De nombreuses mesures ont été mises en place pour réussir à mieux soigner les patients en les gardant moins longtemps à l’hôpital et en réussissant à les orienter plus rapidement vers les lits de soins alternatifs appropriés à leur état.

Saison de grippe et de gastro: «Globalement, on est en contrôle»

Le taux d’achalandage est élevé dans les hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS en cette période hivernale et en pleine saison de grippe et de gastro. Par contre, les différents hôpitaux ne débordent pas et l’Estrie semble s’en sortir mieux que d’autres régions.

« Globalement, on est en contrôle, même s’il y a des défis quotidiens », assure Karine Duchaineau, directrice générale adjointe, volet santé physique, au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

De nombreuses mesures ont été mises en place pour réussir à mieux soigner les patients en les gardant moins longtemps à l’hôpital et en réussissant à les orienter plus rapidement vers les lits de soins alternatifs appropriés à leur état.

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« Le taux d’occupation de nos lits est de 90 %, ce qui est l’objectif à viser. Jusqu’à présent cet hiver dans nos quatre grands hôpitaux où les salles d’urgence sont souvent très sollicitées (Hôpital Fleurimont, Hôtel-Dieu, Hôpital de Granby et Brome-Missisquoi-Perkins), nous avons ouvert une seule fois un  ‘‘site non traditionnel de soins’’ pour une période de 72 heures à l’Hôpital Fleurimont », souligne Karine Duchaineau.

Dans l’ensemble de ses sites, le CIUSSS compte 98 lits « de modulation », c’est-à-dire des lits éparpillés dans les différents départements des hôpitaux qui peuvent être comblés ou non par des patients, en fonction des admissions à partir de la salle d’urgence. Cette façon de faire permet d’éviter d’ouvrir des unités de débordement pour lesquelles il faut trouver du personnel si rare.

Patients réorientés et moins d’éclosions

Parmi les mesures prises, il y a les patients codés « P4 » et « P5 » qui sont réorientés vers d’autres ressources. « Les groupes de médecine de famille nous offrent quelques places par jour pour les patients de l’urgence qui leur sont référés par l’infirmière au triage. Ce sont souvent des patients qui se présentent à l’urgence le soir et qui sont en état de retourner dormir à la maison. Ils quittent l’hôpital en ayant un rendez-vous pour voir un médecin dans une clinique le lendemain », ajoute la directrice générale adjointe.

Autre mesure importante : le nombre d’éclosions d’infections nosocomiales (contractées dans le cadre d’un séjour à l’hôpital) a beaucoup diminué grâce à une meilleure prévention des infections. En 2015-2016, il y a eu 1738 éclosions. Jusqu’à présent cette année, après environ neuf mois de l’année financière, il y en a 401. « On peut voir une importante diminution », constate Mme Duchaineau.

Les gestionnaires continuent de tenir un caucus journalier de la gestion des lits dans l’ensemble de l’établissement, question d’avoir une vue d’ensemble de la situation.

Des infirmières gériatriques ont également été ajoutées dans quatre salles d’urgence, question d’offrir de meilleurs soins aux patients âgés.

Il faut également signaler que le ministère de la Santé et des Services sociaux a accordé un financement supplémentaire qui a permis l’ajout de 12 places d’hébergement en soins et hébergement de longue durée, 15 places en ressources institutionnelles et sept places pour la clientèle déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique.

Apprendre d’une année très difficile

« On a fait beaucoup de chemin en deux ans. L’an passé à pareille date, on était dans une situation très difficile », rappelle Stéphane Tremblay, président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

En effet, rappelons qu’en février 2018, la direction de l’établissement avait dû mettre en place une série de « mesures exceptionnelles » pour réussir à soigner tous les patients qui se présentaient dans les hôpitaux. Parmi ces mesures, on avait dû réduire la cadence dans les blocs opératoires, demander de réduire à un seul proche d’accompagner un malade aux urgences tant l’espace physique était devenu restreint, et on avait fait appel à du personnel d’autres types d’emploi pour soutenir les infirmières. C’était aussi la première année qu’on utilisait des « sites non traditionnels de soins » pour hospitaliser des malades, comme des salles de formation par exemple.

La direction du CIUSSS a su tirer des leçons de cet hiver particulièrement difficile.

« On avait besoin de se structurer pour assurer la fluidité des soins et services », soutient Mme Duchaineau.

La fluidité des soins et services est une responsabilité partagée et une volonté organisationnelle que l’usager reçoive le bon service, au bon moment, par le bon intervenant, en fonction de son état de santé et de ses besoins.

D’importants travaux ont réalisés depuis pour améliorer la fluidité des soins et services et se poursuivent d’ailleurs. Ceux-ci sont coordonnés par la direction générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS afin de s’assurer que personne ne travaille en silos.

+ UN DÉFICIT DE 18 M$ MAIS L'ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE EN VUE

 Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS vise toujours l’équilibre budgétaire pour son année financière 2019-2020 qui se terminera le 31 mars. Pour le moment, l’établissement présente un déficit de 18 millions $, soit environ 1,2 % de son budget annuel.

« Notre établissement prévoit terminer l’exercice financier tout près de l’équilibre budgétaire avec un léger déficit estimé de 5,2 millions $, ce qui présente seulement 0,3 % de notre enveloppe budgétaire », souligne Lyne Jutras, directrice des ressources financières au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Rappelons que le budget du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est de plus de 1,5 milliard $ par année.

La masse salariale représente environ les deux tiers des dépenses, soit 1 milliard $.

La transformation du modèle d’hébergement en ressources intermédiaires laisse présager un déficit de 3,4 millions $, alors qu’il y a un manque à gagner lié au financement du cyclotron de 1,8 million $ qui sont à prévoir. Différentes ententes pourraient toutefois venir alléger le fardeau de l’établissement.