Beaudin propose une politique pour la sécurité routière

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Beaudin propose une politique pour la sécurité routière

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Évelyne Beaudin demande que la Ville de Sherbrooke se dote d’une politique en sécurité routière. « Toutes les semaines, je reçois des messages de citoyens qui souhaitent qu’on améliore la sécurité dans les rues résidentielles », indique-t-elle.

« Encore récemment, un piéton a été happé mortellement sur la rue King Est. En Estrie depuis 2014, sept piétons ont été heurtés mortellement et 344 ont été blessés. Je me concentre sur les piétons parce que ce sont les usagers les plus vulnérables, suivis de près par les cyclistes. On constate une baisse des accidents entre voitures, mais une hausse des décès de piétons dans des accidents qui impliquent des voitures », a-t-elle énoncé lors de la période des messages au conseil municipal. 

« J’essaye de voir comment nous, comme ville, on peut tout faire pour éviter de tels drames. Malheureusement, beaucoup de gens ont l’impression qu’on ne les écoute pas. Quelqu’un est même allé jusqu’à peinturer un symbole dans sa rue. C’est peut-être parce qu’il y a un certain ras-le-bol. Les gens ont envie de se sentir en sécurité quand ils sortent de chez eux. On réalise que nous sommes tous des piétons à un moment ou un autre. J’ai l’impression qu’on a tendance à régler la situation au cas par cas. On gagnerait à réfléchir d’une façon plus globale sur le dossier. Il faudrait qu’on se dote d’une politique en sécurité routière, un peu à l’image de ce qui se fait à la Ville de Québec. En se fixant des objectifs, on va améliorer la sécurité sur notre territoire. » 

La présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, a invité Mme Beaudin a faire suivre le texte de son intervention à son comité. « Il faut dire que l’accident sur King Est, la personne traversait à un endroit où ne devait pas traverser. Ce n’est pas à cause de mauvaises indications de la Ville de Sherbrooke que cet accident est arrivé. Si les gens se permettent d’écrire dans les rues, oui peut-être qu’il y a un ras-le-bol, mais il faut se rappeler de suivre les canaux originaux. »

Des mesures de vitesses sur la rue des Épinettes

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Des mesures de vitesses sur la rue des Épinettes

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke a entrepris de prendre des mesures de vitesse sur la rue des Épinettes, dans le secteur Fleurimont, là où le citoyen Sylvain Davignon s’était vu remettre un constat d’infraction pour avoir peint l’indication « 30 km » sur la chaussée. Si M. Davignon a récidivé et obtenu un deuxième constat la semaine dernière, la présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, rapporte qu’un indicateur de vitesse sera installé mercredi.

« Je n’avais jamais reçu de demande pour la rue des Épinettes. Le Service de police de Sherbrooke non plus. Personne n’était au courant de ce qui pouvait se passer sur la rue des Épinettes », a indiqué Mme Berthold lundi.

« J’attends l’appel de M. Davignon. Déjà aujourd’hui (lundi), des mesures de vitesse sont prises par nos services. Un indicateur de vitesse sera installé mercredi. Peut-être que ça ne vaut rien, mais il faut commencer quelque part. On prend des mesures dès aujourd’hui. » 

Danielle Berthold a rappelé qu’il était toujours préférable de passer par les canaux officiels pour se faire entendre. 

Sylvain Davignon, lui, a récidivé la semaine dernière. Il rapporte avoir inscrit « 30 km » en juin dans sa rue et que cette signalisation maison avait entraîné un ralentissement des automobilistes. Avisée du geste, la Ville avait effacé le marquage illégal.

Son deuxième constat de 489 $ lui a été remis pour le mot « Ralentissez », qu’il avait peint sur un panneau posé au sol. 

« La première contravention, je l’ai payée, mais la deuxième, je vais la contester. Les policiers m’avaient dit que je n’avais pas le droit de changer la limite de vitesse moi-même, donc j’ai seulement écrit ralentissez. La prochaine fois, je vais utiliser de la craie », raconte-t-il. 

Il ne compte plus écrire des mots sur la chaussée pour communiquer avec les automobilistes, mais il dessinera de manière à attirer l’attention.

La Ville pourrait décider d’afficher l’oeuvre d’Ultra Nan sur le climat

Sherbrooke

La Ville pourrait décider d’afficher l’oeuvre d’Ultra Nan sur le climat

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les élus pourraient décider de ne pas suivre la recommandation de la commission des arts visuels de la Ville de Sherbrooke et d’afficher l’œuvre d’Ultra Nan sur les changements climatiques dans la salle du conseil municipal. Le maire Steve Lussier a à tout le moins laissé une porte ouverte lundi au conseil municipal, après une intervention de la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout.

Au début du mois de septembre, le président du comité de la culture, Paul Gingues, indiquait que l’œuvre signée par plus de 1800 enfants et offerte aux élus en février ne faisait pas partie de la collection d’œuvres d’art de la Ville. Par conséquent, la commission des arts visuels ne recommandait pas de l’afficher dans la salle du conseil. Il était alors évoqué la possibilité d’en projeter une photo parmi les images de la Ville diffusées sur un écran pendant les conseils municipaux. 

À ce moment, les conseillères Évelyne Beaudin et Annie Godbout avaient montré leur inconfort. Karine Godbout a joint sa voix à celle de ses collègues lundi. 

« La première chose que j’ai faite pour mieux comprendre ce dossier a été d’appeler mon collègue Paul Gingues. Il a eu une ouverture de trouver une façon simple de répondre aux demandes des citoyens. Dans ce dossier, dans le mandat de départ, peut-être naïvement, j’ai pensé que le mandat de la commission des arts visuels était plutôt de nous dire où on pouvait mettre l’œuvre dans le conseil municipal parce qu’elle est offerte comme un aide-mémoire au conseil. Finalement, il y a eu une analyse complète. »

« Pour moi, il était clair que le conseil était très touché par cette œuvre collective. Je pense qu’il y a lieu de se requestionner à la suite de la recommandation. Je souhaite dire que je suis une alliée dans ce dossier. On cherche des solutions et des façons de répondre à la demande initiale des citoyens et du groupe d’élèves. Il faut juste voir comment on peut matérialiser tout ça. Je vous demande un peu de patience pour qu’on puisse faire cheminer ce dossier et répondre à vos demandes. »

Steve Lussier verrait bien la toile sur un chevalet, comme le proposait Annie Godbout il y a deux semaines. « Je ne pense pas que beaucoup d’élus vont s’opposer à avoir la toile sur un chevalet dans le hall d’honneur ou au conseil municipal. On s’était fait prendre en photo tous les élus ensemble. Je trouvais que ça envoyait un message très fort aux jeunes. On se devait d’aller plus loin dans le raisonnement. Je vous confirme que de mon côté, la toile pourrait être sur un chevalet. »

La recommandation de la commission des arts visuels avait été plutôt mal reçue par le groupe Urgence climatique Sherbrooke. Dans une lettre acheminée à La Tribune, Stéphanie Leclerc, porteuse du dossier, estime que la Ville n’encourage pas la participation citoyenne.

« Nous sommes déçus de la décision, de sa portée symbolique, mais aussi de l’absence de communication de la part de la Ville. Nos courriels sont restés sans réponse et il aura fallu La Tribune pour nous apprendre l’état du projet dans lequel nous avons investi des centaines d’heures », écrit-elle. 

Nommant d’autres projets pour lesquels les citoyens n’ont pas eu de suivi, comme celui des rues partagées, Mme Leclerc qualifie la Ville d’éteignoir. « Si Sherbrooke tient à la participation citoyenne, elle fait fausse route en multipliant les rendez-vous ratés. Plus que tout, quel message envoie la ville aux enfants qui ont signé la toile? Pour la majorité, c’était leur première expérience citoyenne. »

Elle conclut en mentionnant que la confiance en un partenariat avec la Ville commence à se faire rare. 

Boulevard René-Lévesque : 92 logements plutôt qu’une station-service

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Boulevard René-Lévesque : 92 logements plutôt qu’une station-service

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Les citoyens ne voulaient pas d’une station-service devant l’école de la Croisée, sur le boulevard René-Lévesque. Le promoteur propriétaire du terrain vacant du secteur Rock Forest s’est adapté et revient à la charge avec un projet d’immeuble de six ou sept étages comptant 92 logements et quatre commerces de proximité. 

Une demande d’amendement au zonage a été déposée lundi au conseil municipal pour permettre ce nouveau projet à l’angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Matisse.

La conseillère Annie Godbout a remercié le promoteur Luc Élias pour son ouverture. « La première fois que j’ai vu le projet, j’ai été déstabilisée. Il est plutôt rare qu’on ait des édifices en hauteur dans le secteur de Rock Forest. On l’a regardé de long en large, de haut en bas. J’ai posé beaucoup de questions par rapport à la circulation, par rapport à la tranquillité. Le premier étage serait du commercial pour garder une mixité. Commerce Sherbrooke avait proposé des commerces dans ce secteur. C’est beaucoup souhaité d’avoir des milieux de vie intéressants. J’ai hâte de voir les réactions des citoyens. Tout le monde en bout de piste a fait wow. C’est un beau projet. Je suis heureuse du dénouement. »

Jusqu’à maintenant, seuls les usages de commerce de détail et service et commerce relié au débit d’essence étaient autorisés. Il était aussi permis d’aménager un maximum de huit logements en mixité, c’est-à-dire que les logements ne pouvaient pas se situer au sous-sol ou au rez-de-chaussée. Des citoyens ont toutefois fait part de leur inquiétude de voir ces types de commerce s’installer devant une école primaire.

Les documents municipaux déposés lundi font état d’un projet préliminaire dans lequel le nombre d’étages varie de six à sept et qui compte 110 cases de stationnement, dont 49 à l’intérieur. 

On y rapporte aussi que la présence de l’école, qui a une superficie importante, « amène une cohérence en termes de gabarit similaire en périphérie du carrefour giratoire ». La présence d’une bande zonée « conservation du milieu naturel » assurerait une transition avec les zones d’habitation contiguës derrière le futur bâtiment. 

Présidente par intérim du comité consultatif d’urbanisme, Danielle Berthold explique la quantité de travail pour assurer ce revirement de situation de la part du promoteur. « Souvent on pense que quand les dossiers arrivent à l’urbanisme, c’est ce qui doit être accepté. Il faut prendre en compte que bien des fois, nos services font des pieds et des mains. On revoit le projet à plusieurs occasions. On retourne voir le promoteur pour que les exigences rencontrent le souhait des membres du comité consultatif d’urbanisme. Ce n’est pas vrai que les choses sont faites rapidement. C’est analysé pour que les deux parties en aient pour leur argent. »

La conseillère Évelyne Beaudin a précisé que le changement de zonage nécessaire à ce projet résidentiel s’appliquerait également à l’autre terrain commercial situé dans le même carrefour giratoire, également au coin de la rue Matisse et du boulevard René-Lévesque, si bien que la possibilité de voir une station-service dans ce secteur serait complètement éliminée. 

