Sébastien Jacques a eu de la difficulté à trouver ses mots à plusieurs reprises tellement l'émotion était palpable samedi à Magog.

Sébastien Jacques accueilli en triomphe

Sébastien Jacques n'a pu retenir des larmes de joie samedi en entendant le déluge d'applaudissements alors qu'il bouclait la boucle samedi sur son périple à pied d'un bout à l'autre de l'Amérique du Nord. Le Magogois était attendu par plusieurs centaines de personnes au quai MacPherson près du lac Memphrémagog, où il avait entrepris sa folle aventure, sous la neige, le 1er avril.
« C'est venu me chercher, je ne m'attendais pas à voir autant de gens, raconte-t-il. C'était beaucoup plus émotif qu'à mon arrivée à Santa Monica. Aujourd'hui c'était à un autre niveau. La plupart des gens ici, je ne les ai jamais vus de ma vie. Mais ils me disent leur nom et je me rends compte qu'ils m'écrivaient chaque jour. C'est ça le plus touchant. »
Sébastien Jacques a livré un discours aux centaines de gens présents. Il a eu de la difficulté à trouver ses mots à plusieurs reprises tellement l'émotion prenait le dessus. Il est revenu sur les moments difficiles de sa marche et sur l'importance des messages d'encouragement reçus tout au long de son parcours.
« Je ne pouvais pas imaginer une plus belle fin, résume-t-il. Je n'aurais pas été capable de passer à travers cette épreuve si je ne le faisais que pour moi. Je l'ai fait pour tous ceux qui ont besoin d'un peu d'espoir. J'aurais aimé que les caméras soient là quand j'étais dans le milieu de nulle part dans le Kansas et que je dormais dans ma tente plusieurs jours de suite. Les gens auraient pu voir le côté moins glamour de l'aventure. Mais c'est dans ces moments-là que je sentais tout l'appui que j'avais. Je n'ai jamais pensé abandonner. »
La marche de Sébastien Jacques l'a mené de Virginia Beach à Santa Monica, en Californie, où il avait subi une importante chirurgie au cerveau en 2015. Depuis son retour au Québec, le 16 septembre, il s'est rendu notamment à Québec, où il a rencontré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.
« C'est mon héros »
Membres de la famille, amis, connaissances et supporteurs étaient tous rassemblés à Magog samedi pour accueillir Sébastien. Si la plupart étaient venus pour l'applaudir et le féliciter, le retour de Sébastien était très émotif pour ses proches.
« On est très fier de lui, souligne Ronald Maheu de Magog, qui a aidé Sébastien financièrement lorsqu'il jouait au tennis. Il a prouvé que c'était possible de s'en sortir à tous les médecins du Québec qui n'ont pas voulu l'opérer. Il a fait ça pour les bonnes raisons. On est allé le rejoindre en auto et on se disait que ça ne se pouvait pas qu'il ait marché tout ça. On était fatigué de le faire en auto, imagine à pied. C'est un exemple à suivre. »
« C'est mon héros », résume Marguerite Roy, qui a également fait le trajet à Santa Monica pour accueillir Sébastien à la fin de son parcours en sol américain.
Certaines autres personnes étaient sur place parce qu'elles peuvent faire des parallèles entre leur vie et l'épreuve de Sébastien Jacques. C'est le cas de la Magogoise France Dubé, atteinte du parkinson, qui a dû se rendre en Thaïlande pour subir une opération il y a trois ans. Elle se porte à merveille depuis. « Quand tu veux t'en sortir, il y a toujours moyen de le faire, estime-t-elle. Il faut le vouloir. J'ai beaucoup d'admiration pour Sébastien Jacques. »
Micheline Doré-Smith a connu Sébastien au club de tennis de Magog. Elle n'hésite pas à le comparer à une grosse pointure.
« C'est comme notre Terry Fox à nous. Sébastien s'en est sorti, mais il a lui aussi envoyé un message fort », précise-t-elle.
Plusieurs autres ne connaissaient pas du tout Sébastien, mais l'ont découvert à travers son périple et tenait à l'accueillir à son retour à Magog
« C'est un bel exploit et je veux l'applaudir, signale Manon Dupras de Magog. Ce qu'il a accompli donne de l'espoir à ceux qui affrontent la maladie. Les gens malades n'auront jamais assez d'espoir et d'inspiration. »
De marcheur à conférencier
Même s'il n'aura plus à marcher l'équivalent d'un marathon par jour, Sébastien Jacques ne chômera pas durant les prochaines semaines. Il a lancé sa propre entreprise pour offrir ses services de conférencier et consultant en développement personnel et en performance. Il a déjà une conférence prévue en octobre et il a été approché pour l'écriture d'un livre sur son expérience.
« Demain, je ne marche plus, mais je vais sûrement m'entraîner, lance-t-il avec le sourire. Je ne crois pas que c'est bon d'arrêter d'un coup sec. Je suis vraiment excité aussi de commencer à préparer des conférences. J'en ai déjà plusieurs de prévues dans des entreprises et des écoles. Je n'aurais pas aimé ça avoir un gros vide après cette épreuve. »
Ces conférences enverront le même message que son aventure.
« Je veux montrer aux gens comment rester positif dans des moments qui ne sont pas nécessairement plaisants. Dans les écoles, je veux dire aux jeunes qu'ils vont sûrement vivre des épreuves difficiles dans leur vie, mais qu'ils peuvent les surmonter et accomplir de belles choses. »
Sébastien donnera sa première conférence le 23 octobre dans une entreprise privée.