Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures à l’UdeS, Pierre Cossette, recteur de l’établissement, Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique ainsi que Guy Hardy, député de Saint-François, ont uni leurs efforts pour le projet de construction d’un pavillon de médecine de précision à l’UdeS.

Sherbrooke, leader en médecine sur mesure

L’Université de Sherbrooke se dotera d’un pavillon de recherche en médecine de précision. Un investissement de 35,5 M$ de la part du gouvernement du Québec permettra à ce projet, sur lequel l’UdeS travaille depuis plusieurs années déjà, d’aller de l’avant.

« La médecine de précision, c’est tout un concept qui va nous permettre de passer de la médecine de masse – le même traitement pour tout le monde – à une médecine davantage individualisée. On veut arriver au point où on fait la bonne prescription au bon patient au bon moment. Ça nous permet d’éviter des effets secondaires, d’avoir la meilleure médicamentation, de guérir beaucoup plus rapidement », explique Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’UdeS.

Un exemple concret : la médecine de précision pourrait observer les cellules d’un patient donné pour déterminer les récepteurs qui s’y trouvent, afin de lui prescrire directement le type de chimiothérapie le mieux approprié à ses besoins.

Pour avancer en médecine de précision, plusieurs disciplines doivent travailler ensemble : la médecine, la biochimie ou la microbiologie, par exemple.

Mais aussi, l’informatique, qui permet de faire des liens importants entre les bases de données qui existent à propos de problématiques et de patients pour améliorer les traitements. « Sherbrooke est déjà un leader en informatique de la santé. Là, maintenant, on accélère ça. Ce sera le premier pavillon de médecine de précision et de recherche translationnelle en Amérique du Nord », se réjouit M. Perreault.

Quatre étages

Le pavillon sera situé près de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, en face de l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke, où on retrouve actuellement un stationnement. Il accueillera une cinquantaine de chercheurs ainsi que leurs équipes, et comptera quatre étages, chacun dédié à un usage principal : le numérique de la santé (2e étage), le vieillissement de la population (3e étage) et l’oncologie (4e étage).

Au premier, on retrouvera un grand hall et plusieurs salles multifonctionnelles. « Il faut s’imaginer, un peu comme on le voit dans les films, des murs de verre où les gens dessinent le prochain algorithme qui fera qu’on va mieux prescrire une chimiothérapie ou quelque chose du genre. Ce sera vraiment un endroit où les gens vont venir idéaliser de nouveaux projets. [...] Le but est de créer un environnement interdisciplinaire, où les gens vont réaliser une recherche translationnelle toujours dans le but d’aller faire avancer plus rapidement la médecine de précision », avance M. Perreault.

Le pavillon sera d’une valeur totale de 40 M$. On espère commencer la construction de celui-ci en 2019, et en ouvrir les portes en 2021 ou 2022.

Sherbrooke, chef de file

La combinaison entre médecine de précision et informatique, qui caractérise Sherbrooke, a séduit le gouvernement lorsqu’est venu le temps d’accorder du financement.

« Il y a des compétences, du talent et une vision ici à Sherbrooke dans le domaine de la médecine de précision », a rapporté la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation Dominique Anglade, aussi responsable de la Stratégie numérique, lors de l’annonce de l’investissement vendredi.

« Le projet faisait en sorte que non seulement c’était de la médecine de précision, mais il y avait aussi un volet de données qui allait être combiné, et ça rencontre directement les objectifs dont on s’est dotés dans le cadre de la Stratégie des sciences de la vie », a-t-elle ajouté.

« Soyons contents de tous ces talents qui viennent travailler pour nous. [...] Ce sont des investissements majeurs qui auront des retombées concrètes pour la région et le système de santé québécois », s’est pour sa part exclamé le député de Saint-François, Guy Hardy.