Le Renouveau sherbrookois a dévoilé ses engagements en matière de mobilité durable mardi au centre des transferts de la STS du Cégep de Sherbrooke.

Sévigny s’engage à remodeler le transport en commun

Le Renouveau sherbrookois propose de revoir toute l’approche du transport en commun. Dans son troisième engagement, le parti municipal suggère d’instaurer le concept de transport à la demande pour mieux desservir les secteurs les plus éloignés.

« Il y a 10 % de la population qui se déplace en transport en commun et ce qu’on constate, c’est qu’on est rendu au bout du modèle traditionnel, c’est-à-dire ouvrir des routes, investir dans des véhicules, engager des chauffeurs... Si on veut améliorer le service, il faut penser autrement et prendre un virage, un virage qui permettra à la Société de transport d’offrir un service à la demande, d’ouvrir le modèle actuel et de le modifier dans ses composantes », résume le chef Bernard Sévigny.
Il est entre autres question de véhicules plus petits qui alimenteront des lignes plus achalandées. « C’est un nouveau plan de transport, dans le fond, qui est basé sur des capacités technologiques que nous n’avions pas il y a dix ou douze ans. L’objectif c’est d’améliorer l’accès, le service, en contrôlant la facture pour les contribuables. »
Alors combien coûtera ce nouveau plan de transport? « En 2017, nous investissons 14 M$ dans la STS. Ça veut dire qu’avec les mêmes ressources, on peut faire autrement. C’est ça sortir des sentiers battus. L’engagement, c’est qu’au cours des quatre prochaines années, on va s’engager dans cette mutation du réseau de transport. Nous le ferons graduellement, à l’intérieur des enveloppes. »
Des analyses ont déjà été faites par la STS. « Il vient un moment où on décide si on le fait ou pas. Ce que nous disons, c’est que oui, on va le faire. »
Imiter le transport adapté
Le président sortant de la STS et candidat dans Rock Forest, Bruno Vachon, a précisé. « Le modèle actuel a atteint sa limite alors que la contribution de la Ville a atteint tout près de 50 % en matière de financement. La demande est croissante. Est-ce qu’on réinjecte plus d’argent ou on revoit le modèle alors qu’il y a de nouveaux quartiers où nous ne sommes pas capables d’aller? La seule façon de s’en sortir, c’est de revoir la façon dont on fait le transport. Avec des véhicules plus modestes, on va agrandir les lignes, desservir les derniers kilomètres. En suivant un peu le principe du transport adapté, nous pourrons faire le double du kilométrage sur certaines lignes. Les gens pourraient réserver un transport à un endroit en particulier. Avec nos bus actuels, c’est de donner un haut niveau de service entre les grands générateurs de déplacements et les amener rapidement à ces endroits-là. »
Bernard Sévigny, lui, nuance le concept de transport à la demande. « Le transport à la demande, ça ne veut pas dire que c’est un service de limousine. Les ressources qu’on va déployer seront optimisées davantage alors qu’en ce moment, les gens se plaignent qu’il y a de gros autobus vides qui se promènent dans les quartiers. Il y aura de petits véhicules, et ils seront pleins. »
Pour Bruno Vachon, il suffit d’adapter le modèle au secteur de la ville. « Il faut mettre le bon mode au bon endroit. Il n’y a pas qu’un seul remède. Il y a des couronnes. À l’intérieur de la première, il faut un haut niveau de service entre les générateurs. La deuxième couronne, on les ramène vers la première. Où c’est plus loin, plus difficile, ce ne sera pas du porte à porte, mais les gens auront un lieu et un endroit pour attendre l’autobus qui les ramènera sur le réseau. »
En conclusion, ne s’agit-il pas d’une promesse semblable à celle qu’avait annoncée Sherbrooke Citoyen en matière de mobilité durable? « La grande différence, et je ne veux pas parler des engagements des autres, c’est que l’engagement qu’on prend est fondé sur des analyses, sur le besoin. On est rendu à l’endroit où il faut prendre une décision politique dans la prochaine année », répond Bernard Sévigny.