Les membres du collectif anti-violence sexuelle systémique.
Les membres du collectif anti-violence sexuelle systémique.

Se lever contre les agressions à caractère sexuel

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Dans la foulée du mouvement de dénonciations sur les réseaux sociaux, le collectif anti-violence sexuelle systémique organise une manifestation contre les agressions à caractère sexuel à Sherbrooke le dimanche 2 août.

Cet événement est organisé afin de faire perdurer le mouvement démarré par l’étudiante de l’UQAM Sabrina Comeau. « Elle a redonné vie à une vague de dénonciations dans le cadre du mouvement #MeToo. On a décidé d’allonger la durée de ce mouvement. Nous n’avions pas envie que le mouvement meure sans avoir rien changé. On souhaite apporter quelque chose de concret », explique Dodz Daye, un des organisateurs de la manifestation qui débutera au parc Victoria dimanche.

« On essaie d’apporter une éducation sexuelle actuelle qui est sans tabou afin de modifier la conscience collective pour que tout le monde s’unisse face aux violences sexuelles. À la manifestation, on souhaite également offrir une justice et une reconnaissance aux personnes qui sont victimes, survivantes et guerrières. » Un de leurs objectifs est également d’offrir un environnement plus sécuritaire. «On veut que lorsqu’une personne décide de partager son histoire, elle soit mieux accueillie», souligne-t-il. 

Selon Dodz Daye, l’éducation sexuelle n’est pas appropriée dans les écoles de la province. « On aimerait actualiser l’éducation sexuelle, car on remarque que les sujets dans les cours ne sont plus du tout à jour. On aimerait également ouvrir des discussions sur la sexualité sans tabou, car ce n’est pas le cas présentement. Actuellement, elle est négligée. »

Le collectif qui organise la manifestation est queer et inclusif pour l’ensemble des personnes marginales et pour toutes les minorités. « On remarque que l’éducation sexuelle au Québec est encore très hétéronormative. »

Selon lui, le système judiciaire a de grandes failles. «Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir la chance de dénoncer le système et de faire savoir que c’est extrêmement dangereux pour tout le monde de vivre dans une société où le système défend les agresseurs et ne prend pas en considération la réalité de tout le monde. On souhaite faire comprendre aux gens que la culture du consentement vaut plus que celle du viol.» 

Selon l’organisateur, au moment d’écrire ces lignes, près de 900 personnes avaient signalé leur intention de participer ou leur intérêt pour l’événement. « Je ne suis pas surpris de Sherbrooke. Je suis assez fier qu’autant de gens se joignent à nous. Je suis choyé d’être dans une telle communauté. Il y a beaucoup de choses à changer, mais il y a également beaucoup de choses qui sont instaurées dans la nouvelle génération émergente sherbrookoise. »