Le Consortium Vallée Verte attend toujours la réponse de Santé Canada au sujet de son projet de pôle scientifique et commercial visant à produire de l'huile de cannabis à des fins thérapeutiques.

Sherbrooke déjà engagée dans la filière du cannabis médicinal

Sherbrooke Innopole soutient qu'elle est déjà bien engagée dans la filière de la culture de cannabis à des fins médicinales.
La porte-parole de Sherbrooke Innopole, Marie-Ève Poliquin, rappelle qu'un projet a été annoncé en ce sens en mai dernier.
L'entreprise Neptune Technologie, l'Université de Sherbrooke et le Groupe DJB ont annoncé la création du Consortium Vallée Verte, un partenariat qui permet du même coup de créer un pôle scientifique et commercial, visant à produire de l'huile de cannabis à des fins thérapeutiques à Sherbrooke.
Rappelons que la municipalité de Weedon dans le Haut-Saint-François a annoncé, lundi, un projet de construction de plus de 200 millions $ pour la mise en place d'une serre de production de marijuana médicinale par les entreprises MYM Nutraceuticals de Vancouver et CannaCanada de Montréal.
« C'est une filière sur laquelle nous travaillons. Le projet de Weedon est un projet de production de masse, alors que le projet de Vallée Verte est davantage tourné vers la recherche et le développement de même que la transformation », mentionne Marie-Ève Poliquin.
Cette dernière signale qu'il faut cependant éviter de crier victoire trop vite dans ce type de projet utilisant le cannabis à des fins médicales qui demande l'approbation de Santé Canada.
« Pour le consortium Vallée Verte, la demande a été envoyée à Santé Canada. Ils attendent encore la réponse. Beaucoup de projets ont été soumis à Santé Canada, mais le nombre de permis qui sera émis n'est pas encore connu », indique Marie-Ève Poliquin.
Sherbrooke Innopole et la Ville de Sherbrooke ont participé à la création du Consortium Vallée Verte.
Les trois partenaires souhaitent « créer un pôle de recherche-développement en cannabis médical qui sera reconnu non seulement au Canada, mais aussi à l'échelle mondiale ». Ils précisent qu'ils « ne ménageront aucun effort pour respecter les règlementations très strictes de cette industrie ».
« Nous sommes ouverts à aider toute entreprise qui vient nous présenter un projet sérieux en ce sens. Ce type de projet s'inscrit dans la filière des sciences de la vie. Si les entreprises qui souhaitent s'établir à Weedon étaient venues nous voir, nous aurions été prêts à les aider même si à première vue, la disponibilité de vastes terres agricoles est moins évidente à trouver à Sherbrooke qu'à Weedon. Le potentiel de ce marché est énorme », convient Marie-Ève Poliquin.
S'inspirer de Weedon
Le préfet de la MRC du Haut-Saint-François, Robert Roy, estime qu'il faut s'inspirer de la municipalité de Weedon qui a réussi à convaincre des entreprises de croire en sa municipalité.
« Il faut rester prudent avec ce type d'annonce. Cependant, ça s'annonce bien. Si le projet se concrétise, ce n'est pas seulement Weedon qui va bénéficier du projet, mais toute la MRC. Il ne faut pas les jalouser, mais s'en inspirer », estime M. Roy.
Il souligne le travail du maire de Weedon Richard Tanguay qui a développé un plan d'affaires tourné vers le développement durable. « Weedon était prêt. Ils ont su convaincre les investisseurs de croire en leur municipalité. Ils ont monté un projet concret. Ils ont été patients et aujourd'hui, ça semble rapporter. En plus, ils ont un nom en lien avec leur projet qui ne s'invente pas », signale le préfet de la MRC du Haut-Saint-François.
L'exemple de Weedon pourrait servir notamment en matière de démarches pour attirer des investisseurs maraîchers ou forestiers.
« Plus de 85 pour cent de la MRC est constitué de forêts et de terres agricoles. Nous devons être aussi prêts à accueillir les projets de plus petites entreprises maraîchères qui souhaitent produire sur un ou deux hectares », indique Robert Roy.