Le maire Steve Lussier a indiqué que le promoteur avait été à l’écoute. « Le projet sera peut-être encore modifié un peu. »

Rapport de la vérificatrice générale : Une gestion des cartes d’achat inhabituelle à Sherbrooke

Sherbrooke

Rapport de la vérificatrice générale : Une gestion des cartes d’achat inhabituelle à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Un employé sur quatre à la Ville de Sherbrooke dispose d’une carte de paiement au nom de la Ville, ce qui favorise, selon la vérificatrice générale Andrée Cossette, une culture de « dernière minute » dans les achats et prive la Ville d’économies de plusieurs milliers de dollars. Au moment de déposer son rapport annuel, lundi, la vérificatrice générale a qualifié cette façon de faire d’inhabituelle et préoccupante. Elle répète encore cette année que les mécanismes de contrôle internes à la Ville sont déficients et que la reddition de comptes n’est pas appropriée.

De façon générale, Andrée Cossette estime que la Ville de Sherbrooke a beaucoup de pain sur la planche pour changer la culture organisationnelle et se donner des outils pour mieux contrôler les dépenses.

Elle relève par exemple que les 330 détenteurs de cartes d’achat à la Ville, soit le quart des employés, dépensent annuellement pour 5 M$ en biens et services sans qu’un contrôle adéquat ne soit mis en place. En quatre ans, entre 2015 et 2018, ce sont 100 000 transactions, pour un total de 23,3 M$, qui ont été enregistrées. 

Ces cartes d’achat servent en théorie aux dépenses de moins de 2000 $ chaque jour. La moyenne d’achat annuel pour chaque détenteur, en 2018, était de 15 594 $.

On note néanmoins que 112 transactions ont dépassé le maximum quotidien de 2000 $ en 2018. « J’ai constaté que les règles encadrant les achats sont peu connues par les différents services », écrit-elle dans le rapport. 

Mme Cossette signale que certaines factures ont été fractionnées pour répartir les montants, si bien qu’on retrouve neuf fois le même montant, la même journée, pour le même fournisseur, sur trois cartes d’achat, et vingt fois le même montant, la même journée, pour un même fournisseur.

Dans un autre cas, la carte d’un employé ayant quitté la Ville depuis 14 mois n’a toujours pas été annulée.

Parmi les dépenses relevées sur les cartes de crédit, notons des dons à la suite d’un décès, l’achat de chèques-cadeaux pour souligner le départ d’un employé et l’achat de fleurs pour des événements marquants vécus par les employés. Aucune procédure n’encadre non plus les frais de repas et de représentation alors qu’ils représentent 700 000 $ pour une période de quatre ans.

« L’idée est d’avoir une politique de ce qu’on permet et de ce qu’on ne permet pas. En ce moment, c’est différent d’un service à l’autre. Les frais de représentation devraient être centralisés à la mairie et il faudrait uniformiser le type de cadeaux qu’on fait. C’est de l’argent public qu’il s’agit », commente Andrée Cossette, qui considère qu’on a carrément contourné les règles pour acquitter certaines factures. 

La vérificatrice générale estime qu’il y a des économies à réaliser en regroupant certains achats de manière à obtenir de meilleurs prix. 

« La conclusion à laquelle j’arrive, en matière d’approvisionnement, c’est qu’il y a un manque de planification. Les urgences devraient demeurer des exceptions. Dans les trois autres villes avec lesquelles j’ai fait des comparaisons, le nombre d’utilisateurs de cartes d’achat est plus bas. Je ne dis pas qu’il y a de la négligence, mais que la culture doit changer. Ce n’est pas ce que les bonnes pratiques recommandent. Il n’est pas dans la culture de passer par le centre d’approvisionnement. C’est beaucoup, 330 cartes et 5 M$ en dépenses. »

Parmi ses 16 recommandations sur le sujet, la vérificatrice générale propose de limiter le nombre de détenteurs de cartes, d’examiner le processus d’acquisition des biens et services et de mettre à jour les politiques pour la participation à des congrès, colloques, formations, pour les frais de repas et l’achat de boissons alcoolisées. Elle propose aussi d’examiner les occasions d’aller en appel d’offres. 

Mme Cossette compte d’ailleurs s’intéresser aux dépenses de 25 000 $ et plus dans un prochain mandat, soit les dépenses qui, souvent, passent par un appel d’offres.

Rémi Demers veut en finir avec les bâtiments abandonnés

sherbrooke

Rémi Demers veut en finir avec les bâtiments abandonnés

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Aucune activité dans un ancien lave-auto de la rue Bowen depuis 1997. Pas de commerces dans un ancien garage de la même rue, un peu plus au sud, depuis près de 20 ans. Le conseiller du district de l’Hôtel-Dieu, Rémi Demers, en a assez de voir des propriétaires « négliger » des bâtiments au cœur de la trame urbaine sherbrookoise. Il souhaite que la Ville se dote de mesures pour forcer la main des propriétaires « inactifs ».

« Il existe sur notre territoire beaucoup de bâtiments abandonnés », a commencé M. Demers la semaine dernière au conseil municipal. 

« Dans le district de l’Hôtel-Dieu, c’est devenu la légendaire station-service, au coin de Bowen Sud et Caen. Il y a aussi le lave-auto au coin du boulevard Saint-François et Conseil. À quelques occasions, je suis intervenu auprès des services d’urbanisme pour qu’ils puissent regarder ces situations. Il semble qu’on n’ait pas tout le pouvoir réglementaire d’intervenir. Je voudrais qu’on revérifie cette question et qu’on nous revienne au bénéfice des citoyens sherbrookois. »

M. Demers indique que selon lui, l’article 145.41 de la loi sur l’aménagement et l’urbanisme donnerait des possibilités à la Ville d’avoir plus de pouvoir d’intervention. « J’aimerais que nos services juridiques regardent avec nos services d’urbanisme pour intervenir auprès des propriétaires qui négligent leur propriété. »

Dans l’article de loi en question, on précise que le conseil d’une municipalité peut « établir et prescrire des mesures relatives à l’occupation et à l’entretien des bâtiments » et que la Ville peut exiger des travaux de réfection, de réparation ou d’entretien. Si le propriétaire ne réalise pas les travaux demandés, la Ville peut les effectuer et réclamer leur coût au propriétaire.

À la demande d’entrevue formulée au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, La Tribune n’a reçu qu’une courte réponse par courriel. « Les discussions et analyses sont toujours en cours au sujet des immeubles vétustes. Le conseiller Demers et l’ensemble du conseil auront un suivi sur ce dossier dans les prochaines semaines. »

La présidente par intérim du comité consultatif d’urbanisme, Danielle Berthold, mentionne que le sujet a été abordé au comité exécutif et qu’un mandat a été donné au Service des affaires juridiques pour voir comment le règlement municipal à ce sujet peut être resserré. 

La Tribune s’était intéressée au dossier, en 2016, et avait ciblé une dizaine de bâtiments placardés ou n’ayant fait l’objet d’aucun projet depuis plusieurs années. Le garage et le lave-auto de la rue Bowen étaient du lot. En 2016, La Tribune écrivait que la Ville disposait de peu de pouvoir d’intervention auprès des propriétaires d’immeubles s’ils paient leurs taxes et s’ils entretiennent leur propriété. À l’époque, une étude interne avait été demandée pour que la Ville étudie la possibilité de se donner des pouvoirs d’expropriation. On précisait que cette mesure pouvait être coûteuse pour la Ville, mais que le changement réglementaire été possible sans attendre l’autorisation de Québec. 

« Il y a aussi l’enjeu de la décontamination qui peut poser des problèmes. Je ne me rappelle pas qu’il y avait une étude interne qui avait été réalisée et nous n’avons pas eu de suivi là-dessus. J’avais lâché prise un peu parce qu’on me disait qu’on n’avait pas de pouvoir réglementaire. Je relance le dossier, pas seulement pour mon district, mais au bénéfice de tous les citoyens », rapporte Rémi Demers.

L’œuvre d’Ultra Nan sur le climat ne sera pas exposée au conseil municipal

Sherbrooke

L’œuvre d’Ultra Nan sur le climat ne sera pas exposée au conseil municipal

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La toile de l’artiste sherbrookois Ultra Nan signée par 1800 jeunes et offerte au conseil municipal par Urgence climatique Sherbrooke ne sera pas exposée dans la salle du conseil. Elle pourrait toutefois être installée dans les locaux de la Ville, par exemple au Bureau de l’environnement. C’est du moins la recommandation de la Commission des arts visuels. 

L’œuvre avait été dévoilée en février alors qu’Urgence climatique Sherbrooke invitait la Ville à indiquer dans chacun de ses documents d’aide à la décision l’impact environnemental des projets qui doivent être approuvés par les élus. 

« Nous avons décidé, puisque ça ne peut pas faire partie de la collection d’art de Sherbrooke, de voir si on peut projeter une photo de l’œuvre parmi les photos qui défilent lors de nos séances du conseil. On regarde la possibilité d’installer cette œuvre dans un des bureaux de la Ville, à titre d’exemple, dans les locaux du Bureau de l’environnement » a annoncé le conseiller Paul Gingues, président de la Commission des arts visuels. 

Sa collègue Évelyne Beaudin s’est montrée déçue de cette décision. « Beaucoup d’enfants s’étaient déplacés au conseil municipal et souhaitaient la voir affichée. Je peux comprendre que la commission des arts visuels pose un regard très artistique selon les normes et standards du domaine. Je ne veux pas relancer le débat très épineux, mais on a décidé de conserver le crucifix en disant que c’était de l’art et que c’était important. Pour moi, cette œuvre est très importante pour sa symbolique. Je voulais suggérer qu’on puisse revoir l’ensemble des œuvres qui sont affichées dans le conseil municipal. » 

Mme Beaudin qualifie l’enceinte du conseil municipal d’austère. « Si on faisait une rotation, on pourrait afficher l’œuvre d’Ultra Nan et on ne serait pas obligés de la garder pour toujours. » 

Annie Gobdout abondait dans le même sens. « On comprend qu’il y avait un regard expert. C’est la symbolique qu’il faut retenir. Ce que je proposerais, c’est de mettre l’œuvre sur un chevalet pour le restant du mandat. Pour moi, c’est aussi important pour chaque décision que nous prenons que nous soyons conscients des enjeux environnementaux impliqués. Nous pourrions bonifier nos sommaires décisionnels. C’est une voie rigoureuse pour prendre une décision éclairée. » 

Le maire Steve Lussier précise que la décision finale du conseil n’est pas prise quant à la place qu’occupera l’oeuvre et qu’elle pourrait même être installée dans la salle du conseil.

