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Seconde rencontre d’idéation pour les Grandes-Fourches

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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Une quarantaine de personnes se sont réunies numériquement mardi pour la seconde soirée d’idéations concernant le projet d’aménagement des espaces publics et des berges dans le secteur des Grandes-Fourches. Trois avenues se dégagent de ces rencontres citoyennes : l’environnement, la culture autochtone et la volonté de se rassembler.

Un rapport public sera disponible la semaine prochaine sur le site de la Ville.

Lors des ateliers d’idéations, les citoyens ont fréquemment soulevé la question de l’accès à l’eau, à la nature ou encore la présence de végétaux indigènes. « Les gens ne veulent pas voir que du béton! » résume Chantal L’Espérance, conseillère municipale du district du Lac-des-Nations. 

Directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville de Sherbrooke, Yves Tremblay explique que la baignade ne sera pas possible pour des raisons de sécurité liées au débit de l’eau, mais que cela n’empêchera pas « de prendre des bains de soleil, d’écouter l’eau et d’être dans un endroit plus ouvert ».

Une meilleure représentation de la culture autochtone était également au cœur des préoccupations citoyennes. Suzie O’Bomsawin, la directrice du Bureau du Ndakina au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki tient à saluer cette démarche qui permet à sa nation de contribuer à la réalisation du projet. « Le secteur des Grandes-Fourches est un secteur d’importance au niveau culturel pour la nation », explique-t-elle en précisant qu'il s’agissait d’un carrefour pour les déplacements et les liens entre les membres de la nation.

Mme O’Bomsawin espère que le projet d’aménagement des Grandes-Fourches offrira davantage de représentations visuelles de sa nation. « On va volontiers mettre la Ville de Sherbrooke en lien avec des artistes et des artisans de la nation », précise-t-elle.

Noms abénaquis

Elle juge également important de redonner le nom abénaquis (ou « w8banaki ») aux différents lieux, comme la rivière Saint-François qui portait originellement le nom de « Alsig8tegw », afin de rappeler la présence autochtone dans le secteur. En avril 2019, Mme O’Bomsawin avait également déposé une pétition au conseil municipal afin que le futur pont des Grandes-Fourches porte le nom de Mali Agat. « Considérant la fragilité de la langue abénaquise, toute personne qui s’approprie plus de mots dans la langue fait aussi en sorte de la garder vivante », souligne-t-elle tout en espérant que la population se familiarisera également avec les consonances de mots autochtones.

Enfin, les Sherbrookois souhaitent davantage de lieux pour se rencontrer et se réunir. Des lieux accessibles pour les familles, bien sûr, mais également pour que personne ne s’y trouve exclu. Parmi les propositions, figurent, par exemple, la création d’un petit amphithéâtre pour des rencontres intimistes sur la nouvelle place publique, un petit marché alimentaire, davantage de mobilier urbain ou encore, ponctuellement, la présence de chapiteaux amovibles lors de festivités.

Toucher la corde numérique

Le succès de ce projet tient aussi dans sa forme. En effet, tant M. Tremblay que Mme L’Espérance sont d’avis que cette consultation publique numérique a permis de toucher des personnes qui, autrement, ne se seraient peut-être pas déplacées.

« Nous étions près d’une quarantaine de personnes et cela ne semblait pas être les mêmes que lors de la première édition », explique Yves Tremblay. « On parle quand même d’un total de 140 personnes lors d’une activité sur base volontaire! » se réjouit-il. Chantal L’Espérance partage cet enthousiasme. « Je suis très contente. Honnêtement, je ne m’attendais pas, en pleine pandémie avec un couvre-feu, à voir 40 personnes. »

En raison d’un problème technique avec la plateforme numérique, seules les cent premières personnes avaient pu assister à la première rencontre en décembre. Cette seconde édition visait donc à rectifier cet incident en donnant la possibilité à tous les citoyens de faire valoir leur point de vue. 

Les consultations publiques numériques pourraient donc devenir plus fréquentes à l’avenir. Mais Mme L’Espérance insiste : il ne s’agit pas de remplacer les réunions physiques, mais bien d’ajouter un outil numérique supplémentaire pour permettre à plus de personnes de participer.