Le promoteur Simon Homans maintient que la réorganisation de son site vise à réduire le bruit.

Saint-Élie Motorsports : aucune amélioration, selon des citoyens

La crainte que la nuisance par le bruit augmente a monopolisé la consultation publique portant sur l'agrandissement de Saint-Élie Motorsports lundi soir. Les citoyens rassemblés s'entendent pour dire que les mesures d'atténuation mises en place par le promoteur ne produisent pas leurs effets.
La citoyenne Sylvie Huppé estime que le bruit n'a pas diminué cet été sur le site de Saint-Élie Motorsports.
Le citoyen Maurice Gagnon a adressé une mise en demeure à la Ville de Sherbrooke, prétextant que Saint-Élie-Motorsports ne respecte pas le zonage en vigueur.
Le propriétaire du site, Simon Homans, cherche entre autres à relocaliser l'aire de stationnement, l'aire d'attente et l'aire de retour des coureurs. Il souhaite aussi agrandir l'aire des pistes de véhicules hors route pour diminuer le bruit engendré par ses activités.
Quelles que soient les activités, le site ne doit pas générer de bruit supérieur à 45 décibels pour les voisins. Cette limite est fixée par la Cour d'appel et doit être respectée, sans quoi les courses d'accélération devront cesser.
La citoyenne Sylvie Huppée estime que le bruit n'a fait qu'augmenter malgré la construction d'un mur coupe-son au printemps. « Il y a eu des tests, mais nous n'avons pas encore les résultats. Nous jugeons avec nos oreilles. Prendre une mesure de son, une fois à un endroit, n'est pas représentatif de toute une saison. Si le bruit était comme le 26 août, nous ne serions pas ici parce que nous le jugions acceptable. »
Simon Homans s'est montré surpris. La fin de semaine dernière, une activité spéciale de motocross et de drags se tenait sur son site. « Normalement, 80 % de ma clientèle est composée de voitures régulières. Samedi, j'avais 80 % de grosses voitures, des bolides plus gros qu'à l'habitude », dit-il. Donc techniquement plus bruyants.
Des citoyens de Saint-Élie, mais aussi de Saint-Denis-de-Brompton et d'Orford ont semblé convenir que les façons de mesurer le bruit ne les satisfaisaient pas. L'exigence d'une bande tampon de dix mètres de végétation ne représente par ailleurs pas, selon eux, une réelle façon de réduire le bruit.
« Nous constatons que le mur ne fonctionne vraiment pas. Qu'est-ce qu'on va gagner de plus à agrandir le site? Nous parlerons d'agrandir quand il y aura un encadrement durable du bruit », a plaidé Nicole Roy.
Mise en demeure
Maurice Gagnon, lui, a déposé une mise en demeure adressée à la Ville. Il prétend que les drags de Saint-Élie ne respectent pas le zonage actuel et intime la Ville à faire respecter le zonage en vigueur. Les services juridiques étudieront ses propos.
Le conseiller Bruno Vachon avait l'impression qu'on mélangeait deux débats. « S'il veut aménager la zone pour diminuer le bruit, tant mieux. Le but, c'est de faire respecter la mesure de 45 décibels. S'il agrandit et qu'il ne respecte pas les 45 décibels, ce sera lui le pire. Il aura tout fait pour rien. Mais je suis d'accord pour que nous nous entendions sur la bonne façon de prendre les mesures. »
Simon Homans rapporte que les activités de motocross, qu'il compte ajouter en certaines occasions, ne compteront jamais plus de 50 véhicules. « La réorganisation du site vise à améliorer les choses. Je pousse pour que SNC Lavalin produise le résultat de ses analyses de bruit sous peu. »
M. Homans rapporte que les résultats des mesures prises cet été devraient être connus d'ici la fin de la semaine. En attendant, il déplore que les citoyens aient refusé de se pointer à une séance de médiation avec l'organisme Le Pont à laquelle il avait accepté de se prêter. « Il y avait une rencontre mardi soir et j'étais tout seul. »
Par ailleurs, des citoyens ont déploré avoir perdu leur droit de vote dans un éventuel référendum à la suite de la refonte du règlement de zonage adoptée en mai. Leur redonner un vote nécessiterait un changement de zonage et un changement au schéma d'aménagement. « Vous avez tout de même la possibilité de nous influencer en prenant la parole », a nuancé la conseillère Diane Délisle.
Le conseil municipal devra décider s'il va de l'avant avec le changement de zonage lundi. S'il tel est le cas, une procédure de demande de signature de registre sera lancée dans les jours suivants.