La carte représente le ciel tel qu’on pourra l’observer à la mi-janvier vers 22 h 30 (heure normale de l’Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin. Pour l’utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux. Les lignes pleines identifient les constellations, tandis que la bande grise indique le tracé de la Voie lactée. La position des planètes est indiquée pour le 15 du mois. Cette carte est disponible en haute résolution sur espacepourlavie.ca, section « Se documenter ».
La carte représente le ciel tel qu’on pourra l’observer à la mi-janvier vers 22 h 30 (heure normale de l’Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin. Pour l’utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux. Les lignes pleines identifient les constellations, tandis que la bande grise indique le tracé de la Voie lactée. La position des planètes est indiquée pour le 15 du mois. Cette carte est disponible en haute résolution sur espacepourlavie.ca, section « Se documenter ».

Le ciel de janvier 2020: à surveiller dans le ciel en 2020

Marc Jobin
Collaboration spéciale
Pluies d’étoiles filantes, planètes brillantes et conjonctions remarquables : coup d’œil sur les phénomène astronomiques qui retiendront notre attention en janvier et au cours des douze prochains mois.

Étoiles filantes

Une pluie de météores par une belle nuit d’hiver… L’idée vous chante? Alors, habillez-vous chaudement et sortez pour ne rien manquer des Quadrantides, qui atteignent leur maximum vers 3h20 du matin dans la nuit du 3 au 4 janvier 2020. Cette pluie est l’une des deux plus fortes de l’année, plus intense encore que les fameuses Perséides du mois d’août; par contre, son activité maximale ne dure que quelques heures. La Lune gibbeuse croissante se couchera vers minuit et laissera ensuite le champ entièrement libre pour l’observation visuelle des météores : en fait, on s’attend à une excellente année pour les Quadrantides, puisque l’heure prévue du maximum favorise les observateurs de l’est de l’Amérique du Nord. La pluie des Quadrantides est reconnue pour ses météores brillants, de vélocité moyenne; son radiant, situé dans la partie nord de la constellation du Bouvier, près du Dragon, s’élève au nord-est en seconde moitié de nuit. Dans un ciel bien noir, loin de la pollution lumineuse, le spectacle pourrait être mémorable, avec une cinquantaine de météores à l’heure autour du maximum. L’autre pluie annuelle majeure, celle des Géminides, se déroulera elle-aussi sous des conditions quasi-idéales à la mi-décembre 2020. Malheureusement, le dernier quartier de Lune jouera les trouble-fête avec les très populaires Perséides, à la mi-août.

Du côté des planètes

Vous l’avez sans doute déjà remarquée : Vénus règne déjà sur nos débuts de soirée depuis quelques semaines. L’éclatante Étoile du soir brille de mille feux, une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon sud-ouest, où elle attire notre regard pendant le crépuscule. Au cours de l’hiver et du printemps, elle glisse graduellement vers la droite le long de l’horizon, du sud-ouest vers le nord-ouest, et gagne encore de la hauteur : en seconde moitié de mars, Vénus dominera le ciel à la tombée de la nuit, plus de 40 degrés au-dessus de l’horizon ouest au début du crépuscule; elle se couchera alors plus de 4 heures après le Soleil. Mais en avril et mai, elle replonge de plus en plus vite vers les lueurs  du Soleil couchant. Après juin, Vénus passe dans le ciel du matin où elle dominera de manière tout aussi resplendissante l’horizon est en fin de nuit et à l’aube, jusqu’à la fin de l’année.

Avec un petit télescope, vous pourrez facilement suivre l’évolution de son aspect : d’ici mai prochain, à mesure que Vénus se rapproche de la Terre et nous tourne le dos, sa taille apparente grossit et la forme de sa partie éclairée par le Soleil change, passant de gibbeuse à quartier, puis à croissant de plus en plus fin. Car Vénus présente des phases, un peu comme la Lune — une observation fascinante que Galilée lui-même a réalisée il y a plus de 410 ans!

