Hélène Pigot, candidate à la mairie de Sherbrooke

Sherbrooke Citoyen veut s’attaquer à la collusion

Si elle est élue, Hélène Pigot entend mandater la vérificatrice générale de la Ville pour revoir les contrats accordés à des entreprises qui ont avoué avoir fait de la collusion dans d’autres municipalités. La candidate à la mairie du parti Sherbrooke Citoyen s’est également engagée à ne pas hausser le plafond des appels d’offres de 25 000 $ à 100 000 $, comme la loi 122 le permet maintenant.

« Il est essentiel de revoir les contrats accordés à ces firmes par la Ville de Sherbrooke. La commission Charbonneau a révélé que non seulement des entreprises faisaient de la collusion entre elles, mais qu’elles pouvaient aussi utiliser l’appareil municipal pour gonfler la facture finale, par les fameux “ extras ” », explique-t-elle.

« Il peut exister des différences notables entre les montants alloués en contrats à des firmes et les montants qu’elles ont finalement facturés. Il y aussi beaucoup de contrats de moins de 2000 $ qui n’apparaissent pas dans les listes de contrats qui ont été fournies par la Ville, à la demande du conseiller indépendant Marc Denault. Dans la liste des contrats d’asphaltage des dernières années, il manque même une année complète de données! Il est clairement temps de revoir ce dossier d’une manière plus systématique et transparente », insiste Mme Pigot, qui profite de cet engagement pour attaquer le maire sortant

« Bernard Sévigny aurait eu tout avantage à faire la lumière dans cette histoire. Rappelons que le parti de M. Sévigny a reçu, dès sa première élection en 2009, des contributions illégales d’une firme d’ingénieurs. Par ailleurs, lorsque le conseiller Marc Denault lui a demandé, l’année dernière, de présenter la liste des contrats donnés aux firmes d’ingénieurs, M. Sévigny a laissé traîner le dossier, avouant même avoir “ escamoté ” la Loi d’accès à l’information », rappelle-t-elle.

« Peu importent les raisons de M. Sévigny, force est de constater qu’il n’est absolument pas proactif dans ce dossier. Il s’est souvent dit satisfait du système d’appel d’offres à la Ville, et ce, même quelques semaines avant que la Ville ne soit contrainte de s’inscrire au programme de remboursement volontaire parce que Sintra avait avoué avoir fait de la collusion à Sherbrooke pour les contrats d’asphaltage », s’indigne Mme Pigot.

Selon Sherbrooke Citoyen, ce pourrait être jusqu’à 5 millions de dollars que la Ville de Sherbrooke pourrait récupérer d’entreprises qui ont obtenu, entre 1996 et 2013, plus de 35 M$ en contrats d’asphaltage.

« Pour arriver à ce chiffre, on a analysé les contrats de travaux de pavage de la Ville de Sherbrooke de 1996 à 2016, précise-t-elle. On a été très conservateur en ne prenant que 10 % de la facture en montant de collusion. Habituellement c’est 20 %. »

Sherbrooke Citoyen compte utiliser une partie de cette somme pour appuyer le travail de vérification des contrats qui sera demandé à la vérificatrice.

Un plafond maintenu à 25 000 $

Dans ce contexte, Mme Pigot estime qu’il est trop tôt pour hausser le plafond des appels d’offres de 25 000 $ à 100 000 $, tel qu’autorisé par la loi 122.

Cela signifierait que des contrats de ces montants pourraient être attribués de « gré à gré » par un simple fonctionnaire, sans que le conseil municipal n’assume ses responsabilités. Sherbrooke Citoyen a calculé que le relèvement du plafond aurait eu pour effet de faire passer de 20 % à 40 % la part des contrats accordés de gré à gré à certaines firmes d’ingénieurs pour les années 2011 à 2016.

« Peut-être qu’il n’y a pas de problème dans les contrats de la Ville, consent Mme Pigot. Si on emploie la méthode Sévigny, qui consiste à ne rien faire, on ne pourra que le présumer. Ce que nous proposons, c’est de prendre les moyens pour en avoir le cœur net. Par ailleurs, assainir dans le futur les pratiques d’obtention des contrats ne peut être que bénéfique pour tous les contribuables. » 

Avec Simon Roberge