Maria Dean, une enseignante finlandaise, s’est arrêtée au Séminaire de Sherbrooke cette semaine.

Séminaire de Sherbroooke : des leçons à tirer du modèle finlandais

Le système éducatif de la Finlande, et plus particulièrement la réussite des jeunes finlandais, fait l’envie de plusieurs, notamment avec ses résultats remarquables aux tests PISA. Maria Dean, une enseignante finlandaise, s’est arrêtée au Séminaire de Sherbrooke, cette semaine, pour partager un peu de son expertise et observer les bons coups de l’institution privée.

La Finlande se démarque en arrivant en haut dans les classements de PISA, ce programme international de reconnaissance des acquis et des compétences des élèves de 15 ans. Le système d’éducation du pays scandinave retient aussi l’attention pour le bien-être de ses élèves.

Maria Dean a aussi pris part à un colloque sur l’innovation pédagogique, à Granby. Elle a d’abord fait la connaissance du conjoint d’Isabelle Chaîné, directrice des services pédagogiques au Séminaire, lorsque ce dernier s’est rendu en Finlande en mars dernier. Le professeur de philosophie au Cégep de Granby l’a invitée à prendre part à ce colloque, et l’enseignante au secondaire en langue seconde s’est aussi arrêtée au Séminaire.

L’enseignante a développé une expertise sur l’apprentissage actif qu’elle a partagée à ses confrères sherbrookois du Séminaire.

Maria Dean a notamment construit un système sur l’apprentissage des langues étrangères. « Je forme des professeurs sur ce modèle d’apprentissage. » Elle parle elle-même très bien français, une langue enseignée comme première langue étrangère dans les écoles là-bas.

Le Séminaire a récemment mené une réflexion sur sa vie pédagogique et les pays modèles de PISA, dont la Finlande, ont fait partie de cette réflexion. Cette réflexion a notamment mené à la refonte de la grille horaire à compter de 2019, où le vendredi après-midi sera libre. L’institution y voyait notamment une opportunité pour la formation continue de ses enseignants.

La formation des maîtres et la formation continue sont des aspects sur lesquels la Finlande met beaucoup l’accent, observe Isabelle Chaîné, qui a eu la chance de se rendre dans ce pays en 2016. S’il y a un aspect qu’elle aimerait voir se développer ici, c’est bien cela, souligne-t-elle.

« En Finlande, tous les professeurs qui ont un poste ont une maîtrise. Les études pédagogiques sont incluses là-dedans », précise Mme Dean. Ces études approfondies permettent aux enseignants de bénéficier d’une bonne autonomie professionnelle. »

Si le milieu scolaire d’ici regarde avec intérêt ce qui se fait en sol finlandais, les deux systèmes s’avèrent très différents. « En Finlande, les écoles sont publiques », décrit Maria Dean, en précisant qu’on retrouve une dizaine d’écoles privées, principalement concentrées à Helsinki. « Le fait que l’école soit publique, j’ai tous les élèves d’un quartier dans ma classe. Ce sont des groupes hétérogènes », raconte-t-elle en expliquant qu’il faut développer des méthodes pour les jeunes profils bien différents.

Contrairement au Québec, où les écoles publiques relèvent des commissions scolaires, les écoles de Finlande, elles, ne sont pas rattachées à de telles organisations. Cependant, les municipalités ont un mot à dire dans les décisions des écoles.

La profession enseignante est bien valorisée en Finlande, mais cette valorisation s’est tout de même érodée depuis une certaine époque, aux yeux de Mme Dean, dont le grand-père était professeur aussi.

Les horaires des élèves là-bas, dont la scolarité commence à sept ans, ont aussi la particularité d’être plus courts. « Pour les élèves au primaire, ce sont vraiment des journées très courtes. Ils peuvent avoir quatre heures de cours. Ils peuvent rentrer à la maison vers midi. Dans les première et deuxième années de scolarisation, il y a des clubs d’activités où l’on joue, où on fait du sport, jusqu’à 15 h ou 16 h » L’apprentissage des matières de base se concentre donc en matinée. Les bulletins mettent l’accent sur les commentaires et ne contiennent pas de notes.  

« Le cursus nous oblige à donner des notes au plus tard en huitième année (soit les jeunes de 13-14 ans). »