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Saint-Georges-de-Windsor : grandir en famille
De villages en visages
Saint-Georges-de-Windsor : grandir en famille
Le village de Saint-Georges-de-Windsor, situé  sur la route 249 dans la MRC des sources , est un secret bien gardé. Connue pour son point d’observation représentant une vache et son bon fromage, la municipalité voit de plus en plus d’initiatives écologiques apparaître sur son territoire et voit aussi beaucoup de famille s’établir. La Tribune vous présente cette communauté d’un tout petit peu moins de 1000 habitants
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Un milieu de vie prisé

De villages en visages

Un milieu de vie prisé

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Saint-Georges-de-Windsor n’a plus de terrain à vendre pour le développement domiciliaire. Tous les terrains disponibles sur la rue Marcotte ont trouvé preneurs et la Municipalité doit en acquérir de nouveaux si elle veut continuer à accueillir de nouveaux citoyens.

Le dernier terrain disponible sur la rue Marcotte, qui a été construite en 2003, a été vendu au mois d’août. La rue, située dans le village et qui compte notamment la garderie les P’tits Pouces Verts et un parc pour enfants, est donc complète.

« On a eu beaucoup de jeunes familles qui sont venues s’installer, indique le maire René Perreault. On est près de Sherbrooke et ça se fait bien pour voyager. Beaucoup de gens s’installent chez nous parce que c’est moins cher qu’à Sherbrooke. »

La Municipalité souhaite maintenant acquérir des terrains pour pouvoir prolonger la rue Marcotte. Malgré cette vague de nouveaux arrivants, la population du village reste plutôt constante à tout près de 1000 personnes.

« On n’a pas vécu de changement démographique, signale le maire. On est toujours resté stable à travers les années. »

Le tourisme de passage est également un moteur économique fort à Saint-Georges. La Municipalité estime à une dizaine de mille le nombre de visiteurs qui passent chaque année au point d’observation en forme de vache le long de la route 249.

« Ces chiffres sont répertoriés seulement du vendredi au dimanche, lance le maire. L’été peu importe la journée ou l’heure, il y a toujours quelqu’un d’arrêté. C’est impressionnant le nombre de personnes qui passent. »

Des joueurs de balle

Même si la Municipalité offre des infrastructures pour pratiquer plusieurs activités comme le soccer ou le hockey, un sport domine tous les autres à Saint-Georges, le baseball. 

« Lorsqu’il n’y avait pas la COVID l’année dernière, il y avait de la balle le lundi, mardi, mercredi, jeudi et le vendredi une semaine sur deux, souligne fièrement le maire Perreault. Le jeudi soir il y a quatre équipes! Le terrain de balle est très populaire à Saint-Georges. »

Le marché public de Saint-Georges-de-Windsor en plein cœur du village est très populaire.

Points historiques

1861 — La paroisse de Saint-Georges-de-Windsor est officiellement fondée

1871 — Le nom de Saint-Georges-de-Windsor remplace officiellement celui de Saint-Urbain

1910 — Installation d’une ligne téléphonique

1931 — Installation de la première ligne électrique au village de Saint-Georges. Tous les citoyens n’auront l’électricité qu’en 1952.

1994 — Fusion des deux municipalités (village et canton) le 30 novembre 1994

La Municipalité de Saint-Georges-de-Windsor estime à une dizaine de mille le nombre de visiteurs qui passent chaque année au point d’observation en forme de vache le long de la route 249.
Joyeuse famille et joyeux surplus [VIDÉO]

De villages en visages

Joyeuse famille et joyeux surplus [VIDÉO]

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Si l’autosuffisance alimentaire est une utopie pour bien des Québécois, il s’agit d’un but très concret pour la famille d’Audrey Laporte et sa ferme les Joyeux Surplus à Saint-Georges-de-Windsor.

Audrey Laporte, qui vit sur une terre dans le 3e rang avec ses trois enfants, possède 47 poules, plus de 120 plants de tomates et plusieurs autres légumes dans un énorme jardin. Elle écoule ses surplus et plusieurs créations d’artisans directement à sa ferme, mais participe aussi au marché public de Saint-Georges où elle se fait complètement « vandaliser » chaque fois qu’elle y met les pieds. Elle possède aussi une chèvre qui fournit la famille en lait.

« On vend notre surplus de lait, elle nous donne trois litres par jour, souligne-t-elle. C’est beaucoup! »

Pour Mme Laporte, qui est aussi propriétaire d’une garderie écologique (voir autre texte), l’autosuffisance alimentaire passe par un changement de mentalité.

