Un groupe de citoyens souhaite que les rues menant au parc de l'Ancienne-Caserne soient des rues partagées où la limite de vitesse serait abaissée à 20 km/h.

Rues partagées dans le vieux nord : un projet-pilote réclamé

SHERBROOKE - Les citoyens du groupe de voisinage du parc London se présenteront au conseil municipal lundi pour inciter la Ville à considérer un projet de rues partagées qu'ils souhaitent implanter dans leur quartier du vieux nord. Le projet vise une meilleure cohabitation entre les usagers de la voie publique.

« La mobilisation vient des citoyens qui veulent contribuer à la qualité de vie dans l'environnement qu'ils fréquentent. En Amérique du Nord, l'utilisation première des rues revient aux automobilistes. On essaie de ramener une diversité dans l'utilisation. Ce n'est pas vrai que nous devrions considérer seulement les besoins de l'automobile », fait valoir Stéphanie Leclerc, porte-parole du groupe.

« L'idée, c'est de rendre la rue plus conviviale, d'en faire un peu ce qu'étaient les parvis de l'église autrefois. Nous voudrions pouvoir laisser nos enfants aller au parc en vélo sans crainte. La limite de vitesse serait donc abaissée à 20 km/h et il y aurait des aménagements pour permettre aux conducteurs de savoir que la rue est partagée. »

Il pourrait y avoir l'ajout de bacs à fleurs ou l'abaissement des trottoirs pour qu'il n'y ait plus de distinction entre les espaces réservés aux piétons et ceux pour les voitures. « En d'autres mots, c'est un concept qui permettrait de traverser la rue n'importe où sans danger. À 20 km/h, on limite les risques d'accident et on restreint la circulation automobile à la population locale. »

La Ville ouverte

Le concept de rues partagées ne sera pas étranger aux élus, lundi, quand Stéphanie Leclerc se rendra à l'hôtel de ville. « Nous avons présenté le projet à l'arrondissement en 2018. Les conseillers nous avaient demandé de le mettre sur papier. En novembre l'an dernier, nous demandions une rencontre avec les élus et le directeur de l'arrondissement. Nous avons eu cette réunion vers la fin mai ou le début juin. »

La Ville aurait alors manifesté de l'intérêt. « Ils nous ont dit qu'ils s'étaient déjà intéressés au concept et qu'ils avaient engagé des spécialistes de l'Université Laval pour identifier des rues qui se prêteraient à l'expérience. »

Lundi, les citoyens chercheront à sensibiliser les élus pour qu'ils accordent temps et ressources aux fonctionnaires affectés au dossier. « On ne peut pas faire le projet nous-mêmes et nous n'aimerions pas être mis de côté non plus. Nous souhaitons que les rues menant au parc de l'Ancienne-Caserne soient partagées. Si nous voulons un projet-pilote en 2020, il faudrait que des budgets soient accordés. C'est pourquoi nous en parlons avant la préparation des budgets. »

Stéphanie Leclerc invite donc les élus à se lancer sans attendre.

Interrogé sur la question, le maire Steve Lussier a montré de l'ouverture. « On va laisser les services travailler et nous revenir par la suite. Je trouve l'idée très bonne. D'autres villes ont opté pour ce concept. Pourquoi pas Sherbrooke? Il ne faut pas se gêner pour nous amener des idées. »