Samuel Ducharme et Simon Lacombe du SPS ont réanimé Gerald Parenteau (au centre) le 22 novembre dernier au Complexe Thibault-GM. Ils ont rapidement reçu l’aide des ambulanciers Julien Corriveau-Gagné et Stéphane Beaulieu (absent sur la photo). Également sur la photo, Karl Brodeur, chef d’équipe.
Samuel Ducharme et Simon Lacombe du SPS ont réanimé Gerald Parenteau (au centre) le 22 novembre dernier au Complexe Thibault-GM. Ils ont rapidement reçu l’aide des ambulanciers Julien Corriveau-Gagné et Stéphane Beaulieu (absent sur la photo). Également sur la photo, Karl Brodeur, chef d’équipe.

Sauvé par deux policiers en civil [VIDÉO]

Gerald Parenteau ne se souvient de rien de la journée du 22 novembre. Il ne se souvient pas d’avoir fait la route de Drummondville à Sherbrooke pour venir jouer au hockey au Complexe sportif Thibault GM.

Il ne se rappelle pas non plus avoir enfilé son équipement et lacé ses patins ni avoir joué une période de hockey. Il ne se rappelle même pas s’être effondré dans le vestiaire après avoir subi un malaise cardiaque. 

La vie de M. Parenteau se serait probablement arrêtée là si deux policiers en civil, Samuel Ducharme et Simon Lacombe, qui étaient à l’aréna avec leurs enfants, n’avaient pas réagi rapidement.

« On était dans le corridor et on a vu le responsable du tournoi courir en demandant le défibrillateur, relate Samuel Ducharme. On a laissé tomber notre équipement, on est entré dans la chambre sans se poser de question et on a vu M. Parenteau inconscient. »

« Les gens se sont tassés et on s’est chargé de la situation, précise Simon Lacombe. Samuel s’est occupé de M. Parenteau et moi j’ai pris en charge le côté technique comme composer le 911 et demander à quelqu’un d’aller attendre les ambulanciers à l’entrée. »

Les deux policiers ont donc commencé le massage cardiaque sur M. Parenteau.

« Je me souviens d’avoir dit ‘‘Je n’ai pas de pouls Simon, je n’ai pas de pouls’’ », mentionne Samuel Ducharme.

« Le défibrillateur a analysé et a déterminé que ça prenait un choc, ajoute son collègue. C’est là qu’on comprend la gravité de la situation. Le bouton rouge flashait. »

Après le premier choc, M. Parenteau a recommencé à respirer, mais difficilement.


« S’il n’y avait pas eu les deux policiers qui étaient ici par hasard, est-ce que j’aurais eu la même chance de survie? J’ai des doutes. Je pense que les deux policiers m’ont sauvé la vie. »
Gerald Parenteau

« Je parlais à M. Parenteau, j’essayais de l’encourager, mais je ne savais pas s’il m’entendait ou non, explique Samuel Ducharme. On a décidé de le remettre sur le dos et de refaire une analyse du défibrillateur. La machine nous a dit que le choc était déconseillé. »

Simon Lacombe a alors décidé de recommencer un massage cardiaque et c’est à ce moment que M. Parenteau a repris des couleurs.

« On l’a vu prendre une grande respiration et redevenir rouge », se souvient-il

L’intervention des deux policiers a duré en tout et pour tout cinq minutes. Les ambulanciers Stéphane Beaulieu et Julien Corriveau-Gagné ont ensuite pris le relais.

« C’est bien parce qu’on avait atteint la limite de nos capacités, admet Samuel Ducharme. Une chance qu’on était les deux ensemble. À plusieurs reprises durant le cinq minutes, on s’est regardé et on se demandait quoi faire. »

Un autre choc de défibrillateur a été nécessaire après l’arrivée des ambulanciers lorsque les signes vitaux de M. Parenteau se sont dégradés à nouveau.

« Il est resté inconscient avec nous durant le trajet en ambulance, souligne Julien Corriveau-Gagné. On avait déjà appelé à l’hôpital et l’équipe de cardiologie était déjà sur place. On a eu un excellent travail d’équipe, du début à la fin, et c’est ce qui fait en sorte que M. Parenteau est avec nous aujourd’hui. »

Samuel Ducharme tient finalement à souligner le sang-froid de Guillaume Menoux qui n’a pas hésité une seconde avant d’aller chercher le défibrillateur.

« Ils m’ont sauvé la vie »

Gerald Parenteau était en pleine forme lundi lorsqu’il a rencontré ses deux sauveurs. Il tenait à les revoir pour les remercier de leur geste.

« S’il n’y avait pas eu les deux policiers qui étaient ici par hasard, est-ce que j’aurais eu la même chance de survie? J’ai des doutes. Je pense que les deux policiers m’ont sauvé la vie. »

M. Parenteau a eu son congé de l’hôpital le 28 novembre après s’être fait installer un stimulateur cardiaque. Il n’a pas de séquelle de l’incident. Il ne peut toutefois pas reprendre le volant durant une période de six mois et n’entend pas rechausser les patins de sitôt. Il a maintenant l’intention de redonner au suivant

« J’ai l’intention de suivre un cours de RCR, c’est cela qui m’a ramené à la vie, résume M. Parenteau. On donne au suivant. Je ne souhaite pas l’utiliser, mais si ça doit arriver et si je peux sauver la vie de quelqu’un comme eux m’ont sauvé la vie, je le ferai. »

La fille de Gerald Parenteau, Karine, était-elle aussi venue remercier les deux policiers et les ambulanciers qui ont sauvé la vie de son père.


« J’ai l’intention de suivre un cours de RCR, c’est cela qui m’a ramené à la vie. On donne au suivant. »
Gerald Parenteau

« Toutes les étoiles étaient alignées cette journée-là et on a une chance énorme de l’avoir près de nous, raconte-t-elle avec une larme à l’œil. On a rencontré des gens aujourd’hui qui ont fait toute la différence. On va passer un Noël complètement différent qu’on aurait pu vivre. On est une famille plus unie à la base, mais là on l’est encore plus. »

Gerald Parenteau