Le ratio d’endettement de Sherbrooke atteint 104 %

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Le ratio d’endettement de Sherbrooke atteint 104 %

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le ratio d’endettement de la Ville de Sherbrooke, à la lumière des données financières de 2019, atteint 104,8 %. Ce chiffre, plus élevé que par les années passées, est attribuable à la révision de la politique de la gestion de la dette, qui ne tient plus compte des mêmes données qu’auparavant. La directrice du Service des finances de la Ville, Nathalie Lapierre, vulgarise la façon de calculer ce ratio et précise que le maximum à ne pas dépasser est désormais fixé à 110 %.

Le ratio d’endettement de la Ville permet une gestion adéquate de la dette, de limiter les risques financiers, et fournit un cadre d’aide à la décision au moment d’engager des dépenses qui seront étalées dans le temps, autrement dit, avant de contracter des emprunts.

« Ce qui est nouveau, c’est que nous avons raffiné la définition du revenu qu’on utilise dans le calcul du ratio. Avant, nous calculions l’endettement par rapport aux revenus de fonctionnement et des revenus d’investissements. Nous avons maintenant retiré les revenus d’investissements, qui sont en fait les subventions sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. On a cru bon d’évaluer notre capacité d’emprunter par rapport à notre capacité à générer des revenus qui sont prévus », explique Mme Lapierre. 

Pour justifier la nouvelle procédure, Nathalie Lapierre y va d’une comparaison. « Quand on achète une maison, on tient compte de notre salaire. Si quelqu’un nous fait un don, on ne peut considérer que c’est un revenu récurrent. C’est la même chose pour les subventions. Nous ne calculons pas comme ça pour bien paraître, mais parce qu’on veut que le ratio soit vraiment basé sur ce qu’on contrôle. » 

Sont aussi exclus du calcul les transferts provenant du gouvernement fédéral et les revenus de la cryptomonnaie, qui ne sont pas assurés.

Cette nouvelle méthode de calcul donne un ratio d’endettement de 104,8 % avec les chiffres de 2019 alors qu’il aurait été de 96,4 % avec l’ancienne formule.  

« C’est un encadrement qui va dicter les niveaux d’investissement qu’on pourra faire dans les prochaines années. Il faut surveiller les dépenses et les revenus adéquatement, parce que dans le contexte de la pandémie, nous ne savons pas précisément comment nos revenus évolueront. Parallèlement, nous nous devons de garder nos infrastructures dans un état fonctionnel. »

Les difficultés résident dans le fait que les besoins sont infinis, selon Mme Lapierre, mais que les moyens sont limités. « Il faut aussi tenir compte du fait que l’endettement survient environ deux ou trois ans après qu’on ait dit oui à un projet, soit au moment où on réalise les investissements. Environ 63 % des dépenses sont engagées dans les deux premières années, mais ça en fait beaucoup qui arrivent plus tard. On essaie donc de prévoir ces dépenses dans le temps et du même coup, combien de projets seront acceptés et comment les revenus évolueront. »

En prenant l’exemple sur d’autres villes, une des façons de réduire l’endettement sera de payer une partie des immobilisations en argent comptant. « Le contexte de la pandémie fragilise toutefois ces actions que nous souhaitons poser. »

Pour la préparation du budget 2021, Nathalie Lapierre explique que le niveau d’investissement acceptable a été établi. « Maintenant, ce sera aux élus de décider. Le ratio nous impose des choix à partir du moment où nous sommes bien informés. Ce qui est rassurant, c’est que nous avons un cadre pour affronter les défis qui s’en viennent. »

Les élus réagissent

La conseillère Évelyne Beaudin s’est dite heureuse de cette nouvelle politique. « Pour moi, la véritable gestion de la dette, c’est d’être capable de dire non à des beaux projets. J’ai l’impression qu’on ne dit pas souvent non à des projets, surtout des projets majeurs. C’est facile de dire qu’on met les dépenses au budget d’immobilisation pour étaler les paiements sur 25 ans. C’est peut-être ce raisonnement qui nous a menés à la situation financière actuelle. Il faudra s’obliger à respecter le plafond qu’on s’est donné et respecter notre rythme d’investissement. »

Mme Beaudin suggère de faire contribuer davantage les promoteurs, en partie responsables de l’étalement urbain selon elle, pour l’entretien des infrastructures. 

« Si on continue de ne rien faire, on va atteindre le plafond et on ne sera pas plus avancés. »

Marc Denault estime quant à lui que la priorité du comité de performance organisationnelle, ou comité des finances, « doit être de faire une priorité de l’évolution de la dette et de nous donner une idée du pouvoir, de la marge de manœuvre que la Ville a. On doit nous donner un rapport périodique au conseil municipal sur l’évolution de l’endettement et la vision à moyen et long terme. »

Pierre Avard souhaite que Sherbrooke se compare aux autres villes. « Cette politique doit avoir un caractère contraignant pour tous les projets qu’on a. Je suis pour, mais il faut aussi prendre conscience que la décision qu’on prend ce soir, il faudra l’appliquer pour le futur. »

Le maire Steve Lussier indique qu’il faudra s’en tenir à cette vision lors de l’élaboration du budget. 

Nicole Bergeron a rappelé que les élus étaient imputables pour les décisions budgétaires. « Ce ne sont pas les fonctionnaires qui décident du budget d’immobilisation et du budget de fonctionnement ou qui décident des priorités. Nous avons tous une part de responsabilité. On a beaucoup de pain sur la planche et beaucoup de besoins. Il faut y aller selon notre capacité à livrer, à payer. Je trouve important qu’on se lance un message et qu’on se donne la main. »

9300 $ pour le contrat de communication sur les crédits de taxes

Sherbrooke

9300 $ pour le contrat de communication sur les crédits de taxes

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Ce sont finalement 9326,77 $ que la Ville de Sherbrooke a dépensés auprès de la firme de communication Flanagan relations publiques pour l’appuyer dans le dossier des crédits de taxes accordés aux entreprises. Le mandat fait état d’une quarantaine d’heures de travail.

La conseillère Évelyne Beaudin avait dénoncé sur Facebook le recours à une firme de communication, estimant que le maire Steve Lussier avait peur de perdre le contrôle du message.

Dans la facture, la firme de relations publiques énumère parmi ses tâches la rédaction d’un PowerPoint, la rédaction d’un argumentaire, d’un communiqué et d’un mot du maire. 

Même si la première intervenante mentionnée sur la facture est la directrice du cabinet du maire, Julie Vinette, le contrat a été octroyé par la direction générale. « C’est eux qui ont choisi la firme. Ça prenait une firme qui comprenait la scène municipale, qui comprenait ce dossier qui représente quand même 75 M$. Dans la normalité des choses, parce qu’il y avait des vacances aux communications, il fallait aller à l’externe. Oui, il y a eu des contacts avec mon cabinet pour l’arrimage. C’était un dossier fort complexe pour lequel il fallait des gens d’expérience », explique le maire Steve Lussier.

Est-ce à dire que les employés du Service des communications n’ont pas l’expérience nécessaire? « Les gens au Service des communications travaillent très bien. C’est seulement que la direction générale avait besoin d’aide. Ce n’est pas la première fois. Dans le contexte, c’était le bon choix. Il y avait énormément d’entreprises mêlées à ça. »

Évelyne Beaudin persiste et signe. « Ça m’apparaît comme une dépense superflue. Les gens au conseil ont souvent dit qu’il n’y a pas de petites économies et ça ne semble pas clair de savoir si la firme a été embauchée par la direction générale ou le cabinet de la mairie parce que le premier contact de la firme, selon la facture, est la directrice du cabinet. Ça confirme qu’il y a une confusion des genres, d’autant qu’il y a eu la rédaction d’un mot pour le maire. Ce travail doit être fait par le cabinet ou le Service des communications. Ça donne l’impression que l’administration franchit parfois une frontière en faisant de la politique. »

Mme Beaudin ne croit pas le maire quand il avance que cette dépense est justifiée par les vacances des employés aux communications.

« Qu’on tente de couvrir cette crise est un problème et démontre que le maire se soucie plus de son image publique que du bien commun. »

Rappelons que la Ville doit faire passer le plafond des crédits de taxes accordés aux entreprises d’ici 2031 de 28 à 75 M$ pour honorer ses engagements. La Ville estime que les revenus engrangés pendant cette période, grâce aux entreprises concernées, seraient de 147 M$.

COVID : Le manque à gagner moins important que prévu à Sherbrooke

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COVID : Le manque à gagner moins important que prévu à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le manque à gagner attribué aux dépenses ou aux pertes de revenus liées à la COVID-19 sera moins important que prévu à la Ville de Sherbrooke. C’est du moins ce qu’avance le maire Steve Lussier, interrogé sur l’état des dépenses de fonctionnement.

En date du 15 juillet, dans un document obtenu en vertu de la Loi d’accès l’information, on constate que la Ville de Sherbrooke a approuvé des dépenses de 956 000 $ plus élevées que ce qui était prévu dans le budget 2020. Ce montant est dopé par les dépenses nécessaires pour la tenue des camps de jour malgré la COVID, soit 621 000 $. Cette somme devrait être compensée par un revenu.

Bris d’une conduite d’eau au centre-ville

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Bris d’une conduite d’eau au centre-ville

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
La Ville de Sherbrooke a eu fort à faire au cours des dernières heures en procédant à la réparation de deux bris sur des conduites majeures de son réseau d’aqueduc.

Si le service des infrastructures avait déjà planifié les travaux pour réparer une brèche faite à la conduite principale entre le lac Memphrémagog et l’usine de traitement J-M.Jeanson, une fuite majeure qui s’est déclarée sur une conduite centenaire au centre-ville de Sherbrooke est venue perturber la séquence jeudi matin.

Ce bris d’une conduite de dix pouces en fonte au coin des rues King Ouest et Camirand a entrainé des problèmes de circulation.

Le directeur par intérim au service des infrastructures à la Ville de Sherbrooke, Michel Cyr, explique que les employés municipaux sont rapidement intervenus.

« Une fuite a été détectée par notre système d’alerte vers 6 h 20. Nos employés déjà au travail à cette heure-là ont pu intervenir rapidement », explique M. Cyr.

La rue King en direction est a été fermée entre les rues Belvédère et Camirand toute la journée.

La fuite d’eau a été détectée et l’eau déviée par la division des eaux de la Ville de Sherbrooke.

