La démarche qui conduira la Ville de Sherbrooke à se doter d’un plan régional des milieux humides et hydriques a été expliquée, lundi, par Lyne Dansereau, urbaniste-coordonnatrice à la Ville, Jean-Philippe Boyer, agent de projets en environnement, Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement, Karine Godbout, conseillère municipale et présidente du comité de l’environnement, ainsi que Chantal Pelchat, chargée de projets en environnement.
La démarche qui conduira la Ville de Sherbrooke à se doter d’un plan régional des milieux humides et hydriques a été expliquée, lundi, par Lyne Dansereau, urbaniste-coordonnatrice à la Ville, Jean-Philippe Boyer, agent de projets en environnement, Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement, Karine Godbout, conseillère municipale et présidente du comité de l’environnement, ainsi que Chantal Pelchat, chargée de projets en environnement.

Sherbrooke aura son plan des milieux humides

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Sherbrooke déposera son plan régional des milieux humides et hydriques d’ici le 16 juin 2022. L’outil, qui guidera la Ville dans les actions à poser pour protéger les milieux humides, sera étendu à tous les milieux terrestres. La Ville ne compte pas imposer de moratoire sur la construction dans les zones de milieux humides pendant la réalisation des travaux. Les citoyens seront consultés à plusieurs occasions dans la démarche.

« C’est une bonne chose pour Sherbrooke. Ça mènera à une stratégie de conservation locale et régionale de nos milieux humides », résume la présidente du comité de l’environnement à la Ville de Sherbrooke, la conseillère Karine Godbout.

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La démarche est obligatoire pour répondre aux exigences du ministère de l’Environnement et la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Elle se tient sous la supervision du Bureau de l’environnement et est réalisée en collaboration avec les autres MRC de l’Estrie pour une plus grande concertation. Karine Godbout, à titre de présidente du comité de l’environnement, Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, et Nicole Bergeron, présidente du comité consultatif agricole, siégeront au sein d’un groupe de travail qui portera sur les milieux hydriques.

Selon Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement, le plan permettra aussi de trouver de moyens pour préserver, mettre en valeur et pérenniser les milieux humides. « Il faudra favoriser l’atteinte d’aucune perte nette de milieux humides. Dans les basses terres du Saint-Laurent, au cours de 20 dernières années, c’est 19 % de la superficie totale des milieux humides qui a été perturbée. Ça montre l’importance de faire une meilleure gestion des milieux humides dès le départ. »

Mme Pelchat ajoute que la loi concernant la conservation des milieux humides permet de verser une compensation financière pour la perturbation de milieux humides. Il s’agirait toutefois d’une mesure de dernier recours si aucun autre mode de compensation n’est trouvé. Les montants ainsi recueillis sont versés dans un fonds au MELCC.

Jean-Philippe Boyer, agent de projets en environnement, précise que les fossés ne sont pas considérés comme des milieux humides. Selon lui, depuis l’industrialisation, ce sont 87 % des milieux humides qui ont été détruits au Québec. Il n’existe toutefois pas de données pour Sherbrooke. « Ces milieux ont un rôle de filtration de la pollution, de réduction de l’érosion, de régulation des niveaux d’eau et de séquestration du carbone. Une tourbière permet de séquestrer neuf fois plus de carbone qu’une forêt de taille semblable. »

À Sherbrooke, dix espèces animales et six espèces végétales à statut précaire vivent dans les milieux humides, dont le petit blangios, une espère de héron qu’on trouve au marais Réal-D.-Carbonneau.

Le plan régional, d’une durée de dix ans, sera superposé au schéma d’aménagement pour donner la priorité à certains projets de construction dans l’objectif d’éviter les pertes nettes. « La démarche pourrait mener à l’acquisition de terrains », dit M. Boyer.

Selon Chantal Pelchat, le MELCC ne recommande pas de moratoire sur la construction dans les milieux humides pendant la durée de la démarche. Les règles du ministère continueront de s’appliquer pour la compensation des milieux humides qui pourraient être détruits.

Les consultations publiques viendront au printemps, lors du lancement officiel de la démarche, fin mars ou début avril, mais aussi lors de la présentation du portrait de la situation (hiver 2021) et lors de l’élaboration d’une stratégie (automne 2021).

Le plan pourrait par ailleurs orienter le débat pour l’élaboration d’un nouveau schéma d’aménagement. Le schéma sherbrookois date de 2014.

Le sujet arrive à un curieux moment, alors que le conseil débat au sujet d’un projet résidentiel de 50 maisons près du chemin Rhéaume, dans une zone au potentiel écologique très fort. « La démarche avec le plan régional nous donnera les outils pour réfléchir notre territoire et nous donner des outils. Les dossiers sont traités à la pièce quand les promoteurs les déposent. Ça nous amènera à avoir une vision plus globale. Un projet comme celui du chemin Rhéaume qui serait déposé aujourd’hui ne serait pas acceptable ni bien accueilli. Dans ce cas-là, il y avait un engagement d’un conseil précédent », réagit Karine Godbout.

« Cette démarche nous amènera de grandes questions quant à la planification de notre territoire, dont l’étalement urbain. Ça ouvrira la discussion sur ces enjeux. »

Mme Gobdout s’attend néanmoins à trouver une oreille attentive chez ses collègues du conseil. « La démarche est concertée. À l’interne, plusieurs parties seront impliquées. Il y aura des questions sur la planification et le développement de notre territoire. Le comité consultatif d’urbanisme et le comité consultatif agricole seront impliqués. Ce dossier sera porté par plusieurs élus autour de la table. »

Chaque MRC bénéficie d’une aide financière de 83 300 $ pour réaliser la démarche. La Ville assumera des dépenses de 40 000 $.

Le COGESAF et le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie participeront à l’élaboration du plan.

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La consultation sur le chemin Rhéaume est reportée

La consultation publique prévue le 24 février à propos du projet résidentiel de 50 maisons à proximité du chemin Rhéaume est annulée pour le moment. Dans un document présenté lundi au conseil municipal, on évoque de nouveaux éléments techniques et juridiques.

« Par la présente, nous recommandons aux membres du conseil d’annuler cette séance de consultation publique. En effet, de nouveaux éléments techniques et juridiques ont été portés à notre connaissance et justifient ce report afin que le Service de la planification et de la gestion du territoire et le Service des affaires juridiques valident tous les scénarios possibles en regard de l’avenir de ce projet résidentiel approuvé », lit-on dans le document.

Un nouveau dossier devrait donc être présenté aux élus « dans les meilleurs délais ». 

Rappelons que le nouveau plan de lotissement du quartier en question prévoit 50 lots pour la construction et 1993 mètres de rue. Deux des dix-huit milieux humides sur le terrain seraient partiellement détruits par la trame de la rue proposée. Le déboisement serait limité à 3000 mètres carrés pour chaque terrain résidentiel. L’espace protégé aurait une superficie de 294 747 mètres carrés. Les promoteurs s’engagent à ce que les terrains soient grevés d’une servitude de conservation et d’une servitude de tolérance au bruit en raison de la présence à proximité de Saint-Élie Motorsports. Jonathan Custeau