La petite Mercure, la planète la plus rapprochée du Soleil, ne s’écarte jamais beaucoup de notre étoile, et les périodes pendant lesquelles elle est aisément visible se limitent à quelques semaines par année. Mercure effectue une première bonne apparition dans le ciel du soir entre le 23 janvier et le 18 février : on la retrouve au-dessus de l’horizon ouest-sud-ouest, 30 à 45 minutes après le coucher du Soleil. Attention : Mercure est nettement plus brillante au début de cette période de visibilité, et elle faiblit rapidement après le 15 février, en même temps qu’elle replonge vers l’horizon; la fenêtre optimale d’observation s’étend du 25 janvier au 15 février. On aura droit à d’autres excellentes apparitions de Mercure plus tard en 2020, notamment en mai-juin (à nouveau dans le ciel du soir) et en novembre prochain (dans le ciel du matin).

Mars est présentement visible en fin de nuit et à l’aube. On la retrouve au-dessus de l’horizon sud-est à compter de 5 heures du matin : on dirait une simple étoile orangée, pas particulièrement brillante à cause de son éloignement actuel. Le matin du 20 janvier, la Lune décroissante s’approche à 4 degrés au-dessus et à droite de Mars et vous aidera à la reconnaître. Mais en dépit de sa discrétion présente, la planète rouge fera beaucoup parler d’elle dans quelques mois, car 2020 est une année d’opposition martienne : de septembre à novembre, elle sera proche de nous, grande au télescope et brillante dans le ciel. Ce sera elle la grande vedette!

Jupiter et Saturne débutent l’année prisonnières des lueurs du Soleil. Jupiter émerge la première pendant l’aube vers la fin de janvier; Saturne suit à son tour quelques semaines plus tard, au courant de février. Les deux planètes sont actuellement voisines dans le ciel et seront à leur meilleur dans les semaines qui entourent leur opposition, en juillet prochain. Comme Jupiter est plus rapide que Saturne dans sa course autour du Soleil (période de révolution de 12 ans contre plus de 29 ans), vous pourrez constater tout au long de l’année que la planète géante rattrape peu à peu la planète aux anneaux. Elles se croiseront au crépuscule le 21 décembre, avec un écart d’à peine 1/10e de degré (cinq fois plus petit que le diamètre apparent de la pleine Lune). On pourra même les admirer en même temps dans l’oculaire d’un télescope : spectaculaire!

Éclipses et occultations

Seules deux éclipses lunaires par la pénombre, à peine détectables à l’œil et peu spectaculaires, seront observables du Québec plus tard au cours de l’année. En revanche, les amateurs aguerris pourront tenter de relever deux défis d’observation liés à de rares occultations planétaires; il s’agit en quelque sorte d’éclipses qui se produisent lorsque la Lune passe devant des planètes du système solaire. Le matin du 18 février, la Lune décroissante occultera Mars, un phénomène qui se déroulera en plein jour, d’où la difficulté technique. Puis, tôt le matin du 19 juin, la brillante Vénus émergera graduellement (en environ 1min 40s) derrière le bord sombre du croissant lunaire. Cette fois, le phénomène se déroulera très bas dans le ciel, moins de 2 degrés au-dessus de l’horizon est-nord-est, environ une heure avant le lever du Soleil.

Rappelons en terminant une réalité qui semble aller à l’encontre de notre intuition : c’est pendant notre hiver boréal que la Terre se trouve le plus près du Soleil! En effet, notre planète atteint son périhélie le 4 janvier 2020 à 21h48 HNE. À ce moment, la distance Terre-Soleil sera de 147 091 144 km, environ 5 millions de kilomètres de moins qu’à l’aphélie le 4 juillet prochain. L’explication des saisons et des variations de température qu’elles engendrent tient principalement à l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre.

Bonne année astronomique 2020, et bonnes observations !

Marc Jobin est astronome au Planétarium Rio Tinto Alcan.

Au Planétarium de Montréal :

Le Planétarium Rio Tinto Alcan vous offre une expérience vertigineuse à travers le cosmos! Consultez notre portail Web sur espacepourlavie.ca.

La trajectoire de Vénus et Mercure au crépuscule au cours des prochains mois. La figure illustre la position des deux planètes au-dessus de l’horizon ouest, 30 minutes après le coucher du Soleil. Les points marquent le premier, le 11 et le 21 de chaque mois. L’échelle verticale est en degrés.