« La fuite a été localisée près d’une borne-fontaine. L’approvisionnement en eau a été fermé par des valves situées à proximité. Le secteur touché a pu ainsi être isolé pour permettre les travaux d’excavation. La présence de fils de Bell et d’Hydro-Sherbrooke pour les feux de circulation a complexifié la tâche de notre équipe », explique Michel Cyr de la Ville de Sherbrooke.

Les Sherbrookois invités à réduire leur consommation d’eau potable

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Les Sherbrookois invités à réduire leur consommation d’eau potable

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La réparation d’une conduite d’adduction d’eau brute amenant l’eau du lac Memphrémagog vers le réservoir J.-M.-Jeanson pousse la Ville de Sherbrooke à demander à ses citoyens de limiter leur consommation d’eau potable. Cette directive sera en vigueur à compter du jeudi 17 septembre, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

« Pendant les travaux de réparation, nous devrons nous servir des réserves de la municipalité pour alimenter l’ensemble des résidences du territoire. Les bassins sont remplis à pleine capacité et nous n’entrevoyons aucun problème de distribution pendant la quinzaine d’heures que devraient durer les travaux », a indiqué le chef de la Division de la gestion des eaux et de la construction, Jean-Pierre Fortier, dans un communiqué.

La Ville demande donc de repousser les activités qui ne sont pas nécessaires, comme l’utilisation du lave-vaisselle ou du lave-linge, si elles impliquent l’usage de l’eau potable. Toute utilisation extérieure sera interdite.

Aucune baisse de pression ne devrait être perceptible et il ne sera pas nécessaire de faire bouillir l’eau, puisque la conduite achemine de l’eau non traitée vers l’usine.

Respect des règles sanitaires : aucun constat encore émis à Sherbrooke

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Respect des règles sanitaires : aucun constat encore émis à Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Aucun constat d’infraction n’a encore été donné à Sherbrooke en vertu des nouvelles mesures plus coercitives concernant le port du couvre-visage adopté la fin de semaine dernière par le gouvernement du Québec.

Au cours de la fin de semaine, le Service de police de Sherbrooke a reçu 11 signalements en lien avec le port du masque et la distanciation physique.

« Un individu s’est vu refuser l’accès à un dépanneur par le commis parce qu’il ne portait de masque. Il a quitté les lieux. Une fois interpellé par nos agents, mais il n’y a eu aucun constat d’émis », explique la porte-parole du SPS, Isabelle Gendron. 

Elle explique que les patrouilleurs du SPS ont reçu la directive de faire preuve de discernement d’y aller avec une gradation dans leurs interventions lorsqu’ils doivent intervenir pour ce type d’appel.

Comme c’est le cas depuis la mise en place des règles sanitaires de la santé publique, la sensibilisation et l’information sont privilégiées dans un premier temps.

Advenant un refus d’obtempérer ou d’une récidive, les policiers informent le récalcitrant des conséquences pénales du refus de se conformer et que les amendes peuvent aller jusqu’à 6000 $.

Ce n’est qu’après ces interventions qu’un constat d’infraction, habituellement de 1000 $, dans un premier cas est donné.

En point de presse la semaine dernière après l’annonce de ces mesures plus coercitives par le premier ministre François Legault, le directeur du SPS, Danny McConnell avait mentionné qu’il était simple de ne pas recevoir de constat d’infraction.

« Ce qu’il faut respecter demeure assez simple, soit de respecter la règle du deux mètres et porter le masque lorsque l’on ne peut s’y conformer ou à l’intérieur des endroits publics. »

Depuis le 20 juillet dernier, le SPS est intervenu à 79 reprises lors de rassemblements. Treize constats d’infraction ont été remis lors de 45 interventions pour le non-respect du port du couvre-visage aux propriétaires du commerce qui ne faisait pas appliquer la réglementation.

Le nouveau décret permet aux policiers de remettre les constats d’infraction directement aux individus.

Une semaine de travaux sur le boulevard Bourque

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Une semaine de travaux sur le boulevard Bourque

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Un nouveau chantier s’ajoute dans le secteur Rock Forest, alors que les bretelles d’accès au coin du boulevard Bourque et de la rue du Haut-Bois seront condamnées. La Ville de Sherbrooke estime qu’il faut prévoir une semaine de travaux à cet endroit. 

« Ce sont des travaux qui sont temporaires parce que nous avons un mégachantier qui s’en vient dans les prochaines années. Nous reverrons l’ensemble de l’intersection. Pour l’instant, ce n’est que l’enlèvement des bretelles pour sécuriser les traverses de piétons et de cyclistes », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.

On prévoit une semaine de travaux avec des ralentissements, mais il n’y aura pas de fermetures de voies. Des signaleurs sont sur place pour diriger les automobilistes.

« Le phasage des feux de circulation sera modifié parce qu’il y aura désormais des virages à droite. On enlève les bretelles. Au départ, on devait refaire des voies de virage, refaire le pavage et le béton, mais pour le moment on ne fait que fermer les bretelles avec de l’ensemencement et de la tourbe. On refait des trottoirs pour raccourcir la traversée des piétons. »

Rappelons que la dernière phase du boulevard René-Lévesque devrait s’arrimer à la rue du Haut-Bois, ce qui justifierait à ce moment une réorganisation de l’intersection avec le boulevard Bourque. 

La Ville ne pouvait attendre la fin du pavage des rues avoisinantes, soit les rues de Gaspé, Gibraltar, des Partisans et Henri-Labonne pour entamer les travaux du boulevard Bourque.

Mme Gravel rapporte que les infrastructures seront remplacées lors de la reconfiguration de l’intersection dans quelques années. « Ce ne sont pas des gros coûts pour le moment, mais nous pouvons sécuriser les piétons sans investir des sommes importantes. »

Par ailleurs, les travaux de la rue King Ouest devraient prendre fin le 22 septembre, à moins de problèmes liés à la météo. On ne compte pas de retard pour le moment sur la rue Fréchette. Mme Gravel rappelle que les deux voies du boulevard de Portland sont rouvertes à partir de l’heure de pointe en soirée et demande aux citoyens d’utiliser les deux voies pour éviter les ralentissements de la circulation. Il n’est toujours pas prévu de faire des travaux à l’intersection de la rue Chartier et du boulevard de Portland tant que les entraves de la rue King Ouest ne seront pas retirées.

Sur le chemin Duplessis, le pavage de la piste cyclable a commencé la semaine dernière. En parallèle, la réfection des entrées de cour a commencé. Tout devrait être terminé pour la mi-octobre. 

Notons que la circulation s’est apaisée dans le secteur du nouveau Costco, au plateau Saint-Joseph, même si elle demeure plus dense le vendredi et les fins de semaine. « Si on double l’ensemble des rues, on devrait dépenser 11 M$, et pour améliorer l’accès à l’autoroute, il faut toucher au viaduc et ajouter plusieurs millions. Il faudra voir si les investissements sont nécessaires ou si on peut faire de petits aménagements pour que l’attente soit tolérable. Il faut vivre avec un certain temps, pour voir si nous souhaitons investir pour réduire le temps d’attente. Une demande budgétaire pour 2021 a tout de même été déposée pour prolonger la rue Achille-Beaucher. »

Parmi les autres travaux amorcés cette semaine, notons le resurfaçage de la rue Lavigerie, entre Galt Est et Léon-Trépanier, le resurfaçage sur la rue Woodward, entre la 10e Avenue et le boulevard Lavigerie, la réfection de la rue Ovila-Turgeon et la réfection des deux amorces de la rue des PME.

Encore plus d’une trentaine de chantiers sont actifs sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.

La Ville encadrera l’architecture du secteur de l’Université

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La Ville encadrera l’architecture du secteur de l’Université

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke ne veut plus de constructions ou de rénovations de bâtiments qui s’intègrent difficilement dans l’architecture existante du quartier de l’Université de Sherbrooke. Elle propose de modifier son règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale pour que tous les projets de ce secteur soient soumis à l’approbation du comité consultatif d’urbanisme.

En termes techniques, une nouvelle zone sera soumise à un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) pour encadrer les transformations d’un secteur qui est qualifié de hautement dynamique. 

« C’est une très bonne nouvelle pour les résidants qui vivent dans des milieux bâtis des années 1960 à 1980 et dont les maisons représentent un patrimoine unique qui mérite d’être protégé. Je suis très fier du résultat. J’ai eu à vivre une situation dans mon district, qui a suscité bien des réactions à la suite de la construction d’un immeuble qui s’intégrait moins bien dans le cadre bâti du secteur », explique le conseiller Paul Gingues. 

Dans les documents municipaux, on donne l’exemple d’immeubles à logements de plusieurs étages ayant une allure moderne, mais ayant été construit à côté de petites maisons de brique rouge.

Les immeubles concernés par cette nouvelle mesure se situent dans le quadrilatère formé des rues Marie-Léonie, Galt Ouest, Desnoyers et Roy, en plus du secteur délimité par la rue Caron, le boulevard de l’Université et la rue Béliveau.

« Les zones ciblées dans le quartier universitaire sont celles dont les usages autorisés sont plus hétérogènes. En effet, celles-ci sont plus propices à subir des transformations de leurs cadres bâtis dans une optique de densification des bâtiments existants ou encore de la construction neuve. Ce phénomène est moins propice dans les zones voisines où seules les habitations unifamiliales isolées sont autorisées », lit-on dans les documents municipaux. 

Paul Gingues a souligné l’ouverture de la division de l’urbanisme dans ce dossier et estime que le patrimoine immobilier de son district sera ainsi mieux protégé. 

« Toute demande de modification ou de construction devra passer par le comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement et le comité consultatif d’urbanisme central », conclut-il.  

Monique Lortitch : femme de tête et de bras

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Monique Lortitch : femme de tête et de bras

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Pour la première fois de son histoire, le Syndicat des cols bleus de Sherbrooke sera dirigé par une femme, Monique Lortitch. Après avoir fait de l’asphaltage, du béton, du déneigement, de la tourbe et de l’entretien ménager, celle-ci se dit prête à relever le défi.

« Les choses ont bien évolué », fait remarquer celle qui travaille pour la Ville de Sherbrooke depuis 13 ans. « À l’époque, nous étions deux femmes sur une cinquantaine d’employés à la voirie. Aujourd’hui, sur un total d’environ 500 cols bleus, on doit compter 100 femmes », estime Mme Lortitch. 

Bien qu’on soit encore loin d’une parité homme-femme dans ce secteur d’emploi, la nouvelle présidente perçoit sa nomination comme une belle preuve de confiance et d’ouverture de la part de ses collègues.