« Il y a des choix à faire et il faut changer sa vision de l’alimentation, précise-t-elle. On n’a pas besoin nécessairement de manger des bananes. Il faut réduire la variété et c’est ce qui est le plus difficile. Les enfants sont habitués de manger des bananes et des oranges. »

L’esprit communautaire est également au centre de sa vision alimentaire. 

« On commence à faire des échanges, indique-t-elle. Il faut arrêter de mettre un prix sur tout. Par exemple, on pourrait donner des légumes chaque semaine, mais si mon véhicule brise, est-ce que quelqu’un pourrait le réparer? Il faut être polyvalent quand tu as une terre, mais il y a des choses que tu ne peux pas faire. »

Au kiosque de la ferme, on retrouve plusieurs articles écologiques, comme des déodorants naturels, des ustensiles ou des pastilles à lave-vaisselle.

« Les gens arrêtent, c’est surprenant, car au début on se disait que peut-être qu’ils ne viendraient pas, vu qu’on est dans un rang, mentionne Audrey Laporte. Les gens arrivent et la chèvre vient les voir. Ça les met dans l’ambiance. »

La ferme accueille également des gens qui font du wwoofing, c’est à dire des bénévoles qui prêtent main-forte sur les fermes biologiques en échange d’un toit, de nourriture et de connaissances.

« Depuis le début de l’été, ça n’a pas arrêté, lance Mme Laporte. En ce moment, j’en ai deux. Je suis mère monoparentale avec trois enfants. Ça fait grandir les enfants dans un monde vraiment cool. Avec le wwoofing, ce sont tous de jeunes adultes qui arrivent avec une belle énergie et ils sont là pour apporter de l’aide. »

Audrey Laporte caresse aussi le projet de rendre disponible à la location des parcelles de terre dans son jardin.

« Mon jardin est en forme d’arbre. Ce que j’aimerais, c’est que les gens puissent louer une branche », résume-t-elle.

Ouvert depuis quelques mois à peine, la ferme les Joyeux Surplus de Saint-Georges-de-Windsor propose plusieurs articles écologiques comme des déodorants naturels, des ustensiles ou des pastilles à lave-vaisselle.
Capricieuse, la pomme bio

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Capricieuse, la pomme bio

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Les pommes du Verger Bio des Sources situé dans le rang 4 à Saint-Georges-de-Windsor ne sont peut-être pas 100 % rouge ou complètement rondes, mais elles offrent quelque chose d’unique en Estrie : elles sont certifiées biologiques. Au Québec, on ne compte qu’une dizaine de vergers offrant l’autocueillette ayant obtenu cette certification.

Pourquoi aussi peu? La pomme biologique est extrêmement difficile à cultiver au Québec. Les averses régulières et les grandes chaleurs de l’été forment un environnement parfait pour la tavelure, un champignon qui s’attaque à l’arbre et à la pomme, et les insectes nuisibles.

« Dans une culture biologique, il faut vraiment que tu marches dans ton verger et que tu connaisses les insectes et les maladies par cœur, explique Samuel Mercier, propriétaire du verger. Souvent dans une culture chimique, si tu te fies à des calendriers d’insecticide, tu vas avoir de belles pommes. Dans le verger biologique, il faut que tu dépistes les insectes. »

M. Mercier installe donc des pièges pour capturer les insectes et ainsi avoir une idée de ce qui se déroule dans son verger d’environ 2000 pommiers.

« Quand j’ai un certain nombre de carpocapses par exemple, j’interviens, souligne-t-il. Et on n’intervient pas avec n’importe quel produit. Souvent dans le chimique on intervient avec un insecticide massif; tandis que dans le bio, c’est souvent un virus ou une bactérie qui cible directement l’insecte visé. L’important, c’est de bien connaître le cycle vital de ces insectes et d’intervenir avant que le problème arrive. »

Les efforts biologiques pour contrôler le verger ont toutefois plusieurs défauts.

« Souvent le produit est ultralessivable ou photodégradable, déplore-t-il. Il faut le renouveler aux trois ou quatre jours. L’insecte peut aussi développer une tolérance. Il faut toujours être là, je ne peux pas partir une semaine. C’est aussi plus dispendieux parce qu’il faut en mettre plus. Il faut vraiment être sur la coche, sinon tu passes à côté de ta récolte. Souvent, je me lève dans la nuit pour aller faire la pulvérisation parce que c’est le meilleur moment. »

Samuel Mercier utilise aussi la nature à son avantage. Il a installé 34 cabanes d’oiseaux dans le verger pour nicher les hirondelles et ainsi contrôler les populations d’insectes. Il y a aussi un étang sur le site pour amener encore plus de biodiversité.

