Réforme des sciences pures au cégep: des profs dénoncent un sévère recul de la biologie

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
Craignant de voir le peu de place accordé à leur discipline être réduit encore plus, des professeurs de biologie au cégep dénoncent les conclusions d’un comité d’experts dans une lettre ouverte. «Nous croyons qu’en ce début de 21e siècle, le Québec ne peut pas prétendre former adéquatement sa jeunesse dans les différents domaines scientifiques en marginalisant ainsi certaines disciplines», écrivent-ils.

Ce comité d’experts ne recommande pas de couper dans les cours de bio obligatoires, qui représenteraient 14 % des heures de cours (contre 11 % en ce moment), mais il éliminerait une grande partie des «cours au choix», avec lesquels les étudiants qui se destinent à une formation universitaire en biologie ou dans les sciences de la santé peuvent adapter la formation à leurs besoins. Le résultat final serait qu’une bonne partie de l’offre de cours en biologie disparaîtrait.

Or «une majorité d’étudiants inscrits en Sciences de la nature se dirigent vers les Sciences de la santé et de la vie [après le cégep]», souligne la lettre ouverte.

«Aurions-nous accepté, collectivement, que des étudiants se dirigeant vers [des disciplines comme le génie ou l’informatique] soient obligés de suivre 60 % de leurs heures de cours de sciences en chimie et en biologie et seulement 30 % de leurs heures de sciences en physique et mathématiques?», poursuit le texte.

«Alors on ne fait pas cette sortie-là contre nos collègues des autres départements, parce que toutes les disciplines sont importantes, mais là on se questionne sur la qualité de la formation qu’on va pouvoir offrir à ces étudiants-là», a expliqué au Soleil Frédéric Demers, un des cosignataires et professeur de biologie au Cégep de Sainte-Foy. La lettre ouverte est signée par 25 profs de biologie, tous du Cégep de Sainte-Foy — mais ils tiennent à spécifier qu’ils l’ont fait à titre personnel et sans engager ni leur département, ni leur cégep. S’ils proviennent tous du même cégep, «c’est qu’on arrive vraiment à la fin du processus de révision du programme, alors il a fallu faire vite», explique une autre signataire, Jacinthe Fréchette.

M. Demers et Mme Fréchette reconnaissent qu’il y a une certaine hétérogénéité dans la formation collégiale en science, dont plusieurs universités se sont plaint par le passé — d’où l’idée de couper dans les cours au choix —, mais ils estiment que la biologie n’a pas être sacrifiée de la sorte.