« De par le vote, sans nommer les chiffres, on voit qu’il y a un réel changement dans les mentalités. Toutefois, il reste encore du travail à faire », mentionne celle qui vient d’avoir 53 ans. 

« Il y a quelques années, alors que je faisais partie d’une équipe composée d’hommes, mon supérieur immédiat avait dit au contremaître du chantier qu’une femme, "ça ralentissait le travail sur le terrain". Ça m’avait complètement fait sortir de mes gonds », raconte Mme Lortitch, qui précise être très active et se garder en forme quotidiennement.

Elle ajoute que cet événement l’a particulièrement marquée puisque l’homme en question avait une femme et une jeune fille. « On est bien loin de l’ancienne génération où les hommes travaillaient des heures de fous pendant que les femmes restaient à la maison pour élever les enfants. Ce n’est plus ça », déplore celle qui s’était fait un plaisir de remettre l’individu à sa place.

« J’ai aussi une fille et une petite-fille et c’est pour elles que je défends la place des femmes dans la société. J’ai toujours été fonceuse et un peu hors-norme. Si je peux leur ouvrir des portes pour l’avenir, c’est sûr que je vais de l’avant », confie-t-elle.

Une approche différente

Bien que l’emphase soit mise sur le fait qu’elle soit la première femme à obtenir le titre de présidente du Syndicat des cols bleus de Sherbrooke, Mme Lortitch rappelle avoir de l’expérience dans le milieu syndical.

« Je n’arrive pas là par hasard. J’étais déjà assise autour de la table de négociations, précise-t-elle. Nous avons une belle équipe et même si je sais que ce ne sera pas facile de représenter 500 personnes de secteurs disparates et qui, en plus, ne sont pas toutes dans la même bâtisse, j’ai vraiment confiance. »

D’ailleurs, les rencontres concernant la convention collective échue depuis décembre devraient reprendre vers la fin du mois de septembre. « Les femmes amènent d’autres idées et ont d’autres façons de voir les choses. Je souhaite miser sur une approche différente, plus axée sur l’humain. Je ne dis pas que l’on sera toujours en accord, mais ce sera assurément intéressant », affirme Mme Lortitch.

« Les barrières, c’est nous qui nous les mettons. Il n’y a rien de facile, mais tout est possible », conclut-elle.


Un sursis pour que Vincent Boutin garde son siège

Sherbrooke

Un sursis pour que Vincent Boutin garde son siège

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
En arrêt de travail depuis le 9 juin, le conseiller du district des Quatre-Saisons, Vincent Boutin, aurait pu perdre son siège n’eût été une résolution adoptée mardi soir au conseil municipal. Les élus lui accordent un sursis de trente jours pour revenir au travail, ce qui a entre autres soulevé la question de la conciliation travail-famille.

Selon la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, à l’article 317, « le mandat d’un membre du conseil qui fait défaut d’assister aux séances du conseil pendant 90 jours consécutifs prend fin à la clôture de la première séance qui suit l’expiration de cette période, à moins que le membre n’y assiste ». Dans le cas de M. Boutin, le délai expirait le 8 septembre. 

Le conseil peut néanmoins accorder un délai de grâce de 30 jours, ce qui, dans le cas présent, permet à M. Boutin de s’absenter jusqu’au 8 octobre.

La conseillère Danielle Berthold a indiqué que Vincent Boutin reprendrait son poste d’ici la fin du mois de septembre.

Évelyne Beaudin a été la première à soulever le point de la conciliation travail-famille au sein du conseil municipal. « L’absence de Vincent a laissé un vide pour notre dynamique de groupe. Sans présumer de rien, le départ de Vincent m’a rappelé à quel point nous avons besoin de réfléchir à la conciliation travail-famille. Si on veut que ça marche, ça passe par la révision des comités. C’est dommage qu’on soit passé à côté de la fenêtre qu’on avait pour la réforme des comités. Ça n’aboutira probablement pas de façon cohérente et réfléchie d’ici les prochaines élections. Pour Sherbrooke Citoyen, aux prochaines élections, ce sera un dossier prioritaire. »

Danielle Berthold a pris le relais de Vincent Boutin dans plusieurs de ses fonctions. « Je tiens à vous mentionner que le comité consultatif d’urbanisme, c’est un comité obligatoire. C’est sans contredit le comité qui demande le plus de temps et de disponibilité. Pour un jeune papa avec trois enfants, c’est beaucoup de travail. Il faudra dans les prochaines années non pas réévaluer le statut de ce comité, mais je pense que c’est un comité qui n’est pas rémunéré à la hauteur des responsabilités et des réunions qu’il y a à faire. » La prime accordée au président du comité consultatif d’urbanisme est d’environ 11 000 $. 

Le maire Steve Lussier dit n’avoir aucun doute que la conciliation travail-famille doit prendre plus de place. 

« Pour la réforme des comités, je confirme que c’est réfléchi et cohérent. S’il n’y avait pas eu la COVID, il y aurait eu un allégement des comités. J’espère que nous pourrons y revenir. »

Karine Godbout a pour sa part témoigné que la conciliation travail-famille est un défi au quotidien, elle qui a trois jeunes enfants. « Si j’y arrive, c’est parce que j’ai un conjoint exceptionnel, présent, qui accepte de jouer en équipe là-dessus. J’observais en temps de COVID que je suis plus présente à la maison le soir et on se rend compte de ce temps très important en famille. »

Pas de bain libre ni de cours de natation à Montcalm cet automne

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Pas de bain libre ni de cours de natation à Montcalm cet automne

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Les cours de natation et les périodes de bain libre prévus cet automne à la piscine de l’école Montcalm sont annulés en raison des difficultés d’organisation liées à la pandémie de la COVID-19, a annoncé la Ville de Sherbrooke, jeudi matin.

Tel que soulevé récemment par le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke, la main-d’œuvre en gestion sanitaire et en supervision est actuellement difficile à recruter. 

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Feu vert à la réfection de la piscine du CAP

L’arrivée massive d’une clientèle supplémentaire pour les cours de natation et les bains libres viendrait alourdir la tâche actuelle. La Ville de Sherbrooke comprend la complexité de la gestion des équipements sportifs.

La Ville de Sherbrooke et le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke espèrent que la situation reviendra à la normale pour la session d’hiver 2021.

Programmation déployée à l’Université de Sherbrooke

L’Université de Sherbrooke a déployé une programmation pour sa session d’automne à son centre sportif, une programmation estimée à un peu plus de 50 % de l’offre habituelle.

Les inscriptions sont en cours depuis le 26 août dernier.

Les intéressés qui veulent fréquenter la salle d’entraînement ou un couloir dans la piscine doivent être membres du Centre sportif de l’Université de Sherbrooke, et ils doivent réserver leur place via le site internet du Centre sportif.

Il n’est pas nécessaire d’être membre pour s’inscrire aux différents cours offerts.

Nouveau chantier près de Portland

Sherbrooke

Nouveau chantier près de Portland

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Un nouveau chantier routier s’ouvrira à proximité du boulevard de Portland, cette semaine, mais il ne devrait pas s’ajouter aux problèmes déjà observés sur cette artère principale. Des travaux s’amorcent effectivement sur la rue Chartier, mais à l’intersection de la rue White en priorité.

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, précise que la rue Chartier est perpendiculaire au boulevard de Portland. 

« Nous en aurons pour plus de deux semaines et d’ici à ce que nous arrivions sur Portland, les travaux sur King Ouest seront terminés. Sur Fréchette, nous sommes censés avoir terminé la portion près du boulevard de Portland d’ici deux semaines. Les travaux doivent toujours commencer par le point bas et dans le chantier de la rue Fréchette, c’était sur Portland alors que pour Chartier, c’est sur la rue White. C’est pour ça que nous commençons par l’autre extrémité. »

Depuis vendredi dernier, la Ville a redonné deux voies aux automobilistes sur le boulevard de Portland pour l’heure de pointe en soirée, mais elle observe qu’ils n’utilisent toujours qu’une seule voie. Un signaleur doit être dépêché sur les lieux pour améliorer la fluidité.

La piste cyclable vers le CHUS ne sera pas terminée en 2020

sherbrooke

La piste cyclable vers le CHUS ne sera pas terminée en 2020

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Non, les cyclistes ne pourront pas se rendre au CHUS-Fleurimont sur une nouvelle piste cyclable en 2020. S’il est encore possible que les travaux de construction de la piste cyclable attendue sur la 12e Avenue s’amorcent cet automne, il est peu probable qu’il soit possible de les terminer cette année.

La citoyenne Marie-Christine Milot avait acheminé des questions à ce sujet, mardi, au conseil municipal, mais personne n’était en mesure d’offrir une mise à jour sur le chantier qui devait pourtant faire l’objet d’une résolution en août ou en septembre. Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, a fait le point mercredi.

Mme Milot ne comprenant pas pourquoi on avait annoncé la construction de la piste cyclable à partir du mois de juillet, en début d’année, pour ensuite la repousser jusqu’à l’automne. 

« En 2020, connaissant l’importance de la santé cardiovasculaire et de l’écoresponsabilité, aucun trottoir ni piste cyclable ne rejoint un de pôles de travail, de services et d’études les plus importants de notre ville », déplorait-elle.

Elle rappelait que les citoyens ont démontré de l’intérêt pour la construction d’un trottoir et d’une piste cyclable sécuritaire vers le centre hospitalier dès 2011 et qu’une pétition de plus de 1000 noms a été déposée en 2015. Elle craignait aussi que la Ville perde la subvention qui lui a été octroyée pour ces aménagements.

« Pour la subvention, on peut rassurer les gens. Elle sera toujours disponible. Nous nous en sommes assuré auprès des gouvernements », rapporte Mme Gravel.

Toutefois, la COVID a vraisemblablement réduit les chances de voir les infrastructures terminées cette année.  

Léger retard dans la décontamination de Galt Ouest

sherbrooke

Léger retard dans la décontamination de Galt Ouest

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke observe des retards sur le chantier de la rue Galt Ouest, où elle a démoli plusieurs bâtiments en début d’année. Ces délais ne devraient pas nuire à la construction des 116 logements sociaux prévus sur le site, puisque le Parallèle de l’habitation sociale de Sherbrooke a lui-même choisi de reporter la construction au début de 2021.

« Nous avons du retard dans la décontamination en raison de la COVID. Le fait que le chantier a été fermé pendant plusieurs semaines, voire un mois et demi, a créé des trous. Ils se sont remplis d’eau. Il a fallu les vider » explique d’emblée Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.  

