Félix Auger-Aliassime a remporté le Futures de Sherbrooke, il y a deux ans.

Sherbrooke perd son tournoi Futures

SHERBROOKE — Le comité organisateur de la 14e édition du tournoi de tennis Futures de Sherbrooke était déjà à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines pour l’événement, qui se déroule annuellement en mars au Centre récréatif Rock Forest. Mais les plus sombres présages, qui flottent depuis plusieurs mois, se sont avérés vrais. Tennis Canada a décidé d’abandonner la série Futures.

Au total, ce sont sept tournois au Canada qui sont touchés, dont celui de Sherbrooke et de Gatineau.

Ce tournoi de tennis était fortement ancré dans les habitudes des amateurs sherbrookois, qui ont vu au fil du temps défiler les Frédérick Niemeyer, Milos Raonic, Denis Shapovalov ou Félix Auger-Aliassime, lors de ses 13 ans d’existence.

« Richard Quirion (directeur de tournoi à Tennis Canada) nous a annoncé la mauvaise nouvelle récemment, tout en précisant que cette décision n’avait rien à voir avec l’organisation, à Sherbrooke. C’est vraiment une grande déception pour tout le monde. C’est une belle expérience d’organiser ce genre d’événements, et c’est surtout, pour les jeunes qui pouvaient voir les idoles de près, une expérience incroyable », a dit Lynda Rondeau, nouvelle présidente de Tennis Sherbrooke, qui avait le mandat d’organiser l’événement.

« On savait depuis à peu près un an qu’il y avait d’importants changements à venir, qu’il y avait une ombre qui planait au-dessus de nos têtes. Mais Tennis Canada nous assuré que l’organisation sherbrookoise était en haut de la liste advenant la mise sur pied d’une nouvelle série du genre. »

La missive de Tennis Canada est parvenue à Sherbrooke mardi.

« (...) je vous écris cette lettre afin de confirmer et officialiser la décision de Tennis Canada de ne pas organiser les tournois de niveau Transition l’an prochain.  Le nouveau circuit de Transition, élaboré et mis de l’avant par la Fédération internationale de Tennis (ITF), verra le jour dès janvier 2019. Les tournois anciennement appelés Tournois Futures, dont le tournoi Futures Subaru de Sherbrooke, seront dorénavant catégoriser Tournois de Transition. Ces tournois ne feront plus partie du calendrier à partir de 2019 », peut-on lire. 

« Le nouveau circuit de transition débutant l’an prochain apporte son lot de changements. Parmi ceux-ci, la diminution drastique des points ATP accordés aux joueurs en 2019. Ce changement en est un majeur et est certainement l’une des principales raisons qui nous a amenés à retirer ces tournois de notre calendrier. Il faut aussi mentionner qu’à partir de 2020, ce circuit de transition ne comportera plus de point ATP. Ainsi, les importants investissements que Tennis Canada et les comités organisateurs locaux injectent dans l’organisation de ce type de tournoi n’auront plus les mêmes retombées pour le développement des joueurs canadiens. »

Un fait confirmé par Lynda Rondeau.

« Le nombre de points ne cessait de baisser, et malgré tout, Tennis Canada devait offrir malgré tout une bourse de 25 000 $. Établir des calendriers, c’est un processus complexe. On va les laisser faire leurs devoirs. On est toujours disponibles et on désire poursuivre notre implication avec Tennis Canada. On s’est également offert pour organiser des tournois provinciaux en 2019, même si le calendrier est déjà sorti. On va essayer d’être opportunistes », précise-t-elle. 

Des tournois juniors à Sherbrooke?

En effet, il est fort possible que Sherbrooke se retrouve au sein d’un autre circuit de tournois de développement.

« (...) nous souhaitons investir dans des circuits et tournois qui auront un meilleur retour sur l’investissement pour nos joueurs.  Des compétitions internationales chez les juniors serviront nos joueurs de la relève, tandis que les tournois de niveau Challenger bénéficieront aux joueurs débutant leur carrière professionnelle », peut-on également lire dans la lettre de Tennis Canada adressée à Tennis Sherbrooke. 

« L’ITF a amorcé son analyse il y a plusieurs années, et n’a dévoilé ses résultats que l’an passé. Encore là, on ne connaissait pas l’impact, en terme de points accordés, sur la série Futures. On aurait aimé la garder, cette série a donné beaucoup à nos jeunes joueurs, mais ce n’était plus possible », a dit Richard Quirion, en entrevue à La Tribune.

« L’ITF a constaté que la transition était difficile vers les professionnels, que ça prenait au moins cinq ans avant d’avoir un classement ATP intéressant. C’était la faille dans le développement, voilà pourquoi l’ITF a créé son circuit de Transition. Mais pas avec les mêmes points. »

« Le gagnant du tournoi à Sherbrooke récoltait 27 points ATP. Dès 2019, ça passait à cinq points pour le gagnant et trois pour le finaliste. On s’imagine que c’est pas mal moins attractif pour les jeunes joueurs. Par exemple, le gagnant de la Coupe Rogers empoche 1000 points, et pour le Challenger de Drummondville, c’est 90 points », a précisé Richard Quirion, en indiquant que Raphaël Nadal trône au sommet ATP avec quelque 7400 points.

« Les joueurs devaient faire partie du top 200 au monde pour espérer faire leur frais, pour une saison estimée à 40 000 $, sans les dépenses liées à un entraîneur. On va voir si le circuit de Transition sera plus profitable. »

L’organisation du tournoi sherbrookois nécessitait un budget estimé à 60 000 $. Des bourses d’environ 4000 $ étaient remises pour la relève tennistique.