Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Selon le CALACS, les agresseurs devraient cesser de se victimiser

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
« Il serait temps que les agresseurs pensent au tort fait aux victimes au lieu de se victimiser relativement à leurs problèmes qui ont mené aux gestes répréhensibles. »

La porte-parole du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l’Estrie, Maggie Fradette, soutient qu’elle croit à la réhabilitation de personnes qui admettent leurs gestes d’inconduite sexuelle, comme l’humoriste Julien Lacroix qui s’est excusé cette semaine, mais elle les invite à penser d’abord aux impacts pour les victimes de leurs gestes.

Dans un message publié sur Facebook, l’humoriste est revenu cette semaine dans la sphère médiatique après s’en être exclu l’an dernier, dans la foulée d’allégations d’inconduites sexuelles le concernant.

« Ses excuses sont davantage tournées sur les causes le concernant que vers les conséquences pour les victimes. Est-ce que ces excuses sont ressenties? Je ne sais pas, mais elles sont tournées vers ses problèmes d’alcool et de travail au lieu d’être dirigées vers ce qu’il a fait subir aux victimes », remarque Maggie Fradette.

Tout comme pour le cas de Julien Lacroix, elle remarque que plusieurs « fans » ont aussi facilement réhabilité Marie-Pier Morin sans se soucier des conséquences pour les victimes.

« On parle beaucoup de la deuxième chance qui doit être laissée à ces vedettes. On semble minimiser les impacts des gestes commis sans trop penser aux conséquences pour les victimes », déplore la porte-parole du CALACS de l’Estrie.

Elle rappelle qu’il faut beaucoup de courage et souvent de temps à une victime pour dénoncer les gestes subis et encore plus lorsqu’il s’agit de gestes commis par une personnalité publique.

« C’est certain que c’est décourageant pour les victimes de voir des verdicts d’acquittement prononcés dans les procès de personnalités comme Éric Salvail ou Gilbert Rozon », commente Maggie Fradette.

Sans en avoir mesuré l’impact, elle est persuadée que ces décisions des tribunaux auront un impact négatif sur les dénonciations.

« Je suis convaincue que certaines victimes n’oseront pas dénoncer à la suite de ces acquittements. Certaines femmes vont avoir changé d’idée devant le résultat de ces procès criminels. Je suis certaine que je vais en entendre parler au cours des prochaines semaines », indique Maggie Fradette du CALACS de l’Estrie.