« La monoculture, dans le biologique, ça ne peut pas fonctionner, lance-t-il. Si un insecte ou une maladie prend le dessus, c’est terminé. L’idée c’est d’avoir une synergie et une biodiversité avec autant d’insectes bénéfiques pour contrôler tes insectes nuisibles. Il y a certains insectes, comme des punaises, que je ne peux pas contrôler parce qu’il n’y a aucun produit dans le bio pour le faire. Ça me prend alors des punaises prédatrices. »

Samuel Mercier a installé 34 cabanes d’oiseaux dans le verger pour nicher les hirondelles et ainsi contrôler les populations d’insectes.

Une année difficile

Malgré tous les efforts déployés, une culture biologique reste à la merci de dame Nature. L’été 2020 a été très difficile pour Samuel Mercier, qui habite dans le verger avec sa conjointe et leurs deux jeunes enfants.

« La journée de la pleine floraison, il a fait 30 degrés et deux jours plus tard, il faisait moins 1, mentionne-t-il. À cette température, il n’y a plus d’insectes dans le verger pour polliniser. Les pétales de fleur fanent. À moins 2, l’ovaire dans le fruit gèle, alors j’étais vraiment limite. »

Le verger a donc réduit de moitié ses heures d’ouverture durant l’automne en raison du manque de pomme.

« Financièrement, une année comme celle-là, ça frappe fort, admet M. Mercier. Ma conjointe travaille à l’extérieur parce que je ne pourrais pas faire vivre ma famille avec le verger. »

De plus, les pommiers du verger ont entre 35 et 38 ans et sont sur leur déclin. Chaque année Samuel Mercier en coupe quelques centaines pour en replanter des plus résistants. Les Macintosh étant moins résistants face aux maladies, M. Mercier se tourne vers la Honeycrisp et la Liberty.

Persévérance

Le Verger Bio des Sources, anciennement le Versant Rouge, a été fondé en 1983 par le père de Samuel Mercier. C’est en 2009 que l’entreprise familiale a fait le saut vers le bio. Un choix que ne regrette pas du tout Samuel Mercier, malgré toutes les difficultés qui lui sont reliées.

« Il l’a fait pour la famille, pour lui et, finalement, il se rend compte qu’il l’a fait pour l’environnement, indique-t-il. J’ai grandi ici et j’ai toujours été ici. Quand je vais dans un autre verger, j’arrive à goûter et sentir les produits qu’ils mettent sur les pommes. »

Il existe aussi un marché pour la pomme biologique, selon Samuel Mercier, même s’il est parfois plus difficile à trouver.

« Le client qui vient ici est pas mal moins exigeant, admet-il. Dans son panier, il va avoir des pommes avec des défauts, mais ça ne le dérange pas. Ma clientèle veut un produit de meilleure qualité. Il le faut parce qu’elles ne sont pas rouges à 100 % et il y a des imperfections de rondeurs. »

Le prix de la pomme bio est également un « gros flou total ».

« Pour avoir le prix, les producteurs conventionnels peuvent consulter des chartes, résume Samuel Mercier. Tout est listé. Pour les pommes bio, on n’a rien. Parfois on doit se parler entre producteurs pour savoir où on s’en va. Je ne pourrais pas vendre les pommes au même prix. Dans certains marchés, la clientèle n’est pas là pour le bio. Ma clientèle biologique est à Sherbrooke. »

La pomme biologique est extrêmement difficile à cultiver au Québec. Les averses régulières et les grandes chaleurs de l’été québécois forment un environnement parfait pour la tavelure et les insectes nuisibles.

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La pomme bio en chiffres

En 2017, 51 entreprises produisaient des pommes biologiques au Québec ce qui représentait 8 % du total des entreprises en pomiculture au Québec. Ce nombre est en constante augmentation depuis 2006.

Dans un récent rapport du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais issus de la culture conventionnelle vendus au Québec, on apprend que 68 % des pommes conventionnelles testées contenaient des traces de pesticides. On a retrouvé neuf pesticides différents et 7 % des pommes testées contenaient trois résidus différents.

Selon le portail Virage bio de l’UPA, les ventes de pommes biologiques dans les bannières (supermarchés) du Québec en 2017 représentaient 1,31 % pour ce qui est du de volume de vente et 2,5 % en termes de valeur monétaire.

Une garderie à l’écoute de la planète

De villages en visages

Une garderie à l’écoute de la planète

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Couches, lingettes, restants de repas, dégâts, etc. Une garderie n’est pas vraiment un endroit très respectueux de l’environnement. La garderie Les P’tits Pouces Verts de Saint-Georges-de-Windsor tente toutefois d’inverser la tendance en étant l’un des seuls établissements verts au Québec.

