Pierre Tremblay
Pierre Tremblay

Sherbrooke forme un comité contre les odeurs d’épandage de fumier

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Dans le but d’assurer une cohabitation harmonieuse entre les citoyens et les activités en zones agricoles, la Ville de Sherbrooke met sur pied un comité de suivi. La Ville réagit ainsi à la suite de plaintes pour odeurs dans les secteurs de Deauville et Brompton l’été dernier.

Si des documents mis en ligne jusqu’à vendredi sur le site de la Ville de Sherbrooke laissaient croire qu’un agronome serait embauché pour réaliser une étude sur la question, c’est plutôt un comité auquel siégeront entre autres le comité de l’environnement, le ministère de l’Environnement, l’UPA, les agriculteurs concernés et les fournisseurs de produits d’épandage. La première réunion est prévue à la fin mars ou au début d’avril. 

« Je m’étais engagé à ce qu’on suive la situation de plus près. L’épandage de l’an dernier était légal, mais ne s’était pas fait dans les règles de l’art. On veut mieux encadrer l’épandage pour que ceux qui habitent proche des zones agricoles ne doivent pas subir des odeurs trop persistantes. Dans la situation que nous avons vécue, il n’y avait pas de mauvaise foi. Il n’y a pas un agriculteur qui fait exprès pour nuire à ses voisins », commente le conseiller Pierre Tremblay, qui avait déploré les problèmes d’odeurs dans son district du Lac-Magog. 

Le comité mis en place discutera des façons de disposer des produits d’épandage et d’éviter que des gens soient incommodés. « En assoyant tous les partenaires ensemble, nous trouverons une façon de faire », ajoute M. Tremblay. « C’est sur ce dossier que j’ai eu le plus de plaintes depuis que je suis en poste. »

Selon les documents publiés par la Ville de Sherbrooke, des matières résiduelles fertilisantes, soit des boues d’épuration d’Omerville, et des fumiers de porc déshydratés provenant de la municipalité d’Ange-Gardien, ont été épandus à Deauville. Ce sont les fumiers de porc qui seraient à l’origine des odeurs. Toutes les normes du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ont été respectées. Le niveau de phosphore était adéquat en fonction du plan agroenvironnemental de fertilisation.

À Brompton, un épandage de matières résiduelles fertilisantes de la station d’épuration de Granby a été réalisé. La norme de distance de 75 mètres avec les résidences a été respectée.

Concernant les matières résiduelles fertilisantes, les problèmes d’odeurs pourraient venir du fait que ces boues sont classées dans la mauvaise catégorie d’odeurs. Si les boues étaient de classe 3, plutôt que de classe 2, la distance à respecter avec les résidences serait portée à 500 mètres, sauf si la matière est enfouie rapidement. Dans le cas de Brompton, il aurait donc été impossible d’utiliser ces matières puisque la terre visée est entourée de résidences. 

La Ville pourrait aussi réglementer des dates d’interdiction d’épandage pour un maximum de douze jours par année, mais elle ne croit pas qu’un tel règlement aurait été efficace l’an dernier.