« Nous sommes à compléter à la fin de cette semaine la décontamination. »

Il n’y aura toutefois pas d’impact sur les travaux prévus dans la rue Galt, pour son élargissement et la construction d’une voie cyclable, entre autres. « La prochaine étape était l’enfouissement des fils. On a enlevé certains fils depuis le début des travaux, mais nous devons en réinstaller qui sont essentiels à l’alimentation hydroélectrique du secteur. Pour l’été, Hydro-Sherbrooke était capable de s’en passer, mais pour la saison hivernale, ça prend vraiment ce lien-là. Nous avons un peu de retard, mais ce n’est pas critique. »

Mme Gravel rappelle que le Parallèle de l’habitation devait commencer la construction de 116 logements au mois d’août et qu’il aurait été possible de livrer les terrains prochainement pour le début des travaux. « Ils nous ont signifié qu’ils voulaient attendre au printemps prochain pour commencer la construction étant donné qu’ils ne veulent pas devoir payer les taxes pour la période où il n’y aura pas de travaux sur le terrain cet hiver. »

Pas de changement de côté pour le trottoir d’Adélard-Collette

Sherbrooke

Pas de changement de côté pour le trottoir d’Adélard-Collette

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke se range finalement dans le camp des citoyens de la rue Adélard-Collette et convient de ne pas reconstruire le trottoir du côté ouest de cette voie de circulation. La conseillère Karine Godbout en a fait l’annonce mardi après que six citoyens eurent adressé des questions au conseil municipal.

Les citoyens s’étaient mobilisés après avoir appris, vendredi, que leurs représentations auprès de la Ville n’avaient pas influencé le choix des fonctionnaires pour la reconstruction du trottoir. 

La Ville plaidait jusqu’à maintenant qu’elle avait choisi de déplacer le trottoir pour assurer une connectivité avec les autres trottoirs et les générateurs de déplacements à pied. Elle indiquait que les générateurs de déplacement de la rue Adélard-Collette se situent du côté ouest.

On ajoutait que la nouvelle configuration raccorderait plusieurs destinations au réseau piétonnier de manière sécuritaire, notamment l’école LaRocque, l’église Immaculée-Conception et le bâtiment où se déroulent plusieurs activités communautaires.

Karine Godbout juge l’analyse du Service des infrastructures urbaines intéressante. « La Ville souhaitait mettre en place un réseau qui répond aux besoins des personnes vulnérables. Le milieu n’y voit pas de plus-value, d’intérêt. Tous ces arguments sont pertinents. On a eu une discussion à l’exécutif ce matin (mardi). Le dossier a évolué à la suite des enjeux amenés par les citoyens. Le Service des infrastructures urbaines va travailler un plan pour faire le trottoir à l’est, de Gérin-Lajoie à Union, du même côté que l’éclairage actuel. » 

Mme Godbout y voit un signal que les citoyens ont des choses à dire sur leur milieu et que les processus de la Ville ne sont pas toujours adaptés.

« Quand il y a des changements majeurs dans une rue ou un quartier qui touche la sécurité ou les transports actifs, il serait important de voir comment on peut consulter les citoyens là-dessus. L’intervention des citoyens ce soir, c’est parce que je leur ai annoncé que la décision était maintenue vendredi dernier. Je remercie les gens d’être venus aux rencontres et de s’être intéressés à cette vie de quartier. »

Parmi les interventions citoyennes, Patrick Chabot a rappelé que les citoyens, à l’unanimité, considéraient que de retirer le trottoir du côté est serait une perte considérable.

Francis Lafortune s’est quant à lui demandé si les services de la Ville avaient cherché à connaître les habitudes de vie des citoyens du milieu.

Jean-Paul Bouthot a fait valoir qu’il n’y avait pas de résidence du côté de l’église et que les citoyens, contrairement à l’église, paient des taxes. « Si les personnes âgées ne veulent pas marcher dans la rue, elles devront traverser deux fois la rue pour aller voir leurs amis. Le trottoir procure un sentiment de sécurité pour sortir de chez soi. »

Jacinthe Caron demandait, dans un contexte où les citoyens sont unanimes pour dire que le déplacement du trottoir ne serait pas optimal, si le conseil pouvait exiger que le trottoir soit conservé sur le côté est.

Julie Bernard, elle, rappelait que l’éclairage de rue se trouve du côté est. Elle craignait que les piétons, à l’ouest, doivent traverser les entrées du stationnement de l’église.

« La densité du secteur fait que les résidents devront circuler en permanence à travers les autos pour sortir de chez eux, se voisiner ou aller marcher, ce qui réduit leur sécurité. » 

En conclusion, les citoyens ont été entendus.

Beaudin démissionne du comité de développement économique, le maire jubile

Sherbrooke

Beaudin démissionne du comité de développement économique, le maire jubile

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
À la suite de désaccords dans le dossier des crédits de taxes accordés aux entreprises, la conseillère Évelyne Beaudin démissionne du comité de développement économique de la Ville de Sherbrooke. Elle en a fait l’annonce mardi soir, suscitant la joie du maire Steve Lussier, qui a qualifié cette décision de « meilleure nouvelle depuis longtemps ».

Mme Beaudin a justifié sa décision de deux façons. « Les autres membres du comité ont entériné un fonctionnement à deux niveaux. Il n’y a eu aucun procès-verbal du comité qui a été déposé au conseil municipal, même un an et demi après sa création. Une pratique que je désapprouve, c’est de tenir des séances à huis clos pour avoir deux procès-verbaux, un public, un privé. Je trouve que c’est inacceptable, d’autant que des élus souhaitent l’étendre à tous les comités de la ville. »

Steve Lussier rapporte pour sa part que le comité ne siège pas depuis un an et demi et que c'est une question de jours avant que les premiers procès-verbaux soient déposés. « Nous avons un atelier de travail et un C.A. standard. C'est comme ça partout : chez Valoris, Ascot en santé... Oui, il y a des procès-verbaux, mais pas pour les ateliers de travail. Avant de les déposer, nous voulions les réviser avec le Service des affaires juridiques. »

Évelyne Beaudin ajoute que la façon de mener le dossier des crédits de taxes, « en l’absence d’une étude coûts-bénéfices », a pesé dans la balance. Elle ne souhaite plus siéger à un comité en compagnie de M. Lussier et de sa collègue Annie Godbout. « Je ne peux accepter de me faire dire que parce que je fais partie d’un comité, je devrais être d’accord avec tout ce qui s’y dit. Quand je me fais dire que je ne comprends rien, je remets en doute votre appel à un travail d’équipe, parce que le travail d’équipe doit commencer par le respect. Comment pouviez-vous dire que vous vous occupiez du dossier des crédits de taxes il y a un an alors que vous n’avez jamais eu le contrôle? Je vais continuer à m’intéresser à la façon optimale de faire du développement économique, mais je le ferai de façon transparente. »

Le maire Steve Lussier n’a pas caché sa joie devant une telle annonce. « C’est la meilleure nouvelle que j’ai eue depuis longtemps. J’étais pour vous demander votre démission. Quand vous dites que Sherbrooke est un paradis fiscal, je doute de votre capacité à siéger sur le comité que nous avons formé. »

M. Lussier indique avoir été le premier à se lever pour demander la mise en place d’un tableau de bord pour suivre l’octroi des crédits de taxes. « J’ai demandé qu’on revienne avec un étalement des chiffres pour voir les bénéfices que ça apportait pour tous les citoyens de Sherbrooke. Les gens ont profité des gains économiques de la venue d’entreprises. Je trouve ça très positif. 

« Comme d’habitude, vous jouez à la victime. Cette fois-là, je n’embarque pas là-dedans et j’espère que la population n’embarque pas là-dedans. »

M. Lussier en a rajouté pendant la période des messages, à la fin du conseil municipal, vers minuit et demi. 

« Mon cadeau du ciel a été votre démission du comité. C’est tellement un beau cadeau. Je vous remercie sincèrement, parce que ce qu’on veut, c’est travailler dans le bon sens. En sortant d’ici, je vais aller me chercher un 6/49. »

Il a mentionné que les insultes de Mme Beaudin à son endroit sont des insultes envers la majorité de la population. « J’ai eu plusieurs insultes de votre part, de différents courriels sur vos médias sociaux. Lorsque vous m’insultez, vous insultez une grande majorité de la population, qui veut elle la prospérité de sa ville. On ne peut pas être contre la vertu. Ça n’a jamais été dit : vous êtes l’élue la plus coûteuse que la Ville de Sherbrooke ait eue jusqu’à maintenant, en prenant le parti et vous en tant qu’élue. Vous n’avez aucune leçon à donner à qui que ce soit autour de la table du conseil. »

4,9 M$ pour mieux protéger les Sherbrookois contre les incendies

sherbrooke

4,9 M$ pour mieux protéger les Sherbrookois contre les incendies

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Une nouvelle caserne de pompiers sera construite en 2021 à l’angle de la rue Galt Est et du chemin Galvin. Il s’agit de l’élément le plus important du nouveau schéma de couverture de risques en sécurité incendie 2021-2025 présenté mardi. Parmi les investissements totalisant 4,9 M$, la Ville prévoit aussi l’installation d’un système de préemption à 38 feux de circulation.

Selon le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPCIS), Stéphane Simoneau, cette troisième mouture du schéma de couverture de risques se trouve en droite ligne avec les deux précédents schémas et vise à assurer une uniformité des services pour tous les citoyens. Il mentionne que les efforts financiers demandés à la Ville de Sherbrooke sont minimes en comparaison de ceux engagés par d’autres municipalités. 

Le directeur adjoint, Daniel Gingras, précise que de dépêcher quatre pompiers en cinq minutes sur les lieux d’un incendie permet de sauver des vies et de contenir les flammes dans la pièce d’origine. « Notre analyse démontre qu’en ce moment, une partie du territoire est couverte de façon moins privilégiée, soit Fleurimont. On peut y dépêcher quatre pompiers en cinq minutes pour 64,2 % du territoire. Nous proposons de repositionner la caserne du chemin Lavigerie au coin de la rue Galt Est et du chemin Galvin. Le pourcentage de couverture passerait alors à 90,2 %. »

En plus d’améliorer le temps de réponse, le repositionnement de la caserne permettrait d’améliorer les cotes d’assurance pour les bâtiments commerciaux et industriels. 

La Ville estime qu’elle pourrait vendre son bâtiment vétuste de la rue Lavigerie pour environ 400 000 $. Sa rénovation pour éviter un déménagement coûterait plus d’un million de dollars alors que la construction est évaluée à 3 M$. Les travaux sont souhaités en 2021. 

La conseillère Annie Godbout souhaiterait obtenir des comparatifs avec d’autres villes quant à la proportion de couverture du territoire avant d’engager des sommes dans la construction d’une nouvelle caserne. « Le gouvernement nous met des cibles, mais ne nous donne pas d’argent pour répondre à ces enjeux », souligne-t-elle.

