La conseillère Nicole Bergeron a souligné la mésentente qui semble avoir teinté le dossier. « Si on avait à repenser le projet depuis le début, comment pourrions-nous le faire atterrir plus vite? J'ai l'impression que pour des raisons de formalités, il pourrait parfois être un peu plus simple d'attacher des fils quand les gens s'entendent. »

Salle intermédiaire: Québec pourra confirmer son engagement

Tout indique que le ministre de la Culture et des Communications (MCC) confirmera mardi sa participation financière au projet de salle de diffusion intermédiaire au centre-ville de Sherbrooke. La presse a été convoquée à 10 h pour une annonce importante après que les élus sherbrookois eurent adopté lundi la fameuse résolution attendue pour affirmer la contribution de la Ville au projet.
En soirée lundi, les élus n'ont pas manqué de faire un nouveau tour de table sur ce dossier qui les divise.
« Sur le fond, il n'y a pas de modification au montage financier présenté en février, mais nous venons préciser dans la formulation la contribution de la Ville », a expliqué le président du conseil, Serge Paquin.
En substance, la Ville s'engage à investir 800 000 $ dans la construction de la salle intermédiaire de diffusion destinée à la jeunesse, en plus de verser 140 000 $ par année pour le fonctionnement de la salle. Ce montant est ajustable selon la fluctuation des entrées de fonds. Cette contribution est conditionnelle à la subvention de 4 M$ attendue du MCC et aux 2,7 M$ attendus de Patrimoine Canada.
La semaine dernière, le maire Bernard Sévigny et le ministre de la Culture Luc Fortin se contredisaient sur les étapes qu'il restait à franchir avant l'annonce de la contribution financière de Québec. Le ministre Fortin avait publié un communiqué pour corriger des propos tenus par le maire au 107,7.
La conseillère Nicole Bergeron a d'ailleurs souligné la mésentente qui semble avoir teinté le dossier. « Si on avait à repenser le projet depuis le début, comment pourrions-nous le faire atterrir plus vite? J'ai l'impression que pour des raisons de formalités, il pourrait parfois être un peu plus simple d'attacher des fils quand les gens s'entendent. S'il manquait quelque chose, pourquoi avons-nous pris autant de temps et pourquoi ça prend autant d'ampleur? Ça nous fait tous un peu mal paraître alors que l'intention a toujours été d'aller de l'avant. C'est comme si on se renvoie la balle. Si on peut se servir de cet exemple pour mieux travailler ensemble... »
Jean-François Rouleau comprend mal, pour sa part, pourquoi la Ville n'investit pas plutôt dans d'autres salles existantes. « Je me rallie, mais que l'argent vienne de Québec ou d'Ottawa, ce sont quand même nos taxes. »
Pierre Tardif, président du comité de la culture et opposant au projet jusqu'à maintenant, se disait heureux que la Ville ait décidé de refaire une résolution. « Mais dans la correspondance que nous avions, il était clair que Québec attendait un engagement ferme de la Ville. J'ai encore des interrogations et je suis sceptique à travailler avec des chiffres de 2010. »
M. Tardif a aussi obtenu la confirmation du maire Bernard Sévigny que si la subvention de Patrimoine Canada était inférieure à la somme attendue, le conseil municipal se prononcerait sur un nouveau montage financier.
Diane Délisle ne comprend pas que certains de ses collègues doutent encore du projet. « On ne verra pas ça souvent la possibilité de s'équiper d'une infrastructure culturelle ou sportive en ne payant que 10 % de la facture. »
La conseillère Hélène Dauphinais a inscrit sa dissidence. « Ma seule consolation, c'est qu'à court terme, ça coûtera moins cher pour le citoyen. »
Le maire Bernard Sévigny n'a pas voulu commenter le processus ayant mené à cette résolution ni les trois mois qui se sont écoulés entre l'adoption de la planification budgétaire en février et l'adoption d'une nouvelle résolution lundi.
Pour le moment, les échéanciers avancés le 20 février pour la réalisation du projet sont maintenus. La prise de possession est souhaitée pour avril 2019.