Des plans de contingence ont dû être utilisés à plusieurs reprises cet été à Val-du-Lac, mais la direction affirme que la sécurité n'a jamais été compromise.

Selon la direction du CIUSSS, la sécurité n'est jamais compromise à Val-du-Lac

« Jamais la sécurité des enfants et de notre personnel n’a été compromise. Toutefois, c’est vrai que l’été a été difficile à Val-du-Lac », soutient Johanne Fleurant, directrice adjointe à la direction des programmes jeunesse du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

La rareté de la main-d’œuvre a des répercussions dans l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux, « mais ses impacts sont plus présents dans certaines équipes, ce qui demande une surveillance accrue de la part de nos équipes sur le terrain », reconnaît Josée Paquette, directrice adjointe à la direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

De nombreux employés de Val-du-Lac sont absents en assurance-salaire, c’est-à-dire en congé de maladie. Il a été impossible vendredi de savoir quel était le taux d’absentéisme pour cette raison au centre jeunesse, mais on sait que la moyenne au CIUSSS est d’environ 8 %. Il serait plus élevé à Val-du-Lac selon les prétentions syndicales.

Quand viennent s’ajouter les vacances du personnel expérimenté dans un tel contexte, les défis deviennent donc encore plus grands.

« Nous avons dû faire appel à nos plans de contingence plus souvent cet été. Parfois, nos gestionnaires ont même dû aller sur le terrain pour prêter main-forte », soutient Mme Fleurant.

Elle mentionne que la « halte de crise » a dû être fermée à quelques occasions. « Nous avons quand même offert les services, mais différemment. Par exemple, il y a des jeunes en famille d’accueil qui viennent parfois à la halte. Dans ces cas, nous avons intensifié le soutien à domicile. Quant aux jeunes qui sont hébergés à Val-du-Lac, nous les avons gérés à même les unités, en les isolant différemment pour perturber le groupe le moins possible », nuance Mme Fleurant.

Josée Paquette, de la direction des ressources humaines, reconnait que les employés sont fatigués et que la situation est très difficile pour eux. « On travaille pour ajuster nos processus, on veut amoindrir le plus possible les impacts de la rareté de la main-d’œuvre », dit-elle.

Recrues en renfort

Ce sont effectivement beaucoup de recrues qui travaillent actuellement au centre jeunesse. Mais où sont donc les éducateurs spécialisés, les psychoéducateurs et les travailleurs sociaux plus expérimentés? Il y a certes les absences en assurance-salaire. Mais il y a aussi eu des départs volontaires. « Nous sommes maintenant dans une perspective d’un grand CIUSSS, ce qui amène des opportunités de carrière pour les employés, qui peuvent maintenant plus facilement changer de parcours de carrière », soutient aussi Josée Paquette.

En ce qui concerne les conditions de travail au pavillon sécurisé, « jamais nos jeunes ni notre personnel n’ont été en danger, malgré les défis qui se sont présentés dans ce pavillon », assure encore Johanne Fleurant.

« Mais là aussi, on doit s’ajuster, intensifier nos formations parce que notre personnel est moins expérimenté... » ajoute-t-elle.

Relations de travail difficiles entre les gestionnaires et les employés? Ça n’a pas eu d’échos jusqu’au bureau de Mme Fleurant. « Nos chefs de service doivent gérer au quotidien des horaires, ils espèrent tous les jours trouver une solution pour le lendemain... Gérer ça au quotidien, ça peut devenir difficile. Ils ont fini l’été fatigués, eux aussi, mais ils sont toujours motivés à trouver des solutions », ajoute-t-elle.

Mme Fleurant tient également à remercier tous les intervenants qui, jour après jour, prennent soin des enfants qui leur sont confiés à Val-du-Lac. « Nous savons que c’est difficile, mais ce travail demeure un beau travail, un travail très important », insiste-t-elle.