Claude Charron s’inquiétait pour sa part d’une hausse des prix des matériaux en raison de la pandémie de COVID-19.

Stéphane Simoneau précise qu’une analyse des prix a été réalisée. « Je ne suis pas très inquiet. J’espère que le contexte de COVID, quand on sera rendu à construire la caserne, se sera estompé. Au Québec, il est rare qu’on voie une caserne en bas de 5 M$. Nous prenons des plans semblables à nos autres casernes pour limiter les coûts. Je ne suis pas gêné des comparables et je suis certain que ce que nous vous présentons, ce sont les meilleurs coûts qu’on peut avoir. »

Julien Lachance annonce qu’il en est à son dernier mandat

Sherbrooke

Julien Lachance annonce qu’il en est à son dernier mandat

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le conseiller municipal du district de Saint-Élie, Julien Lachance, annonce qu’il se retirera de la vie politique municipale à la fin du présent mandat. Il indique que la patience et la passion sont moins présentes récemment et il souhaite préciser ses intentions à 14 mois des élections pour permettre à la relève de se préparer.

« Au cours de la dernière année, j’ai réfléchi sur mes intentions d’entamer un autre mandat à compter de novembre 2021. Même si j’ai grandement apprécié représenter les gens de Saint-Élie, pendant toutes ces années, force est d’admettre que la patience et la passion sont moins présentes. Je fais cette annonce maintenant, 14 mois avant l’échéance électorale, afin d’encourager des candidats et candidates à se préparer pour assurer la relève. J’encourage d’ailleurs les citoyens d’autres générations à s’impliquer en politique municipale. C’est un défi emballant qui mérite d’être relevé. »

M. Lachance, élu pour la première fois en 2001, était entouré de sa famille, en webdiffusion, au moment de faire son annonce. « Durant toutes ces années, mon profil d’administrateur a toujours prédominé et ne cessera jamais de l’être. J’ai travaillé avec cœur, intégrité, discipline et dévouement, et ce, dans un esprit de collaboration. Pour moi, la priorité a toujours été de défendre les intérêts de la ville et de ses citoyens. En toute humilité, je dois dire que je suis assez fier de ce que Saint-Élie est devenue depuis la fusion de 2001. » 

L’homme politique dit s’être toujours considéré comme un administrateur avant d’être un politicien. « Après toutes ces années à siéger au conseil municipal, je dois admettre que je suis quelque peu déçu qu’en fin de compte, nous n’ayons jamais réussi à garder le contrôle de l’augmentation des dépenses. En effet, malgré tous les efforts d’optimisation, de compressions des dépenses, et même de changements de lois, force est de constater que depuis 2002, la croissance des dépenses a été de 117 % alors qu’elle aurait dû être de 53 % en considérant l’inflation et la croissance démographique. J’ose cependant faire confiance aux futurs conseils municipaux pour mettre fin à ce problème de fond chronique en établissant de nouvelles façons de faire et en prenant les décisions qui s’imposent. »

Notons que Julien Lachance agit à titre de président d’Hydro-Sherbrooke depuis 2013. 

Il a remercié les maires Bernard Sévigny et Steve Lussier pour leur confiance, en plus du maire Jean Perrault de lui avoir offert un poste au comité exécutif pendant huit ans. Il a évoqué les noms de Clément Nault et Bernard Tanguay, qui ont agi à titre de mentors. 

« Je ne saurais terminer sans chaleureusement remercier les citoyens et citoyennes du district de Saint-Élie qui m’ont accordé leur confiance à cinq reprises. Merci de m’avoir permis de vous servir et de vivre cette expérience tout à fait unique. Je vous en serai toujours reconnaissant. »

Avant de conclure, Julien Lachance n’a pas manqué de remercier son épouse Liette.

Le district de Saint-Élie sera représenté par un nouvel élu après les élections du 7 novembre 2021. 

Il est déjà acquis qu’un autre siège sera vacant au moment du vote, soit celui de Nicole Bergeron, dans Brompton. La présidente du conseil n’a pas caché dans les dernières années qu’elle ne solliciterait pas un autre mandat. À l’opposé, Marc Denault (du Golf) et Danielle Berthold (Desranleau) ont déjà confirmé leur intention d’être de la course en 2021 dans leur district respectif.

Encore deux semaines d’entraves sur Portland

Sherbrooke

Encore deux semaines d’entraves sur Portland

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les chantiers simultanés qui entravent la rue King Ouest et le boulevard de Portland, à l’ouest du boulevard Jacques-Cartier, continueront de donner des maux de tête aux automobilistes pour encore deux semaines. Pour réduire la congestion, la Ville rouvrira temporairement les deux voies de circulation en direction ouest, sur Portland, chaque soir à l’heure de pointe.

Selon la directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, ces deux chantiers n’avaient pas été planifiés pour se tenir en même temps. Il s’agit d’un imprévu pour lequel la Ville ne pouvait rien.

« Des travaux d’excavation majeure, c’est-à-dire le remplacement des infrastructures souterraines, ont commencé sur la rue Fréchette. Ces travaux nécessitent qu’on se raccorde au centre du boulevard de Portland. On comprendra qu’on a eu une situation de COVID. Des chantiers ont commencé plus tard que prévu. Compte tenu de la durée du chantier de King Ouest, nous ne pouvions pas empêcher le chevauchement des deux chantiers », commence-t-elle.

C’est un retard dans l’octroi d’une subvention qui provoque la tenue simultanée des chantiers.

« La rue Fréchette fait partie d’un programme de subventions pour lequel nous avons eu l’autorisation à la fin juillet. Les travaux sont prévus cette année dans ce programme. Il y a eu des retards dans les autorisations à cause de la COVID. Quand on a fait notre planification en janvier et février, nous n’avions pas prévu de faire les deux en même temps. Maintenant, compte tenu de la durée des travaux, nous n’avons pas le choix. »

Le chantier de la rue Fréchette durera encore de huit à dix semaines. En raison des manœuvres des camions, les deux voies en direction ouest, sur le boulevard de Portland, devront être fermées pour encore deux semaines. « À l’heure de pointe, le soir, on va redonner deux voies en direction ouest et une en direction est pour faciliter la circulation. D’ici deux semaines, les manœuvres des camions pourront se faire directement sur la rue Fréchette. »

Une analyse trop simpliste selon Annie Godbout

Sherbrooke

Une analyse trop simpliste selon Annie Godbout

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
« C’est le Sherbrooke de demain qui profitera de l’impact de ces crédits de taxes, même si on a des grands défis financiers aujourd’hui », lance la conseillère Annie Godbout, membre du comité de développement économique de la Ville de Sherbrooke. Elle remet en question l’analyse de sa collègue Évelyne Beaudin qui, selon elle, ne s’attarde qu’à un seul paramètre et se veut trop simpliste.

La directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin, rapporte dans le même sens qu’il faut étudier la valeur des investissements et l’ampleur de leurs retombées sur une période beaucoup plus longue, sur dix ans par exemple. 

« Il faut regarder sur une perspective plus longue qu’une année et il faut se comparer avec d’autres villes, j’en conviens. »

Lire aussi : Sherbrooke trop généreuse en crédits de taxes?

Depuis 2010, 184 entreprises se sont installées à Sherbrooke, créant 7314 emplois. Les investissements des entreprises étaient en croissance entre 2016 et 2019, passant de 147 M$ à 416 M$. « La Ville a donné en 2016 une impulsion pour remplir le parc industriel. Plus vite on vend les terrains, plus vite on récolte les taxes. En 2016, c’était une décision du conseil. Sherbrooke Innopole n’avait pas été impliquée et il n’y avait pas eu d’étalonnage. À ce moment, on se battait avec des villes comme Trois-Rivières et Asbestos, qui avaient reçu des sommes importantes pour diversifier leur économie. Après la fermeture de Gentilly 2, ce sont 200 M$ qui ont été octroyés en fonds de diversification économique dans la région de Trois-Rivières. »

Annie Godbout abonde dans le même sens. « Un fonds de 25 M$ avait aussi été octroyé à Asbestos. Ces villes étaient très bien outillées pour attirer les entrepreneurs, même avec un crédit de taxes moins généreux. Nous étions aussi très loin de nous douter, en 2016, qu’une entreprise investirait un demi-milliard de dollars à Sherbrooke. À partir de ce moment, il était évident que le programme n’était plus adapté. »

Sherbrooke, trop généreuse en crédits de taxes?

sherbrooke

Sherbrooke, trop généreuse en crédits de taxes?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke se montre-t-elle trop généreuse avec ses crédits de taxes aux entreprises? La conseillère Évelyne Beaudin continue de poser la question en relevant qu’à 2,3 M$ en 2019, Sherbrooke offrait un volume de crédits plus élevé que toutes les autres villes du Québec, loin devant Mirabel (935 651 $), en deuxième position.

Les données, compilées par le citoyen Denis Pellerin et rendues publiques sur la page de la conseillère, sont disponibles sur le site du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH). Suivent Drummondville, Trois-Rivières et Saint-Jean-sur-Richelieu.

La directrice de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin, indique qu’il faut regarder le portrait sur plus qu’une année pour qu’il soit représentatif. Annie Godbout, du comité de développement économique, prévient qu’il faut probablement regarder la taille du budget de chacune des villes pour établir des vraies comparaisons. (Voir autre texte)

Lire aussi : Une analyse trop simpliste selon Annie Godbout

« Parmi les 10 grandes villes (celles avec lesquelles Sherbrooke se compare habituellement), seulement Trois-Rivières et Sherbrooke offrent des crédits de taxes. Sherbrooke offre cependant 3,5 fois plus de congés de taxes que Trois-Rivières », relève Mme Beaudin.

« Quand on nous dit que Sherbrooke est en compétition avec les autres villes, il semble plutôt que ce soit Sherbrooke qui compétitionne pas mal trop férocement, avec notre argent, les autres villes », écrit-elle encore.

En entrevue, elle indique que si les élus avaient eu ces chiffres en main il y a un an, Sherbrooke n’aurait pas nécessairement approuvé un rehaussement du plafond des crédits de taxes, un plafond qui passera de 28 à 75 M$ en octobre.* 

Mme Beaudin se demande pourquoi ces comparatifs n’ont pas été présentés aux élus avant. « C’est une question qui revient tout le temps : comment ça se passe dans les autres villes? »

Son collègue Paul Gingues avait d’ailleurs soulevé sa déception, au conseil municipal, devant l’absence de comparatif avec les autres villes.

