Des parents viennent d’apprendre, à quelques jours de la rentrée, qu’ils ne pourront se prévaloir du transport scolaire pour leurs enfants.
Des parents viennent d’apprendre, à quelques jours de la rentrée, qu’ils ne pourront se prévaloir du transport scolaire pour leurs enfants.

Sans transport scolaire à quelques jours de la rentrée

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Des parents viennent d’apprendre, à quelques jours de la rentrée, qu’ils ne pourront se prévaloir du transport scolaire pour leurs enfants. Une annonce qui suscite bien du stress pour Claudie Miville, une mère de quatre enfants. Alors que son garçon de cinquième secondaire ne pourra prendre l’autobus pour se rendre au Séminaire de Sherbrooke, les 2 autres membres de la fratrie pourront y monter le matin. Au moins une centaine d’élèves seraient touchés au privé, tandis que le sort demeure incertain pour des élèves du public, mais on ignore encore l’ampleur de ceux qui pourraient se retrouver sans service.

Des élèves du primaire qui fréquentaient le service de garde et qui bénéficiaient aussi du transport scolaire pourraient aussi ne plus avoir de place. 

Mme Miville a reçu un courriel mardi soir du Séminaire de Sherbrooke, qui avait été avisé par le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) que son enfant ne pourrait obtenir ce service. 

Le Séminaire fait valoir dans son message qu’il poursuit ses démarches afin de trouver une solution, mais qu’il ne peut assurer les parents d’un transport et qu’il serait judicieux d’entreprendre des démarches personnelles.

Elle et son conjoint habitent le secteur de Beauvoir et comme ils travaillent tous les deux à 7 h, ils ne seront pas en mesure de transporter leur fils de cinquième secondaire. 

« Ça n’a pas de sens, l’école ouvre juste à 9 h. On a beau tourner ça de tous les côtés... Il faut se débrouiller par nos propres moyens. C’est problématique. » 

Le Séminaire de Sherbrooke, le Salésien et le Collège du Mont-Notre-Dame collaborent avec le CSSRS pour l’organisation du transport, mais celui-ci n’a pas d’obligation de les transporter.

Un contexte particulier

« Depuis deux ou trois ans, on n’a jamais répondu à toutes les demandes », commente le directeur du secrétariat général et du service des communications du CSSRS, Donald Landry, en ajoutant que l’organisation n’a pas l’obligation de les transporter. « Les enfants du privé ont des places s’il en reste. » 

L’organisation et ses transporteurs doivent toutefois composer avec les restrictions liées à la COVID-19 et un nombre restreint d’élèves par autobus. 

À ce contexte s’ajoute celui de la pénurie. « On a des transporteurs qui ont des autobus, mais pas de chauffeurs. » Il note que la situation évolue chaque jour en ce moment. C’est pourquoi les parents n’ont toujours pas obtenu leur laissez-passer. 

À moins d’un problème, tous les élèves du CSSRS qui ne sont pas au service de garde tous les jours auront du transport, note M. Landry.

« À l’heure où on se parle, ceux qu’on a retirés, ils ont reçu un courriel et ils ont pris le service de garde 5 jours. » 

« Ça se pourrait que la situation s’améliore dans les prochaines semaines parce qu’on va peut-être obtenir des possibilités qui n’étaient pas là la première journée. On part avec le pire des scénarios et on espère l’améliorer », indique M. Landry.

Pas de solution? 

La direction du Séminaire de Sherbrooke nous a référé au porte-parole de l’Association des écoles privées de l’Estrie, Éric Faucher. Il souligne que les trois écoles privées sherbrookoises (Salésien, Séminaire de Sherbrooke et Collège Mont Notre-Dame) collaborent avec le CSSRS, de même qu’Eastern Townships, en plus d’avoir un sous-traitant.

« Il y a une belle coopération des parents quand on leur explique, commente M. Faucher, également directeur du Collège Mont Notre-Dame. Plusieurs élèves du public ne seront pas transportés non plus. » Il note que c’est à chacune des écoles concernées de l’AEPE de voir les solutions. « Si ce n’est pas possible, ça appartient aux parents de transporter leurs enfants. » 

Étant donné que les élèves sont éparpillés un peu partout, il serait impossible pour les écoles d’organiser un circuit spécial, note M. Faucher. Il souligne au passage la bonne collaboration du CSSRS dans ce dossier et tout le contexte de pandémie. 

Interrogée à savoir si l’option du transport en commun pourrait être une option, Mme Miville note que la piste cyclable où son adolescent pourrait marcher en toute sécurité l’hiver pour se rendre à l’arrêt n’est pas déneigée. C’est sans compter les temps de trajets d’autobus et les coûts d’environ 70 $ par mois pour une passe mensuelle.