À l’échelle de la province, 

les couches jetables constituent le troisième déchet le plus présent dans les sites d’enfouissement après les journaux et les contenants de boisson. 

Les couches lavables sont donc au programme dans la garderie de la rue Marcotte, et ce, pour les 69 enfants qui fréquentent l’établissement.

« On n’oblige pas les parents, mais quand l’enfant rentre, on démarre un kit de couches et il va le garder durant tout son parcours, explique Audrey Laporte, propriétaire de la garderie. On les entretient sur place, mais certains parents apportent les leurs. Je n’ai jamais osé aller vers le papier de toilette réutilisable, parce que, déjà avec les couches lavables, je déstabilisais les parents. C’est un petit village et il faut y aller graduellement. »

Des bacs à jardin sont disponibles pour les enfants qui y mangeaient même des fèves lors du passage de La Tribune. Sur la photo, Élisabeth Roy et Matthew Hall cueillent des légumes.

La garderie fait aussi du compost, utilise des lingettes lavables et sert des repas végétariens. Des bacs à jardin sont d’ailleurs disponibles pour les enfants qui y mangeaient même des haricots lors du passage de La Tribune. La garderie achète également sa nourriture en vrac et en grosse quantité.

« On s’approvisionne aux Jardins paysans à Wotton pour nos légumes, souligne Mme Laporte. Je fais aussi le remplissage de tous mes produits de désinfection et du savon à main. On fait affaire avec un grossiste le reste de l’année et ce n’est pas encore ancré dans la tête des gens. Je leur demande de ne pas mettre les poivrons dans des sacs par exemple et une semaine sur deux ils arrivent dans du plastique. »

Tous les meubles et les chaises ont été faits par un artisan de Victoriaville.

Tous les meubles et les chaises ont été faits par un artisan de la région, T.A.K Module.

« À part la peinture, je n’achète pas de jouets neufs, précise Audrey Laporte. Ce sont tous des jouets usagés ou qu’on s’est fait donner. Ce n’est pas dans mes valeurs d’acheter de gros jeux neufs. »

La garderie a ouvert ses portes le 27 septembre 2010 et fêtera ses 10 ans cet automne. Des enfants des municipalités voisines d’Asbestos, Wotton, Saint-Camille ainsi que Windsor la fréquentent.

« Le fait qu’on est à un endroit où ça circule, c’est facile pour les gens qui vont travailler à Sherbrooke, résume Mme Laporte. Les premières années, on n’était pas connue, mais là avec le bouche-à-oreille, ça va bien. »

Les couches lavables sont au programme dans la garderie, et ce, pour les 69 enfants qui fréquentent l’établissement.
La formule gagnante de la Fromagerie Proulx

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La formule gagnante de la Fromagerie Proulx

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Si on voulait identifier le visage de Saint-Georges-de-Windsor, la Fromagerie Proulx serait une excellente candidate. Bien visible depuis plus de 80 ans dans la municipalité, l’entreprise familiale roule encore à plein régime.

« On est très stable, on reste dans notre créneau, mentionne Sébastien Proulx, président de la fromagerie. Notre spécialité c’est la vente de fromage frais du jour. »

La marque de commerce est le fromage p’tit lait. Sébastien Proulx se plaît même à dire qu’il a été inventé à Saint-Georges. 

« C’est l’étape où le fromage se forme, précise-t-il. Ça ressemble à une texture cottage, mais les saveurs ne sont pas encore développées. On goûte encore beaucoup le sucre du lactose. C’est aussi un produit éphémère qui ne dure qu’environ 45 minutes. Je ne pourrais pas l’exporter. Les gens viennent l’attendre. »

Au cours des dernières années, la Fromagerie Proulx a fait beaucoup d’effort pour augmenter son nombre de points de vente.

« On a une clientèle qui vient d’un peu partout et, on ne se le cache pas, Saint-Georges ce n’est pas à la porte, admet Sébastien Proulx. J’avais beaucoup de demandes pour en laisser dans des points de vente dans des dépanneurs ou des épiceries dans la région de Sherbrooke. On est allés chercher une quarantaine de nouveaux points de vente. »

En tout, on retrouve le fromage de Saint-Georges à une cinquantaine de points de vente en plus de plusieurs restaurants.

« J’ai aussi plusieurs distributeurs dans la région de Montréal, ajoute-t-il. Il y a beaucoup de clients que je ne peux pas compter. On se concentre aussi sur le comptoir. Les gens aiment bien venir consommer le fromage chaud sur place. »

La fromagerie compte une trentaine d’employés, dont beaucoup de jeunes étudiants des villages avoisinants.