Sherbrooke déploie l’artillerie lourde pour contrôler la propagation de cette infestation qui a déjà fait beaucoup de ravages dans d’autres régions du Québec.

« Ce qu’on redoutait depuis quelques années déjà a été confirmé jeudi par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Il y a présence de l’agrile du frêne sur notre territoire. Ça fait déjà trois ans que nos services étaient sensibilisés au fait que cet insecte était en progression et qu’il se propageait d’ouest en est, d’abord en Outaouais puis à Granby l’an dernier. La Ville avait dit qu’elle serait prête et plusieurs de nos services seront impactés par la lutte qu’on s’apprête à mener », a résumé le maire sortant Bernard Sévigny, vendredi, en appelant les citoyens à collaborer à cette lutte.

La présence de l’insecte, qui s’attaque à toutes les essences de frêne et qui peut causer leur mort en quelques années, a été signalée par un citoyen le mois dernier. L’ACIA a confirmé jeudi l’infestation sur un terrain privé de la rue Cayer et dans le parc Antonio-Barrette du secteur Rock Forest.

« Une quantité encore non déterminée de frênes sont touchés, précise la Ville, autant sur des terrains publics que sur des terrains privés. »

La première étape du plan d’action consiste à répertorier les frênes sur tout le territoire. La Ville en compte 2500 sur les 35 000 arbres dont elle est propriétaire, et elle estime à 12 000 le nombre de frênes de propriété privée.

« C’est important de compléter l’inventaire parce qu’au moment où on a un foyer d’infestation, il y a une zone de 300 mètres qui va être automatiquement délimitée et investiguée pour pouvoir contenir l’agrile et faire des interventions contrôlées », précise Yves Tremblay, chef de la Division des parcs et espaces verts.

Une carte interactive a été conçue pour faciliter cet inventaire et les citoyens sont invités à remplir un formulaire en ligne.

Dans le plan d’action préparé par la Ville, une série de critères ont été identifiés pour déterminer si les arbres atteints seront traités ou abattus.

M. Tremblay compare le traitement à un vaccin, qu’il faut répéter tous les deux ans et dont il faut juger de la pertinence compte tenu de son taux d’efficacité et du fait qu’il affaiblit l’arbre.

Les coûts du plan d’action, qui doit être présenté aux élus après les élections, ont été évalués entre 4 et 6 millions $ sur les dix prochaines années, incluant le coût de remplacement des arbres qui devront être coupés.

Le conseil municipal devra également adopter un amendement au règlement général de la Ville afin d’autoriser la gestion des arbres privés.

Puisque l’agrile du frêne est présentement en hibernation, les autres actions s’effectueront au printemps. Des séances d’information seront alors organisées.

« Ce sont de beaux arbres, on le reconnaît, et plusieurs souhaiteraient les conserver, mais malheureusement l’agrile du frêne va demeurer sur notre territoire pendant quelques années, a conclu M. Sévigny. Heureusement on peut bénéficier de l’expérience et de l’expertise qui a été développée dans d’autres municipalités du Québec pour mener cette lutte avec les bonnes pratiques. »

Infos : cartes.ville.sherbrooke.qc.ca/agriledufrene.