Moins généreuse en 2016 et en 2017

Selon les données compilées par La Tribune, sur le site du MAMH, Sherbrooke aurait aussi été la plus généreuse en 2018 également, avec des crédits de 1,8 M$, mais glisse au troisième rang en 2017 (1 M$) et au quatrième rang en 2016 (738 325 $). Pour 2016 et 2017, Vaudreuil-Dorion occupe la première place en offrant des crédits de 2,7 et 2,8 M$.

Selon le rapport déposé à la séance extraordinaire du conseil municipal du 24 août, Sherbrooke a offert des crédits de taxes supérieurs à 700 000 $ chaque année depuis 2009. Avec le rehaussement du plafond des crédits, ce montant dépassera les 6 M$ annuellement entre 2021 et 2025. Les chiffres sont notamment gonflé par une entreprise, Kruger, qui investit plus de 500 M$ pour son usine et dont le crédit de taxes, sur dix ans, atteindrait 28 M$.

« Le C.A. de Sherbrooke Innopole, auquel siège le maire, disait qu’il étudierait le congé de taxes. Nous avons peut-être été coupables de penser qu’il s’en occuperait », dit Mme Beaudin. « Je me demande si les élus étaient capables de mesurer l’ampleur du coût de cette stratégie quand on nous a demandé de prendre une décision. Je me suis senti devant le fait accompli. Ce n’est pas juste le conseil actuel qui se trouve devant le fait accompli, mais les deux prochains. »

Mme Beaudin se demande pourquoi l’exercice n’a pas été fait par les experts de la Ville. « J’ai l’impression que nous nous laissons guider par notre orgueil plutôt que par des données concrètes. Je veux pouvoir prendre des décisions éclairées. On est prêt à payer combien pour qu’une entreprise choisisse Sherbrooke plutôt que Magog? Je ne veux pas juste savoir combien ça coûte, mais combien ça rapporte aussi. On ne peut pas prétendre qu’on a un succès juste parce qu’on a dépensé beaucoup d’argent. Il faut une analyse coût-bénéfice pour nous et les autres villes. Combien d’entreprises Trois-Rivières a attirées avec ses crédits? »

Évelyne Beaudin rappelle avoir demandé ce qui se passait avec les crédits de taxes en février 2019. « M. le maire a dit qu’il s’en occupait. »

Paul Gingues n’avait pas pris connaissance des données publiées par Évelyne Beaudin. Il rappelle néanmoins qu’il aurait souhaité une étude comparative indépendante. « Je comprenais que nous ne puissions pas arrêter le programme d’un coup sec. On m’a dit qu’à Sherbrooke Innopole, on avait des comparatifs avec des villes américaines qui étaient plus agressives que Sherbrooke. Il serait intéressant de savoir ce qui se passe dans les villes avoisinantes. Nous n’avons pas eu de comparatif réel sur le terrain avec d’autres municipalités. »

M. Gingues rapporte qu’on a néanmoins présenté les retombées du programme, soit environ 3,6 G$ et les revenus anticipés, à 147,5 M$.

Au cabinet de la mairie, on rapportait que Steve Lussier n’était pas disponible pour une entrevue. Il a réagi dans une déclaration écrite. « C’est désolant de constater, encore une fois, que des gens s’attaquent au leadership exercé en matière de développement économique. Le programme d’aide aux entreprises fait rayonner Sherbrooke et permet à des milliers de familles sherbrookoises de bien vivre. »


* Le programme de crédit de taxes en bref

Maximum des crédits d’ici 2031 : Le programme passera de 28 à 75 M$

29 entreprises sont en attente d’un crédit de taxes

Les retombées économiques sont estimées à 3,6 G$

Les revenus anticipés sont de 147,5 M$

Les entreprises bénéficiant d’un crédit payent les taxes sur le terrain, les frais d’électricité et la taxe d’eau.


Crédits accordés en 2019

1. Sherbrooke (2 348 892 $)

2. Mirabel (935 651 $)

3. Drummondville (860 887 $)

4. Trois-Rivières (669 619 $)

5. Saint-Jean-sur-Richelieu (450 752 $)


Crédits accordés en 2018

1. Sherbrooke (1 885 854 $)

2. Drummondville (976 526 $)

3. Mirabel (823 116 $)

4. Trois-Rivières (507 087 $)

5. Saint-Jean-sur-Richelieu (498 043 $)


Crédit accordé en 2017

1.Vaudreuil-Dorion (2 885 670 $)

2. Drummondville (1 355 615 $)

3. Sherbrooke (1 010 910 $)

4. Mirabel (833 990 $)

5. Trois-Rivières (547 918 $)


Crédits accordés en 2016

1. Vaudreuil-Dorion (2 719 825 $)

2. Trois-Rivières (1 074 410 $)

3. Mirabel (926 831 $)

4. Sherbrooke (738 325 $)

5. Boisbriand (370 417 $)

** Source : Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation

Une plainte au SPS pour un marquage de chaussée illégal

sherbrooke

Une plainte au SPS pour un marquage de chaussée illégal

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Un citoyen cherchant visiblement à réduire la vitesse dans sa rue pourrait s’être attiré de bien gros ennuis. La Ville de Sherbrooke a déposé une plainte au Service de police de Sherbrooke après que la mention 30 km eut été peinte sans autorisation sur la chaussée de la rue des Épinettes, dans le secteur de Fleurimont.

Dans un communiqué, Marie-France Delage, directrice générale adjointe à la Ville de Sherbrooke, mentionne que ce marquage contrevient au Code de la sécurité routière. Elle ajoute qu’une plainte pourrait être déposée au Directeur des poursuites criminelles et pénales pour méfait. La Ville exigerait le remboursement des dommages pour corriger la situation en plus de dommages exemplaires « considérant la nature intentionnelle de la faute ». 

Selon l’article 301 du Code de la sécurité routière, « seule la personne responsable de l’entretien d’un chemin public peut installer ou faire installer une signalisation sur ce chemin ». On précise que l’amende prévue varie entre 300 et 600 $, en plus des frais.

La présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, rapporte n’avoir jamais entendu de plaintes pour de la vitesse dans cette rue résidentielle qui se termine par un rond-point et qui, de surcroît, est située dans son district. Elle mentionne que la population ne peut pas s’adonner à de la désobéissance publique.

Quelle différence voit-on entre ce marquage illégal, déploré par la Ville, et la pose de pancartes par des citoyens qui militaient pour une réduction de la limite de vitesse sur la rue Marini, dans le secteur Rock Forest? « Les affiches avaient causé un tollé. On se demandait si on les faisait enlever. On avait conclu que si c’était sur des terrains privés, on les tolérerait. Sur la voie publique, ce message ne respecte pas les normes de sécurité. Ce n’est pas la vraie limite de vitesse. On ne peut pas écrire n’importe quoi sur la chaussée et les gens ne peuvent pas commencer à faire leur propre loi. Il y a des conséquences à ces gestes. »

Elle invite les citoyens mécontents à utiliser les canaux de communication officiels, à envoyer leurs commentaires ou leurs suggestions à leur conseiller municipal, directement à la Ville de Sherbrooke, ou à poser une question pendant une séance du conseil municipal ou du conseil d’arrondissement.

Une étude est par ailleurs en cours à propos de la vitesse dans les rues résidentielles. Mme Berthold indique que les résultats sont attendus cet automne, probablement en octobre. Parallèlement, la conseillère a lancé un sondage sur sa page Facebook, précisément sur la vitesse dans les rues.

« Les résultats seront présentés aux élus, entre autres les résultats du sondage et ceux du projet-pilote devant les écoles. Nous pourrons prendre des décisions quand viendra le temps de boucler le budget. C’est plate que la sécurité soit liée à l’argent, mais rappelons-nous qu’en 2015, quand il a été question de changer tous les panneaux des limites de vitesse, on parlait d’une dépense de 1 M$. Au moins, on ne pourra pas dire qu’on ne s’est pas penchés sur le sujet. »

Mme Berthold rapporte que des études réalisées dans le passé démontrent que même si la limite de vitesse est réduite, le comportement des automobilistes change peu. « Trois-Rivières avait baissé ses limites et elle les a remontées. La solution, c’est la sensibilisation. »

En fin de journée hier, la mention de 30 km sur la rue des Épinettes avait été recouverte de peinture noire.

Corridors cyclables sur Galt : un risque accru pour les piétons et les écoliers

Sherbrooke

Corridors cyclables sur Galt : un risque accru pour les piétons et les écoliers

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le rapport du Service de police de Sherbrooke (SPS) présenté à la dernière minute aux élus, au conseil municipal du 17 août, laisse peu de doutes sur la panoplie de lacunes entourant l’aménagement temporaire de corridors cyclables sur la rue Galt. « Il nous apparaît évident que la situation présente augmente les risques d’accident sans compter l’augmentation de la circulation lors de la fin des vacances scolaires », écrit le policier Réal Hétu dans le document obtenu en vertu de la loi d’accès à l’information.

Les élus, à l’exception d’Annie Godbout, Karine Godbout et Évelyne Beaudin, avaient opté pour un démantèlement rapide des corridors, qui étaient délimités par des cônes orange.

Le document laisse transpirer plusieurs problèmes que la Ville n’avait pas anticipés, mais démontre que le projet-pilote aura rempli son rôle d’identifier les enjeux à prendre en compte pour l’aménagement d’une piste cyclable sur la rue Galt. On arrive à la conclusion que les dangers observés alors qu’il y avait peu d’automobiles et peu de vélos sur la route seraient beaucoup trop grands au moment de la rentrée scolaire. « Avec la rentrée, nous prévoyons des problèmes de congestions automobiles importants et un risque accru pour la sécurité des piétons et des écoliers en raison d’un problème de visibilité. »

On relève que des traverses d’écoliers avec brigadier se trouvent sur les parcours des pistes cyclables temporaires et que l’abondance de la signalisation amène un risque élevé de distraction. « Les cônes risquent d’être déplacés par les étudiants, causant des situations dangereuses », lit-on encore. 

Le conseiller Paul Gingues rapportait avoir eu de nombreuses plaintes par rapport à la piste cyclable et le maire Steve Lussier disait qu’il s’agissait d’un pas en arrière pour faire deux pas en avant. 

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, avait déjà cité le rapport, qui n’était pas encore public, en mentionnant des problèmes de visibilité pour les piétons, la présence des poubelles dans la piste cyclable et les arrêts d’autobus qui provoquaient de la congestion. Elle relevait aussi des automobilistes qui circulaient dans le corridor cyclable. 

D’autres problèmes sont soulevés dans le rapport, dont un accident avec blessé mineur, survenu à l’intersection des rues Galt Est et Murray, où la circulation était dense et ralentie par le retrait d’une voie pour le corridor cyclable. La distraction a entraîné une collision.