Le propriétaire de Saint-Élie Motorsports, Simon Homans, qui se trouve ici en compagnie de sa fille Eva Rose, espère mettre un terme à la saga qui l’oppose à la Ville avec une poursuite dans laquelle il réclame 136 000 $.

Saint-Élie Motorsports poursuit la Ville

Le propriétaire de Saint-Élie Motorsports, Simon Homans, réclame 136 000 $ à la Ville de Sherbrooke pour les frais d’avocats encourus pour défendre la conformité de sa piste d’accélération et comme dédommagement pour le stress vécu pendant les procédures. Une poursuite a été déposée en mai à la Cour supérieure.

Les démêlées judiciaires des dernières années impliquant Saint-Élie Motorsports concernaient le bruit produit par les installations et la conformité du site. M. Homans déplore que la Ville lui ait délivré un permis pour tenir des activités motorisées avant de réaliser que le zonage ne les permettait pas. Il estime à 86 000 $ les honoraires nécessaires pour régler cette situation. Il réclame 50 000 $ supplémentaires pour le stress et les inconvénients vécus.

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Le promoteur presse les élus de trancher

« Ce sont des sommes que j’ai dépensées pour régler un problème qui était de leur faute. En 2009 et en 2010, les policiers venaient presque chaque semaine aux drags et tout était beau. Du jour au lendemain, les voisins ont découvert qu’il manquait un certificat de conformité. À partir de là, l’attitude des policiers a changé », déplore M. Homans.

« La Ville a voulu assassiner les drags. C’est aussi clair que ça. Ils se sont acharnés », ajoute-t-il.

Simon Homans affirme avoir obtenu un permis pour sa piste de course avant d’acheter le site de Saint-Élie Motorsports et avoir été contacté par la Ville en 2010 parce qu’elle souhaitait rencontrer son avocat.

« C’est comme si vous obteniez le permis pour construire une maison, que vous la construisiez, et que deux ans plus tard, on vous revenait en disant qu’on a oublié un document. Tu ne peux plus habiter dans ta maison. Tu ne peux pas la vendre non plus et sa valeur diminue. Et tu ne reçois pas de dédommagement », illustre M. Homans.

«Un casse-tête»

Le propriétaire de Saint-Élie Motorsports admet qu’il n’a pas enregistré de pertes liées aux activités de son entreprise pendant les procédures légales. « Mais ç’a été un casse-tête et beaucoup de stress. Il y a eu un débat sur l’endroit où se trouvait la ligne de terrain, des analyses de bruit, des débats pour la plantation d’écrans végétaux. Il y a plusieurs soirs où je n’ai pas dormi, où j’étais sur les nerfs. Mon attitude a changé. Il y a aussi toutes les heures pendant lesquelles il fallait faire des recherches, les jours de procès, la préparation... J’ai une petite fille de deux ans et demi. Ma conjointe et ma fille devaient composer avec le nuage qui me suivait partout. »

Simon Homans dit avoir dû vendre des immeubles qu’il possédait pour payer ses avocats. « Les premiers mois, ce n’était pas vivable. Je me demandais si je devais me trouver une autre job. J’avais mon hypothèque à payer. J’ai été chanceux d’avoir les reins assez solides. Je poursuis donc la Ville pour une question de principe. Je ne souhaite pas que quelqu’un d’autre vive ce que j’ai vécu. Ils m’ont tiré dessus à bout portant pendant huit ans, maintenant, c’est à moi de leur donner une tape sur les doigts. »

M. Homans sait qu’une nouvelle poursuite entraînera des dépenses, mais il estime qu’elles sont nécessaires. « J’ai voulu régler, mais la Ville a même refusé d’aller en conciliation. Ce sont les taxes des citoyens qui vont payer... J’espère toujours que ça se règle avant. »

La Ville de Sherbrooke n’a pas souhaité commenter ce différend.